Freyssinet (Vinci) mise sur l'Asie et la mutation du nucléaire

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Freyssinet, qui a inventé la précontrainte, mise sur le boom économique de l'Asie comme beaucoup de sociétés françaises. Ce spécialiste des haubans pour les ponts entend aussi profiter des mesures de sécurité imposées par la période post-Fukushima et du démantèlement des centrales nucléaires.

 "Nous anticipons une croissance en Asie supérieure à celle de 5% par an que nous devrions obtenir dans le monde au cours des prochaines années", affirme Jérôme Stubler, directeur général de Freyssinet (groupe Vinci).  Spécialiste des haubans pour les ponts --il vient de battre le record du monde de la plus longue portée (1.104 mètres) à Vladivostok (Extrême-Orient de la Russie)-- Freyssinet peut notamment compter sur la Corée du Sud, pays qui compte le plus de ponts par habitant au monde, après le Japon et la Norvège.

Freyssinet vient d'y remporter le contrat du pont de Chilsan pour les haubans mais aussi les piliers, les pylônes et le tablier, indique Olivier Caplain, directeur Asie de Freyssinet. Mais aussi un contrat de 24 millions d'euros pour la construction du tunnel SKM (sud de Séoul) avant de porter ses efforts sur l'entretien et la réparation des ouvrages d'art.

A la dizaine de pays asiatiques dans lequel il est déjà présent, Freyssinet va ajouter prochainement Brunei, le petit mais riche état pétrolier, et la Birmanie. "La situation en Birmanie se décante avec de bonnes conditions économiques et légales", se félicite Olivier Caplain.

Les dirigeants de Freyssinet ont également décidé de se développer dans le secteur nucléaire. Déjà, Freyssinet est le leader mondial, avec les deux tiers du marché mondial (y compris la Chine et les USA), de la précontrainte des centrales nucléaires. Mais, à cause de la catastrophe de Fukushima, plusieurs pays ont annoncé qu'ils allaient renoncer au nucléaire, notamment l'Allemagne et l'Italie. Jérôme Stubler souligne que, par contre, plusieurs autres pays (Chine, Russie, Inde) ont décidé la poursuite de la construction de centrales et que plusieurs autres y réfléchissent (Pologne, République Tchèque, Afrique du Sud, Jordanie et même l'Arabie Saoudite inquiète du futur épuisement de ses réserves de pétrole). Mais surtout de nouvelles perspectives se font jour en matière de sûreté, de gestion des déchets radioactifs et de démantèlement. "Pour la seule France, ce marché devrait progresser de 40% à 50% au cours des prochaines années en raison des mesures de sécurité imposées après Fukushima et par la prolongation de la durée de vie des centrales", indique Jérôme Stubler. La Grand-Bretagne doit également traiter les déchets accumulés à Sellafield (nord) où la moitié des combustibles usés radioactifs du pays ont été entreposés.

Pas moins de 200 ingénieurs de Freyssinet travaillent actuellement sur un projet d'une usine automatisée pour parvenir à enfouir les déchets radioactifs avec du béton dans des réservoirs en inox. Pour l'Allemagne il faudra par contre attendre 10 ans après la fin de vie des centrales pour commencer le démantèlement.  Or dès les années 90, Freyssinet a commencé à réaliser des opérations de réparation et de maintenance sur les sites nucléaires en opération. Puis l'entreprise s'est diversifiée dans une série de métiers (décontamination, démantèlement, protection incendie, confinement, études de sûreté et de criticité, réalisation de travaux de manière robotisée, gestion de déchets, blocage par cimentation). En 2008, Freyssinet a regroupé l'ensemble de ses activités dans le nucléaire au sein d'une nouvelle société Nuvia qui comprend aujourd'hui plus de 2.200 ingénieurs et techniciens travaillant exclusivement pour ce secteur.

En 2012, l'ensemble Solétanche-Freyssinet, formé en 2008, devrait réaliser un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros (contre 2,2 milliards d'euros en 2011) avec 18.000 employés dans plus de 100 pays.

 

 

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