Record historique pour la Française des jeux en 2010

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La Française des Jeux a enregistré un record de 10,55 milliards d'euros de ventes en 2010, avec une progression de 5,5% par rapport à 2009. Elle prévoit une nouvelle croissance de 3% en 2011.

Malgré un contexte économique toujours difficile, et la concurrence des jeux en ligne, la Française des jeux (FDJ) a enregistré une bonne année commerciale. Grâce aux 28 millions de Français qui jouent chaque année au Loto, à l'Euromillions ou à ses jeux de grattage, tels que Cash, l'entreprise a recueilli 5 milliards d'euros de mises, un record absolu. La FDJ a retourné 6,8 milliards d'euros aux joueurs sous forme de gain, en hausse de 7,6% par rapport à 2009.

L'activité en 2010 est en progression de 5,5% par rapport à 2009, se félicite Christophe Blanchard-Dignac, PDG du spécialiste des jeux de hasard. Pour l'année 2011, le dirigeant s'est montré prudent. Il estime qu'une hausse de 3% de l'activité est un "bon objectif" compte tenu de l'environnement économique qui demeure incertain.

L'activité en 2010 de la FDJ s'est répartie entre les jeux de grattage (41% de l'activité), les jeux de tirage (33%), les jeux de points de vente (15%) et les paris sportifs (11%). La fortune n'a pas été égale pour toutes les gammes.

Les jeux de grattage, ces petits tickets dont il faut découvrir certaines parties recouvertes de latex pour connaître le montant de son gain éventuel, a ainsi connu une progression de 10,6%, à 4,3 milliards d'euros. Mais la performance a été largement influencée par la spectaculaire envolée du jeu Cash, en hausse de 79,4%, soit une amélioration de 526 millions d'euros par rapport à 2009, pour atteindre un volume d'activité de 1,2 milliard d'euros. Pas mal pour un jeu qui avait à l'origine été conçu pour être un jeu événementiel. Sans cette performance, la gamme des jeux de grattage aurait été en légère érosion.

L'activité des jeux de tirage (3,5 milliards d'euros, en recul de 3,7%), qui regroupe notamment le Loto et Euro Millions a été pénalisé par le calendrier. En effet, 2010 a compté moins de vendredi 13 que 2009. Dans l'activité des jeux en points de vente (1,6 milliard), un grand chantier a été lancé pour le remplacement du Rapido, un jeu de tirage aux comptoirs des cafés, par une nouvelle formule sous la marque Amigo. Ce nouveau jeu est déployé progressivement région par région. "Ce nouveau jeu nécessite quelques réglages et il sera déployé sur l'ensemble du territoire national en 2012, plutôt que fin 2 011 comme initialement prévu", a expliqué le PDG de la FDJ jeudi matin.

La nouvelle gamme de paris sportifs en ligne créée dans le cadre de l'ouverture à la concurrence des jeux en ligne se développe rapidement. La FDJ a enregistré 91 millions d'euros en 2010 sur son site ParionsWeb, en hausse de 112% d'une année sur l'autre. L'ensemble de l'offre en ligne de la FDJ a totalisé 376 millions d'euros en 2010, à comparer à 315 millions d'euros un an plus tôt. L'essentiel de l'activité des paris sportifs est restée collectée dans le réseau de détaillants : 1,051 milliard de ventes en 2010, en hausse de 46%.

Les résultats de la FDJ seront connus en mars prochain. En attendant, l'entreprise promet quelques actualités produits dont notamment un ticket de grattage dédié au poker.

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a écrit le 26/09/2017 à 12:10 :
PRIVATISATION DE LA FRANÇAISE DES JEUX :
POUR OU CONTRE ?

JPG. MARTIGNONI-HUTIN
Sociologue, Centre Max Weber, Université Lumière (Lyon II)


Septembre 2017


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• LE GOUVERNEMENT D’EDOUARD PHILIPPE VEUT FAIRE ENTRER DE L’ARGENT DANS LES CAISSES DE BERCY EN CEDANT DES ACTIFS DETENUS PAR L’ETAT, ET NOTAMMENT CEUX QUI NE SONT PAS COTES (BANQUE POSTALE, FRANCAISE DES JEUX…)

• RESTE A SAVOIR S’IL FAUT CEDER A LA FACILITE ET PRIVATISER LA FRANCAISE DES JEUX, OU CONSERVER PRECIEUSEMENT CE BIJOU DE FAMILLE TRES ANCIEN DE LA REPUBLIQUE DES JEUX ?


• CE CHOIX POLITIQUE, FINANCIER, FISCAL, SYMBOLIQUE…. DE LA NON PRIVATISATION DE LA FRANCAISE DES JEUX OU DE LA PRIVATISATION PARTIELLE DE LA FDJ POURRAIT ACCOMPAGNER UNE REFONDATION AMBITIEUSE DE LA POLITIQUE DES JEUX DE LA FRANCE QUI, DEPASSANT LES RECOMMANDATIONS DE LA COUR DES COMPTES, SERAIT EN HARMONIE AVEC LE PROJET PRESIDENTIEL

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Le dossier de la privatisation de la Française Des Jeux (FDJ), qui a plusieurs fois défrayé la chronique ces dernières années, notamment en 2008 et 2014 (1), risque de revenir sur la sellette à la rentrée. Bruno Lemaire ayant annoncé au Sénat le 6 juillet, qu’il procèderait à la vente d’actifs non stratégiques pour faire entrer 10 milliards dans la bougette de Bercy. Ce pactole sera destiné à alimenter un Fond sur « l’innovation de rupture » (2) et non à combler le tonneau des Danaïdes du déficit budgétaire. Si peu d’information ont filtré sur ces « prochaines cessions de l’Etat actionnaire » (3) réalisées par l’APE (Agence des Participations de l’Etat) et Bpifrance, la FDJ apparait comme une proie facile, en tant que société non cotée en très bonne santé financière. Quatrième loterie mondiale, deuxième loterie européenne derrière Lottomatica (la loterie italienne), la FDJ revendique 26 millions de joueurs.
Si les éléments qui militent en faveur d’une privatisation de l’opérateur des loteries sont anciens et connus, les arguments qui invitent à conserver cette précieuse pépite ludique dans le giron de l’Etat le sont moins, alors qu’ils apparaissent nombreux, pragmatiques et peut être même stratégiques dans le cadre d’une nouvelle Politique Des Jeux.
Souhaitons que le ministre de l’économie entende ces arguments et ne se précipite pas en faveur de la solution de facilité : « se séparer de sa poule aux œufs d’or » (4) en la privatisant complètement. Gageons que le Président de la République prenne le temps de la réflexion avant de procéder à son arbitrage, même si, selon Les Echos, Christian Eckert (5) a révélé sur son blog qu’Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie, « aurait poussé il y a deux ans à la vente de la FDJ ... » (6)
Mais E. Macron n’est plus ministre. Il préside au destin de notre pays et semble vouloir inscrire son action dans la durée, le pragmatisme et – si nécessaire – la rupture. Cela pourrait modifier les choses. Car, outre le fait qu’il y a sans doute « une préférence française pour le monopole « comme l’a noté récemment Jean Marc Vittori dans les Echos (7 ) ce choix politique » de ne pas privatiser totalement la FDJ pourrait accompagner une refondation ambitieuse de la Politique Des Jeux de la France qui, dépassant « les recommandations de la Cour des Comptes », serait en harmonie avec le dessein présidentiel.
L’arrivée d’E. Macron bouleverse en effet le paysage politique national. Même si l’industrie des jeux de hasard et d’argent (JHA) n’est pas un dossier prioritaire pour le gouvernement, tous les secteurs économiques seront concernés par cette nouvelle donne dans les mois qui viennent. Considérant les ambitions nationales et internationales du chef de l’Etat, sa volonté d’aboutir, de sortir des blocages traditionnels, de « l’ancien monde » et des « vieilles méthodes »… les opérateurs ludiques peuvent profiter de cette opportunité pour valoriser de manière pérenne leurs nombreux atouts, leur poids économique et culturel, leur histoire ; mais ils doivent surtout (notamment les casinos et le PMU) afficher leurs ambitions et ne pas se contenter de mettre en avant leurs revendications.
Le fait que le nouveau locataire de l’Elysée mette systématiquement en avant des fondamentaux et des problématiques que les acteurs de l’économie des jeux connaissent bien (travail, efficacité, résultat, transparence, moralisation, emploi, développement économique, excellence Française, marque « France », baisse de la fiscalité pour favoriser l’activité, nécessité d’amoindrir et de simplifier la réglementation…) constitue des éléments objectifs favorables au secteur.


En finir avec l’Etat Croupier ....

Privatiser partiellement ou totalement la FDJ (détenue à 72% par l’Etat) ( 8) permettrait de satisfaire Bruxelles qui n’aime pas les monopoles. Il ouvrirait de facto les jeux « sous droit exclusifs » (paris sportifs en dur, loteries, jeux de grattage) à la concurrence, offrant plus de choix et de liberté aux joueurs.
La société dirigée par Stéphane Pallez perdrait un monopole, dont elle use et parfois abuse. Les sujets sont multiples ou la FDJ pourrait se faire épingler si l’AFP - qui se contente souvent de reproduire pro domo les nombreux communiqués de l’opérateur - refusait d’être instrumentalisée et si les médias faisaient correctement leur travail. : scandale de l’aléatoire prépondérant concernant les jeux de grattage, taux de redistribution (TDR) pingre et réglementé, prix du ticket de loto en augmentation, obsolescence programmée de nombreux jeux pour en lancer en permanence de nouveaux et réaliser des coups marketing, date de péremption aberrante des tickets gagnants, abus de position dominante, absence de consumérisme ludique au détriment de l’intérêt des joueurs ; ambiguïté, contradictions et multiples conflits d’intérêt dans sa politique de jeu responsable et de financement de la doxa du jeu pathologie maladie, manque de transparence….
Mais il y a plus fondamental. Privatiser la Française des jeux permettrait à l’Etat de sortir de son rapport incestueux avec les JHA. Il se blanchirait d’une accusation idéologique qui lui colle à la peau depuis des lustres, celle d’être un Etat Croupier dans une République des jeux exploitant un nouvel opium du peuple. Accessoirement , cette privatisation pourrait satisfaire les casinotiers, vent debout contre le monopole de l’opérateur de Boulogne favorisé par Bercy… mais qui oublient un peu vite qu’eux mêmes sont en situation de monopole notamment dans l’exploitation des machines à sous et des jeux traditionnels.

…ou au contraire conserver précieusement ce bijou de famille de la République Des Jeux ?


Mais les éléments s’opposant à la privatisation de la FDJ sont nombreux.
1. Le premier est contre toute attente financier. La privatisation de la FDJ rapporterait certes « quelques sous à Bercy » mais peu finalement vis à vis de la vente des participations que l’Etat détient dans les sociétés cotées : EDF (21,8 milliards d’euros), Engie (9,3), Groupe ADP (7), Air Bus (6,3) Thales (5,2)Renault-Nissan (4,7), Orange (5), Safran (4,8)PSA (2,3), Air France KLM (660 millions) Eramet (297 millions). La cession de la Banque Postale (7,3 Milliards) autre société non cotée apparait plus lucrative que celle de la FDJ.

2. Toujours sur ce registre de l’argent, privatiser la FDJ reviendrait finalement à aller au Mont de Piété (voir encadré en fin d’article) vendre un bijou de famille. Le lecteur nous pardonnera ce parallèle audacieux mais chacun sait que la veuve qui fréquente Ma Tante (voir encadré en fin d’article) est à l’argent, ce que la veuve poignet est à la vie sexuelle. Un apport de cash éphémère… une jouissance passagère, qui ne règle en rien la santé financière de l’Etat… ou la vie sexuelle du quidam onaniste. Au final, vendre les joyaux de la couronne que représente la FDJ, c’est utilisé un fusil à un coup dans une vision courtermiste. La nouvelle France d’Emmanuel Macron a, nous semble-t-il, d’autres ambitions.

3. En privatisant l’opérateur de Boulogne, l’Etat perdrait une manne récurrente confortable, en constante augmentation depuis 10 ans (9) et qui subit peu d’aléas conjoncturels. Il « braderait » une société publique très rentable dont le prix est difficile à évaluer mais que les banques, ou les capitaines d’industrie qui s’intéressent au dossier, peuvent vouloir sous évaluer. Il cèderait, pour des raisons conjoncturelles, une entreprise qui n’est jamais en déficit et qui a rapporté en 2016 : 3,12 milliards d’euros à Bercy de prélèvement sur les mises et 133 millions de dividendes. L’exemple des concessions autoroutières démontre que la privatisation n’est pas forcément un bon choix financier ( confer annexe 1)

4. Il y aura en outre un cout politique à cette privatisation, à cause du caractère symbolique de cette vieille Dame, - nommée « Française » des jeux - qui a fêté ses 80 ans en 2013 mais qui a une histoire bien plus longue accompagnant l’Histoire de France, si l’on remonte à l’introduction des loteries en France par Casanova ( confer annexe 2)


5. Comme nous l’avons vu la privatisation de la FDJ obligerait l’Etat Français à ouvrir à la concurrence les loteries, les jeux de grattage, les paris sportifs en dur. Certes cela démultiplierait l’offre ludique mais rien n’indique que cela soit nécessaire, que Bruxelles l’exige, que les joueurs le demandent et, dans le cas contraire, qu’ils souhaitent que l’augmentation de la fiscalité ludique passe par une privatisation de la FDJ.

6. Autre élément s’opposant à la privatisation de l’opérateur de loteries , l’importance de son réseau, son rôle social, économique dans les communes, quartiers, villes, villages ou il est implanté. La FDJ disposait en 2015 de 31 900 points de vente (PDV) Ca paraît beaucoup mais en réalité ce réseau est en forte baisse. Il y avait 42 000 détaillants FDJ en 2000. Sur les 25 000 bureaux de tabacs, 21 500 sont des points de vente FDJ. Vendre des jeux est souvent vital pour les civettes, en perte de vitesse à cause des lois liberticides sur le tabac, par ailleurs en perpétuelle augmentation. L’opérateur verse en moyenne 21 000 €/an à ces points de vente. Il cherche depuis plusieurs années à diversifier son réseau physique avec de nouveaux types de commerces proposant ses jeux, ce qui déplait fortement aux buralistes. Rien n’indique qu’une FDJ totalement privatisée conserverait un réseau aussi dense. Elle pourrait : 1/ rationnaliser le maillage ludique du territoire pour ne conserver que les PDV les plus rentables ; 2/ accélérer son réseau numérique et ses jeux digitaux, sans trop de soucier de l’avenir des bureaux de tabac.

7. Le gouvernement aura plus de mal à appliquer sa politique de jeu responsable. Bien que le secteur des JHA ne soit pas un secteur stratégique, c’est un secteur sensible qui mérite sans doute pour partie de rester dans le giron de l’Etat afin de protéger les personnes vulnérables, de responsabiliser les joueurs sans les infantiliser ou les considérer comme des drogués ou des malades du jeu comme c’est le cas actuellement. Le jeu n’est pas une maladie. C’est une pratique sociale et culturelle, un secteur économique, riche d’une histoire particulière. Il y a une exception ludique française comme il y a une exception culturelle. Si l’Etat ne privatise pas la FDJ, il doit désormais assumer pleinement le fait d’être un Etat « croupier » et, dans le même temps, redéfinir complètement sa politique de jeu responsable qui subit le diktat de la doxa du jeu pathologie maladie, le lobbying du business du jeu compulsif et celui de différentes associations anti jeu, rigoristes et moralistes ( confer annexe 3)


8. Plus globalement les pouvoirs publics auront sans doute des difficultés à mettre en œuvre une Politique des jeux tout court, quand le principal opérateur ludique sera totalement dans la sphère privée. Et c’est là que nous trouvons l’argument majeur qui milite en faveur d’une non privatisation de la FDJ, qui ne saurait être une fin en soit idéologique. La non privatisation de la FDJ doit s’inscrire dans une nouvelle politique de développement du secteur des jeux qui soit très ambitieuse et en harmonie avec le dessein présidentiel, afin de créer de l’activité sur notre territoire mais aussi de faire rayonner la France en Europe et dans le monde, par exemple en implantant un casino international à Paris ( confer annexe 4)



9. Dernier élément qui milite en faveur de la non privatisation, le fait que « l’impôt ludique » récolté par la FDJ ( perçu sur ce registre comme une annexe de Bercy) est un formidable « impôt démocratique », car volontaire pour les joueurs, indolore pour les non joueurs. ( confer annexe 5) La fiscalité ludique est populaire, contrairement à la fiscalité traditionnelle détestée des français car devenu « un impôt de plus en plus concentré » (10) et donc très élevé pour ceux qui l’acquittent. Quotidiennement, chaque semaine… les « contribuables » joueurs se pressent avec enthousiasme pour acquitter spontanément cet impôt ludique plein d’espérance et qui, parfois, rend les gens heureux ( confer encadré de l’annexe 3). Il peut donc être augmenté facilement sans dégât politique. L’Etat Croupier n’est pas forcément un gros mot s’il est mis au service de l’intérêt général. E. Macron cherche à faire entrer de l’argent dans les caisses de l’Etat mais ne veut pas augmenter les prélèvements obligatoires à cause du raz le bol des ménages, notamment celui des classes moyennes. Dans le cadre d’une refonte de la politique des jeux souhaitée par la Cour des Comptes, l’impôt ludique pourrait contribuer à cette quête, par exemple en créant une fois par an un « Power Ball à la Française » fortement doté ( confer annexe 6)

10. Ajoutons pour conclure sur un autre registre - celui de la solidarité internationale - que le gouvernement pourrait reprendre une autre proposition que nous avons émise il y a quelques années : prendre l’initiative de lancer une loterie mondiale caritative pour lutter contre la pauvreté, le sous développement, la reconstruction des pays dévastés par la guerre, les maladies, les épidémies, le manque d’eau, les désastres écologiques… Une telle ambition humaniste apparaît indispensable pour affronter la misère du monde. Elle fera en outre rayonner la France à l’international, ce qui peut sensibiliser le nouveau Président. Ce nouvel impôt mondial volontaire serait plus populaire qu’une flat taxe sur les billets d’avion et plus rentable qu’une taxe Tobin sur les transactions financières (TTF) Assurément mécènes, milliardaires, Etats, organisations internationales (gouvernementales ou non ) multinationales dans le cadre de leur RSE… participeraient spontanément au montage financier préalable, indispensable pour mettre en place une telle loterie mondiale, terrestre et virtuelle. Au final cette proposition ludique solidaire montrerait que les jeux d’argent peuvent, par la puissance collective qu’ils engendrent, participer fortement au bien commun
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Basés sur la liberté, l’appât du gain et la recherche du bonheur - des moteurs puissants qui stimulent l’âme humaine - les jeux de hasard et argent, qui existent depuis la nuit des temps, n’ont sans doute pas encore donné toute leur capacité. Gageons que l’Etat et les opérateurs ludiques, réunis pour un dessein collectif ambitieux et pas uniquement pour défendre leurs intérêts catégoriels, profitent du début de l’ère Macron pour canaliser cette puissance au service de l’activité en France mais aussi pour la solidarité internationale. Pour se faire il est sans doute nécessaire que la France conserve son exception ludique et garde majoritairement la FDJ dans le giron de l’Etat, ce qui ne l’empêche d’ouvrir son capital et d’entrer en Bourse. C’est l’hypothèse retenue par l’agence Reuters qui évoque « des réflexions en cours sur une privatisation partielle de la FDJ (…) avec l’entrée au capital d’un opérateur de contenus ou d’une autre loterie européenne »(11)
Alors que s’est déroulé à Paris en 2015 un colloque organisé par l’ARJEL, deux députés (Régis Juanico et Jacques Myard) ont été nommés rapporteur d'une Mission d'évaluation de la régulation des jeux d'argent, dans le cadre du Comité d'Évaluation et de Contrôle des politiques publiques (CEC) de l'Assemblée nationale. Certes, certains n’ont pas manqué de critiquer cette Mission, tant il est vrai qu’elle n’est plus représentative de l’échiquier politique et qu’elle ne l’a jamais été, outre qu’ elle comporte des mesures très liberticides qui méritent débat, comme celle de vouloir identifier les millions de joueurs de la FDJ et du PMU. Néanmoins elle nous apparaît importante car elle concerne aussi bien les réseaux ludiques physiques que les opérateurs de jeux et surtout elle a été épaulée par un rapport complet et chiffré du secteur réalisé par la Cour des Comptes. Un rapport remarqué des sages de la rue Cambon qui bouscule pas mal les choses.
Souhaitons que l’Etat et les opérateurs de jeu profitent de la publication de ces travaux et de la nouvelle donne politique issue des dernières élections présidentielles pour lancer des Etats Généraux du gambling et du e gambling afin que la Politique Des Jeux de la France ne soit plus prise en otage par certains fonctionnaires de Bercy ou du Ministère de la santé, par la doxa du jeu pathologie maladie, différentes associations anti jeu et même par certains opérateurs en situation de monopole ou non et qui veulent surtout que rien ne change.
Il est grand temps également que l’Etat, mais aussi les opérateurs de jeu revoient leur copie en matière de politique de « Recherches » sur les jeux, y compris en ce qui l’Observatoire des jeux (composition, indépendance, missions, scientificité, financement..) et en matière de jeu responsable
Il est grand temps que la société civile ( et notamment les joueurs, les grands oubliés de la politique des jeux depuis) soient majoritairement décideurs de cette politique…car ce sont eux qui financent la totalité des trois filières
Il est grand temps au final que l’Etat et la représentation nationale revoient leur copie en matière de politique des jeux et de développement de cette activité économique, au lieu de mettre systématiquement en avant une politique de jeu responsable en réalité irresponsable au niveau économique et fiscal, qui exacerbe le principe de précaution et déresponsabilise les joueurs.
Les ambitions du nouveau Président élu, sa méthode, son pragmatisme… nous invitent à penser que ce temps est venu.


