Des emblèmes de la distribution britannique en péril

 |   |  515  mots
L'enseigne britannique BHS a été créé à Brixton en 1928.
L'enseigne britannique BHS a été créé à Brixton en 1928. (Crédits : Reuters)
BHS (British Home Stores), l’une des grandes chaînes de grands magasins outre-Manche qui compte 164 magasins et plus de 11.000 employés a été placée sous administration judiciaire. Le fabricant des tailleurs de Churchill se trouve lui aussi en difficulté. Ils ne sont pas les seuls.

Et si Steinhoff, la maison-mère de Conforama se consolait de sa défaite dans la conquête de Darty en achetant la chaîne de grands magasins BHS? Une suggestion de Bloomberg qui met surtout en lumière le grand sujet d'inquiétude du moment outre-Manche.

Car, cette semaine, le sort de cette enseigne emblématique outre-Manche, bien plus que celui du groupe électroménager français qui était détenu par des fonds britanniques, a agité jusqu'aux membres du gouvernement et du Parlement britannique. Même George Osborne, le chancelier de l'Echiquier s'en est mêlé. Sur la chaîne ITV News, il a dit souhaiter que des enquêteurs "indépendants" se penchent sur cette question.

11.000 emplois dans la balance

En cause, notamment, le trou de quelque 571 millions de livres (soit 733 millions d'euros) dans la caisse de retraites de BHS qui l'a mené lundi jusqu'au placement sous l'administration judiciaire.  Près de 11.000 emplois se retrouvent ainsi menacés.

En outre, les anciens employés et futurs retraités de l'entreprise créée en 1928 risquent de recevoir des compensations au rabais, comme le prévoit le mécanisme du Fonds de secours dans un tel cas. Le système de retraites britannique, l'un des plus anciens en Europe, se base sur un mécanisme de capitalisation auprès de fonds gérés en principe par les entreprises, et garantis par ce Fonds susceptible d'intervenir dans cette affaire.

      Lire aussi: Un million : c'est le nombre de Britanniques forcés de vendre leur maison pour financer leurs vieux jours

"Sir" Philip Green auditionné

L'affaire éclabousse en particulier l'ancien patron de BHS, le magnat de la distribution Philip Green, qui sera auditionné par les membres du Parlement. L'homme d'affaires anobli en 2006 a cédé le groupe un an plus tôt pour une livre symbolique. Le milliardaire à la tête d'Arcadia, groupe réunissant par exemple Topshop, Burton ou Miss Selfridge, avait acquis BHS en 2000 pour 200 millions de livres.

Des difficultés financières ont depuis contraint cette chaîne qui comprend 164 magasins à demander l'aide de ses créanciers pour payer salaires et loyers.

Le fournisseur de Churchill, des Beatles et... de Christine Lagarde

Au Royaume-Uni, le réseau de grands magasins n'est pas le seul à connaître des difficultés. C'est aussi le cas de la marque de prêt-à-porter Austin Reed, qui a taillé l'un des célèbres costumes de Winston Churchill, et habillé des célébrités aussi diverses que les Beatles ou Christine Lagarde. Sa gestion a elle aussi été placée sous le contrôle d'un administrateur judiciaire le 25 avril.

L'évolution du marché, marquée par l'irruption de la vente en ligne impose une pression particulièrement forte sur les magasins "traditionnels" en Grande-Bretagne. Le cabinet Center for Retail research comptabilise déjà 14 faillites d'entreprises depuis début 2016 dans le secteur (contre 25 au total l'an dernier). Il s'agit surtout cette année de grandes entreprises puisque ces défauts affectent plus de 20.000 emplois au total. Soit plus du triple par rapport à l'année précédente.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 30/04/2016 à 9:56 :
Sans doute Carrefour ou Auchan vont être à l'affut pour récupérer le groupe et sabrer ce qui ne fonctionne plus.
Chez-nous internet ne concerne qu'une partie des achats, Leclerc et sustème U vivent très bien, et des magasins comme électrodépot, filiale de Boulanger, sont à des prix similaires aux achats en ligne.
a écrit le 29/04/2016 à 10:19 :
j'espère que les spécialistes francais du secteur seront en mesure de faire leurs emplettes à bon compte (galeries lafayette, kerings, LVMH, etc)... ce sont de bon tremplin pour les produits francais !
a écrit le 28/04/2016 à 18:48 :
Au passage , la démonstration est une nouvelle fois faite que les systèmes de retraites par capitalisation ne sont pas là pour servir des retraites, mais pour alimenter les comptes des actionnaires des fonds de pension.
a écrit le 28/04/2016 à 18:13 :
Pauvre Angleterre pleine de riches très riche et tant de pauvres très mal payés et sans droits !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :