Il aura suffi d'une phrase pour mettre le feu aux poudres. Le 22 mai dernier, devant le Conseil national de la transition écologique (une instance composée d'associations, d'élus, d'entreprises et de parlementaires), la Première ministre, Elisabeth Borne, a affirmé réfléchir à l'interdiction des nouvelles chaudières au gaz en France. Si aucune date officielle n'a été communiquée, celle-ci a fait part, auprès d'organisations patronales, de 2026 comme une « échéance possible et potentiellement souhaitable ». Le but : décarboner le secteur du bâtiment, responsable de 23% des émissions de gaz à effet de serre du pays (hors construction).
De quoi déclencher, sans surprise, la fronde des gaziers. Depuis quelques jours, les arguments contre les pompes à chaleur électriques fusent de toutes parts. « Contre-productives sans rénovations préalables », « plus polluantes à la pointe », « bruyantes », « trop chères » ou encore « fabriquées massivement en Asie » : des salariés de GRDF à l'UFC-Que Choisir, en passant par l'association anti-nucléaire négaWatt ou le lobby gazier Coénove (dirigé par l'ancien administrateur de l'Ademe et ex-député macroniste Jean-Charles Colas-Roy), chacun y va de sa critique, afin de pousser le gouvernement à changer de braquet.