BASF se retire des cultures OGM en Europe

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Bruxelles a pris acte de la décision de l'allemand BASF de renoncer à développer des produits transgéniques dans l'Union européenne et n'autorisera aucun OGM avant d'avoir obtenu un accord des Etats sur les règles pour leur culture.

Le numéro un mondial de la chimie, BASF,  a décidé de renoncer au développement de la culture d'Amflora, sa pomme de terre renforcée en amidon destinée à l'industrie, autorisée en Europe en 2010.

"Les biotechnologies vertes ne sont pas suffisamment acceptées dans de nombreuses régions en Europe par la majorité des consommateurs, des agriculteurs et des responsables politiques", a expliqué un membre du directoire du groupe, cité dans un communiqué. Ce lundi, le porte-parole du commissaire chargé de la santé et des consommateurs a affirmé  : "c'est un choix d'entreprise et nous prenons note".

Pour Greenpeace, c'est une "victoire pour les consommateurs" et un "pas en avant pour le développement de biotechnologies sûres". La fédération des Amis de la terre se félicite également de la décision de BASF et observe : "un nouveau clou est planté dans le cercueil pour les aliments génétiquement modifiés en Europe. Personne ne veut les manger et peu d'agriculteurs veulent les cultiver".

La Commission fait le même constat que le chimiste allemand sur la non acceptation des OGM. Un an et demi après l'accord de cultiver l'Amflora, seuls trois pays de l'Union européenne (UE) pratiquent cette culture sur moins de 300 hectares.

L'autre OGM autorisé dans l'UE est le maïs MON810. Le renouvellement de l'autorisation est attendu par  la multinationale Monsanto depuis plus un an, mais la Commission "n'a pas encore lancé le processus", malgré l'avis favorable de l'EFSA, l'Autorité européenne pour la sécurité alimentaire. "La Commission attend d'avoir un accord des Etats sur les règles pour la culture", a expliqué le porte-parole. La France et l'Allemagne, et cinq autres pays, ont interdit la culture de ce maïs sur leur territoire.

Le processus d'autorisation des OGM est actuellement bloqué, aucune majorité n'ayant jamais été  trouvée entre les 27 Etats.  Pour sortir de l'impasse, Bruxelles a proposé de laisser aux Etats la décision d'autoriser ou non la culture sur leur territoire. En échange, ils doivent donner leur aval aux homologations dans les pays qui le souhaitent. Aucun accord n'a été donné.

En attendant, la Commission espère que BASF va confirmer sa décision de conserver ses centres de recherche de Gand, en Belgique, et de Berlin. Le siège de sa recherche-développement en cultures transgéniques doit être transféré aux Etats-Unis.

"Le commissaire Dalli a dit à plusieurs reprises que la recherche faisait partie de l'innovation et que l'Europe ne devait pas rester en marge de ce qui se fait dans le monde", a insisté son porte-parole. "Il n'y a pas que de la production destinée à l'alimentation dans les OGM. La recherche porte également sur les arbres", a-t-il rappelé.

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Commentaires
a écrit le 17/01/2012 à 4:18 :
Très bien ! Mais il faut ne pas rester dans le confort du" rien faire " ! Trouver décisions
pour combattre la famine par d'autres moyens !

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