Chimie : Bayer accuse une perte nette de plus de 2 milliards d'euros
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En Bourse, le titre Bayer perdait 0,6% lors des premiers échanges à Francfort (Photo d'illustration)
WOLFGANG RATTAY
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En Bourse, le titre Bayer perdait 0,6% lors des premiers échanges à Francfort (Photo d'illustration)
WOLFGANG RATTAY
Nouveau coup dur pour l'industrie de la chimie outre-Rhin. En 2023, Bayer a essuyé une très lourde perte de 2,9 milliards d'euros. Fin 2023, sa dette nette a atteint 34,5 milliards d'euros, un endettement qui a conduit certains analystes à estimer qu'une augmentation de capital était nécessaire. L'année passée, les ventes globales ajustées des effets de change et de portefeuille, elles, ont totalisé 47,6 milliards d'euros, en baisse d'1% sur un an, étant conformes à sa prévision rabotée à l'été dernier. En Bourse, le titre Bayer perdait 0,6% lors des premiers échanges à Francfort.
Revers dans le développement de son médicament expérimental le plus prometteur, faiblesse des marchés agricoles, pression des investisseurs pour vendre des activités... Le groupe se débat, surtout et encore avec les procès aux Etats-Unis liés au Roundup, depuis le rachat en 2018 de l'américain Monsanto pour 60 milliards de dollars. Pour rappel, le désherbant controversé contient du glyphosate. Or, ce dernier est accusé de provoquer le cancer.
Bayer a enregistré dernièrement des condamnations se montant en milliards de dollars, avec des procédures en appel toujours en cours. Ce lourd dossier des litiges est examiné « sous tous les angles, à l'intérieur et à l'extérieur des salles d'audience », a martelé le président de Bayer Bill Anderson, lors d'une journée investisseurs en marge de la publication des résultats annuels.
Dans ce contexte, Bayer a annoncé ce mardi 2 milliards d'économies annuelles à partir de 2026, confirmant ainsi le nouveau modèle d'organisation, déjà présenté en janvier dernier. En début d'année, le groupe avait alors déjà averti qu'il y aurait probablement une réduction significative du personnel en Allemagne, dans le cadre de la réduction d'échelons hiérarchiques.
Ce mardi, le géant de la pharmacie et de l'agrochimie a rejeté l'option d'une scission du groupe. La question d'une séparation des activités pharmaceutiques et agricoles de Bayer, promue depuis longtemps par les investisseurs, ne se pose « pas maintenant », a ainsi balayé son président, Bill Anderson.
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Son prédécesseur, Werner Baumann, avait dû prendre la porte après s'être opposé catégoriquement à une vaste offensive de fonds activistes pour forcer une scission des activités agricoles et pharmaceutiques.
Quid de l'année 2024 ? Bayer vise un chiffre d'affaires « à peu près stable », toujours ajusté des effets de change et de portefeuille, et un résultat d'exploitation ajusté par action « en baisse ». Au cours des 24 à 36 prochains mois, Bayer veut renforcer son activité de développement de médicaments, régler les litiges, réduire sa dette, poursuivre les suppressions d'emplois et accélérer la prise de décision à la direction du groupe.
Bayer n'est pas le seul groupe allemand affecté. Frappé par les coûts de l'énergie, le géant BASF a dévoilé fin février un nouveau plan massif d'économies assorti de suppressions d'emplois sur son site historique, qui illustre la crise de compétitivité de l'industrie allemande. Le PDG du groupe, Martin Brudermüller, avait été très direct sur les difficultés de la première économie européenne :
Le chimiste veut économiser « un milliard d'euros » par an jusqu'en 2026, « autant dans les secteurs de la production que hors production », ce qui conduira « à des suppressions de postes » dans le plus gros complexe chimique au monde, où travaillent quelque 39.000 personnes.
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Le groupe, qui fabrique des composants chimiques pour l'automobile, l'agriculture, la construction, compte réévaluer le « positionnement de long terme » du site, pour qu'il « reflète (...) les nouvelles réalités du marché en Europe et en Allemagne ». Une menace à peine voilée de délocalisations. BASF, plus gros consommateur de gaz d'Allemagne, est devenu le symbole d'un modèle industriel fragilisé depuis l'interruption des livraisons de gaz russe bon marché qui alimentaient la première économie européenne.
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Les prix du gaz ont certes baissé depuis leur pic de 2022. Mais ils restent plus importants, car le pays en importe désormais la quasi totalité par la mer, ce qui est beaucoup plus cher. A cause des difficultés de l'industrie, le PIB de l'Allemagne s'est contracté de 0,3% l'an dernier. Le secteur de la chimie, très consommateur, a connu l'an dernier une chute de 8% de sa production et de 12% de ses revenus.
Les difficultés de la chimie, qui représente 5% du PIB allemand, ont contribué à faire passer la première économie européenne dans le rouge l'an dernier, avec une chute de 0,3% de l'activité.
(Avec agences)
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