À Dijon, dans le cockpit de la ville du futur
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Grâce aux captations de 115 caméras, le centre d'information et de veille organise les interventions dans l'espace public.
Vincent Arbelet
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Grâce aux captations de 115 caméras, le centre d'information et de veille organise les interventions dans l'espace public.
Vincent Arbelet
A Carmen Munoz (Citelum), Jean-Bernard Lévy (EDF), Jean-Louis Chaussade (Suez), Jean-Pierre Farandou (Keolis), Jérôme Siméon (Capgemini France) et Martin Bouygues. Dans un bâtiment quelconque au bord d'un canal, la mise en service du poste de pilotage connecté de la métropole de Dijon a des airs d'université d'été du Medef. Dans le rôle du maître de cérémonie, non pas Geoffroy Roux de Bézieux, mais l'ancien ministre du Travail François Rebsamen. « Personne dans mon entourage n'imaginait ce que pouvait être une smart city ! », s'exclame le maire de la cité de la moutarde.
« Il s'agit d'imaginer non pas la ville de demain, mais une ville plus écologique dès maintenant avec des services plus performants », poursuit le PDG du groupe Bouygues. « Le meilleur kilowattheure est celui qui n'est pas consommé. La ville intelligente est une ville décarbonée, connectée et très solidaire », renchérit Carmen Munoz, directrice générale de Citelum (filiale EDF). « La data crée de l'emploi, crée des entreprises, vitalise, revitalise, survitalise la métropole », s'enthousiasme, lyrique, Jean-Louis Chaussade, le PDG du groupe Suez.
Après ces paroles enflammées, les actes concrets. Au coeur de 1.200 mètres carrés, la visite commence par le centre d'information et de veille opérationnelle, où opérateurs vidéo et policiers municipaux sont assis devant des écrans qui remontent en direct les captations de 115 caméras. Les policiers sur le terrain, à pied ou à vélo, sont, eux, géolocalisables en permanence grâce aux fréquences émises par leur radio. En cas d'agression physique, par exemple, les opérateurs transmettent l'information aux policiers qui, d'un coup d'oeil sur une carte, regardent où se trouve la patrouille la plus proche et l'appellent pour la diriger sur les lieux du délit.
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« On sait où chacun se trouve, cela constitue un gain de temps énorme », relève le chef de la police municipale, Michel Gueritée. Si la police nationale ou la justice a besoin du film, elle peut le demander sur commission rogatoire à la salle d'extraction-salle de relecture, une pièce fermée où travaillent deux policières. Ce jour-là, elles gravent sur un DVD quatre heures d'un vol à la roulotte, sur demande d'un juge d'instruction. Derrière une grande paroi, obscurcie pour préserver la confidentialité des affaires sensibles traitées par les forces de l'ordre, se trouvent les équipes de Suez, qui coordonnent et gèrent les interventions sur l'espace public. En cas de panne d'un feu de signalisation apparaît sur l'écran un point rouge, synonyme de problème. Le télécontrôleur qui s'en saisit doit suivre une procédure.