GNL : après une année hors normes, les terminaux méthaniers se cherchent une seconde vie
Juliette Raynal à Fos-sur-mer
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Terminal méthanier de Fos Cavaou
Juliette Raynal pour La Tribune
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Terminal méthanier de Fos Cavaou
Juliette Raynal pour La Tribune
Au large de la jetée du terminal de Fos Cavaou, situé à 50 kilomètres à l'ouest de Marseille (Bouches-du-Rhône), deux remorqueurs s'approchent du méthanier Lalla Fatma N'soumer, en provenance d'Algérie. Long de 250 mètres et haut de 50, le navire entame sa manœuvre pour accoster et décharger ses quelque 130.000 mètres cubes de gaz naturel liquéfié (GNL). Il y a près de 14 ans, ce même navire, reconnaissable à ses quatre cuves sphériques, inaugurait le terminal initialement conçu pour répondre uniquement aux aléas du système énergétique tricolore : faible disponibilité du parc nucléaire, absence de vent, vague de froid, sécheresse ou encore inondations. L'invasion russe de l'Ukraine a changé sa destinée et en a fait un actif éminemment stratégique pour la sécurité d'approvisionnement de l'Hexagone et le reste de l'Union européenne.
Mais, sur place, le calme et le silence ambiants tranchent avec les enjeux cruciaux que revêt cette activité depuis que le Vieux Continent ne reçoit presque plus de gaz russe par pipeline. Écrasé par une chaleur accablante, le site industriel d'Elengy, une filiale du groupe Engie, installé en face des hauts fourneaux d'ArcelorMittal, a des allures d'usine fantôme. Étendu sur près de 80 hectares, soit peu ou prou l'équivalent de cinq stades de France, l'immense terminal caractérisé par ses trois réservoirs XXL est quasiment désert. Et pour cause, le site est largement automatisé. Ainsi, seuls cinq salariés d'Elengy se chargeront d'assurer la connexion et le déchargement du méthanier. Une manœuvre ô combien délicate pour réceptionner l'équivalent d'un térawattheure d'énergie, soit suffisamment pour couvrir les besoins annuels en gaz d'une métropole régionale, comme Nantes ou Montpellier.
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En 2022, les trois terminaux méthaniers d'Elengy (celui de Fos Cavaou, son grand-frère mis en service il y a 50 ans, le terminal Fos Tonkin, ainsi que celui de Montoir-de-Bretagne), ont connu une année hors normes. A eux trois, ils ont assuré quelque 266 déchargements, soit l'équivalent d'un navire tous les deux à trois jours. « Sur un mois, le terminal de Fos Cavaou pouvait accueillir entre 13 et 15 navires », précise Arnaud Catoire, directeur du site. Au total, les trois terminaux ont réceptionné 232 térawattheures de GNL, soit 50% de la consommation de gaz en France en 2022. Leur taux d'utilisation a atteint 95%, du jamais vu. De janvier à mai 2023, ce taux d'utilisation est légèrement redescendu, mais reste élevé. « Il est environ de 85% », assure Nelly Nicoli, la directrice générale d'Elengy. Il pourrait même de nouveau grimper dans les mois à venir pour frôler les 90% sur l'ensemble de l'année 2023, contre une moyenne de 60% habituellement.
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