Déchets : Suez se renforce dans la production de chaleur et d'électricité verts

 |   |  527  mots
Les acteurs publics et privés décidant d'adopter les technologies d'Etia et de Cogebio peuvent compter sur un retour sur investissement entre 3 et 5 ans, souligne Suez.
Les acteurs publics et privés décidant d'adopter les technologies d'Etia et de Cogebio peuvent compter sur "un retour sur investissement entre 3 et 5 ans", souligne Suez. (Crédits : Reuters)
Le fonds d'investissement du groupe, Corporate Suez Ventures, vient de prendre une participation dans Etia et sa filiale Cogebio, qui ont développé des technologies de conversion thermique de biomasse et de plastique en gaz et combustibles solides. Une solution alternative aux énergies fossiles pour la production décentralisée de chaleur et d'électricité, avec un bilan environnemental avantageux.

Après être entré en 2017 dans le capital de "l'Uber des déchets" américain Rubicon Global, puis de la startup australienne Optimatics, conceptrice de logiciels d'optimisation des infrastructures d'eau et d'assainissement, et de la jeune pousse française Nextalim, qui utilise les insectes pour transformer les résidus organiques en protéines, Corporate Suez Ventures s'offre une participation dans une nouvelle pépite. Le fonds d'investissement en technologies de rupture du grand groupe français vient de devenir actionnaire d'Etia, société d'ingénierie qui a développé et breveté un processus thermique de transformation des déchets organiques en combustibles solides, et des déchets en plastique comme de la biomasse en gaz vert.

Etia devient pour sa part actionnaire avec Suez de la startup Cogebio, qui a développé une technologie complémentaire de gazéification à partir de tous types de biomasses solides, ainsi qu'un brûleur bi-combustible associé. L'ensemble de ces investissements atteint le montant de 4,2 millions d'euros, précise le groupe français.

Un marché prometteur

L'intégration de ces nouvelles technologies doit permettre à Suez d'étoffer son offre de production décentralisée de chaleur et d'électricité à partir de la biomasse et d'autres formes de déchets secs, explique le directeur innovation, marketing et performance du groupe Loïc Voisin. Le recycleur français parie sur un marché prometteur, soutenu par un environnement économique et réglementaire favorables, et notamment sur une croissance rapide de la consommation de biomasse pour la production de chaleur industrielle.

"Comme toujours dans le cadre des investissements de notre fonds Corporate Suez Ventures, la participation reste toutefois minoritaire, entre 15 et 30%, afin d'assurer les synergies commerciales et technologiques possibles tout en conservant le dynamisme et l'autonomie de la startup", souligne Loïc Voisin.

Une solution pour les pays émergents

L'argent frais apporté par Corporate Suez Ventures doit notamment servir à accélérer le développement international d'Etia. Les technologies proposées par le groupe constituent en effet une alternative à l'utilisation d'énergies fossiles particulièrement intéressante pour les sites industriels alimentés par des chaudières de 1,5 MW, ainsi que pour les pays ou les collectivités territoriales où les réseaux d'énergie ne sont pas développés alors que les déchets abondent, comme certains pays émergents et certaines îles, explique Loïc Voisin.

En outre d'être autonomes, ces technologies seraient en effet aussi avantageuses du point de vue environnemental, assure Suez. Déjà, "la valorisation de ces déchets devrait davantage inciter à les collecter", souligne Loïc Voisin. "L'émission de particules fines est de plusieurs dizaines de pourcentage inférieure à celle de l'incinération", alors que "le bilan carbone du processus est neutre", ajoute-t-il. Cerise sur le gâteau, les acteurs publics et privés décidant d'adopter les technologies d'Etia et de Cogebio peuvent compter sur "un retour sur investissement entre 3 et 5 ans", souligne Suez.

La fondation Race for Water, qui lutte contre la pollution en plastique des océans, vient d'ailleurs aussi de prendre une participation dans Etia, alors que Demeter Partners, acteur du capital investissement dans le domaine de la transition énergétique, co-investit dans Cogebio.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/01/2018 à 10:35 :
C'est un peu le rêve de toute industrie de traitement des déchets d’arriver à se débarrasser des plastiques de la manière la plus rentable possible et la moins impactante pour l’environnement. Toute innovation est donc la bienvenue.
D’autant plus que ce n'est pas la matière première qui va manquer (300 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde) et étant donné les investissements massifs de D. Trump dans les produits pétroliers, parallèlement ils prévoient d'augmenter la production de plastique de 40 % sur 10 ans. (https://www.theguardian.com/environment/2017/dec/26/180bn-investment-in-plastic-factories-feeds-global-packaging-binge)
A un moment, la Chine importait des déchets plastiques mais il semblerait qu’ils font maintenant le tri (https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/pekin-porte-un-coup-au-commerce-mondial-des-dechets-745719.html)

D’après la revue Science il était aussi question d’une bactérie (Ideonella sakaiensis) capable de se nourrir de plastique PET ?
Sinon, tant qu'à faire produire de l’énergie avec.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :