Prêt à investir un demi-milliard en France, Futerro regrette de passer « sous les radars de Paris »
Nathalie Jourdan
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L'amidon de blé sera transformé en pellets de plastique, utilisables comme ceux issus du pétrole.
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Prêt à investir un demi-milliard en France, Futerro regrette de passer « sous les radars de Paris »
Le belge Futerro vient de lancer la concertation qui doit le conduire à investir 500 millions d’euros dans la construction, près du Havre, d’une bioraffinerie de PLA : un plastique fabriqué à partir de matières végétales. Ses dirigeants regrettent de ne pas avoir été conviés au dernier sommet Choose France de Versailles qui a déroulé le tapis rouge aux investisseurs étrangers.
A t-elle échappé aux antennes de l'Elysée ? Filiale du groupe sucrier belge Galactic, Futerro ne figurait pas parmi les invités de la grand-messe macronienne des investisseurs étrangers. L'entreprise wallonne vient pourtant de franchir la première marche préfigurant un investissement de belle taille dans l'Hexagone. Plus précisément au sein du complexe industriel de Port-Jérôme, en Seine-Maritime. En visite sur place en milieu de semaine, son PDG a donné le coup d'envoi de la consultation publique devant déboucher sur la construction de « la première bioraffinerie de PLA (un plastique biosourcé ndlr) entièrement intégrée au monde » -telle que la présente ses concepteurs.
Prêt à dépenser 500 millions d'euros dans cette affaire, Frédéric Van Gansberghe a manifestement été un peu vexé de n'être pas convié à Versailles bien qu'il se défende de « chasser les subsides publics ».
«Je trouve dommage que le projet qu'on va monter passe sous les radars de Paris, a t-il commenté placidement devant les journalistes.C'est oublier qu'il incarne le tout début de la chimie verte qui doit remplacer la pétrochimie».
Du blé au plastique
Le projet en question découle des trente années de recherche menées par Futerro autour du PLA (acronyme de PolyLactic Acid) avec le soutien du français Total qui en fut l'un des fondateurs et actionnaires avant de décider de faire cavalier seul.
Pour rappel, l'acide polylactique qui est présent dans notre organisme est obtenu par la fermentation du sucre ou de l'amidon contenus dans un végétal (betterave, canne à sucre, maïs...). Il est ensuite polymérisé pour obtenir une matière transparente et rigide modelable comme ses équivalents pétrosourcés. Recyclable et biodégradable, il peut entrer dans la fabrication d'emballages, de pièces rotomoulées voire de textiles, l'une des pistes privilégiées par Futerro. « Notre ambition est de refaire des fibres similaires au coton », indique son PDG.
Deux ans après avoir construit une usine en Chine -grosse consommatrice de PLA- d'une capacité de 100.000 tonnes, la firme belge, qui figure parmi les 4 grands acteurs mondiaux de la spécialité, tente donc sa chance sur le Vieux continent. Le futur site normand devrait produire 75.000 tonnes de PLA à partir de 300.000 tonnes d'amidon de blé « cultivé localement », précise l'entreprise. Outre ses unités de fermentation et de polymérisation, il sera le premier à abriter dans ses murs une installation de recyclage moléculaire. Le tout alimenté par une chaudière au gaz qui devrait fonctionner avec « 10 à 15% » de biogaz produit en interne. « Nous avons regardé une option au bois mais la ressource est trop en tension », explique Frédéric Van Gansberghe pour justifier le recours à une énergie carbonée.
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