Pour répondre à la lenteur des rénovations énergétiques sur le parc immobilier français, la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) a émis l’idée de créer un nouveau type de contrat de vente, incluant un tarif déterminé de travaux de rénovation énergétique dans le prix d’achat d’un bien immobilier. Avec cette proposition, qui ne fait pourtant pas l'unanimité, la Fnaim souhaite rassurer les acheteurs et faciliter les projets de rénovation.Dans l'immobilier, comme dans de nombreux secteurs, le chantier phare des dix ou vingt prochaines années est celui de la décarbonation. Et la pression sur le logement est très forte puisque le parc français doit atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Mais avec l'augmentation des taux d'intérêt des crédits et l'inflation, nombre de Français remettent au lendemain leurs travaux de rénovation énergétique, et ce, même avec le dispositif de financement Ma Prime Rénov'.
De fait, selon un sondage Ifop pour la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), sur l'ensemble des logements étiquetés G, F ou E, qui doivent nécessiter des travaux pour émettre moins de CO2, 44% des propriétaires n'ont pas encore fait de rénovations énergétiques.
Pour donner un coup de pouce aux rénovations énergétiques, la Fnaim a proposé, lors de son bilan semestriel de 2023 de créer un contrat de Vente en l'état futur de rénovation énergétique (Vefr) qui inclurait un prix fixe de travaux de rénovation dans le prix de vente d'un bien pour toute vente d'un immeuble bâti ou d'un lot de copropriété. Ces deux types de biens concentrent le moins d'inertie en matière de rénovation.
Donner confiance aux acheteurs de passoires thermiques
A l'origine de cette idée de nouveau contrat, se trouve un constat de la Fnaim. Aujourd'hui, un particulier qui veut vendre un immeuble ou un bien de copropriété qui a besoin d'être rénové mais qui n'a pas les moyens où l'envie de faire ces travaux peut baisser le prix de vente pour prendre en compte ces derniers. La charge de la rénovation énergétique est donc à la charge des acheteurs, ce qui en refroidit certains car « les acquéreurs sont en général inquiets par les coûts des travaux qui sont souvent incertains », pointe du doigt Loïc Cantin, le président de la Fnaim. Pour éviter des mauvaises surprises aux acheteurs se retrouvant parfois avec des travaux hors de prix, un audit est obligatoire pour tous les biens classés G ou F depuis le 1er avril, en cas de vente. « Mais certaines personnes n'ont pas les moyens de faire ce diagnostic et se retrouvent actuellement bloquées sans pouvoir mettre en vente leur bien », ajoute Eric Allouche, président du réseau d'agences Era immobilier.