© jpg martignoni-hutin, sociologue, université Lumière, lyon II, centre max weber(cmw) équipe TIPO, Lyon, France, septembre2017
a écrit le 14/01/2017 à 12:35 :
Jeux d’argent & élections présidentielles

LES JEUX D’ARGENT S’INVITENT A L’ELECTION PRESIDENTIELLE :

Questions au futur Président de la République sur les Jeux de Hasard et d’Argent et la Politique Des Jeux de la France

Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN Jr
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• Sociologue (Université Lumière, Lyon 2)
• Chercheur associé au Centre Max Weber(CMW) équipe TIPO (Université Lumière, Lyon 2)
• Membre suppléant de la Commission National des Sanctions (CNS Paris Bercy) depuis 2010

➢ Autorité de régulation = Salarié à l’ARJEL (Autorité de Régulation des Jeux en Ligne, 99-101 rue Leblanc 75015 Paris) comme Sociologue, chargé d’étude de 2011 à 2015.
➢ Observatoire Des jeux : Président fondateur de l’Observatoire des jeux (ODJ) fondé avec Marc Valleur ( Directeur du centre Marmottan) et Christian Bucher ( psychiatre)

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Dans un barnum à l’américaine, les débats télévisés pour les primaires de la droite se sont déroulés fin 2016, ceux de la gauche suivront prochainement. Pas certain que les Français apprécient ces grandes messes « politiciennes », qui multiplient les candidatures narcissiques et les « postures », brouillent les cartes idéologiques, occupent le terrain médiatique sans répondre à «la légitime colère des citoyens», qui semblent majoritairement aspirer à « un populisme républicain et nationaliste fort mais aimable », qui n’arrivera pas au pouvoir, sauf en cas de tsunami populaire au premier tour, conséquent de la colère précitée et d’une une « accélération de l’Histoire », post attentats islamo fascistes. Néanmoins c’est l’occasion pour nous comme en 2012 (1), d’interroger le futur Président de la République, sur les Jeux de Hasard et d’Argent (JHA) et la Politique Des Jeux de notre pays.

Economie des jeux : 45 milliards d’euros misés par les joueurs !

Sans être « stratégique », l’économie des jeux est un secteur « sensible » qui pèse un poids certain, aussi bien au niveau national (45 milliards misés par les joueurs, un Produit Brut des Jeux -PBJ- de 9,64 milliards, des recettes publiques de 5,5 milliards) que sur le marché international du gambling. Le PBJ mondial de l’économie des jeux - 6° industrie de loisirs – s’est monté à 403 milliards d’euros en 2015. Il a doublé en dix ans (2).
Même si - à notre connaissance – nous n’avons jamais entendu le « Premier Magistrat de France » parler du Loto, du Millionnaire, du Kéno ou des machines à sous …
- des pratiques ludiques « populaires » souvent jugées prosaïques et vulgaires, par certaines élites ethnocentrées
- un loisir souvent considéré comme une pathologie, par certains d’addictologues opportunistes, qui ont trouvé dans le « business du jeu compulsif » un relais de croissance
- une « passion ordinaire », souvent cataloguée comme un vice, une déviance, un péché … par les moralistes, les rigoristes, les idéologues, les opportunistes, qui agissent en groupe de pression dans le secteur associatif, familial ou religieux

nous pensons qu’il n’est pas illégitime d’interroger « le prochain locataire de l’Elysée » sur les JHA. Car sociologiquement le gambling (et désormais le e. gambling depuis la loi de 2010 et la création de l’ARJEL) représente un « Fait Social et Culturel » important. De part l’importance du nombre de joueurs tout d’abord. Même si personne ne connaît pas ce chiffre avec exactitude, on peut considérer que 30 à 40 millions de personnes jouent plus ou moins régulièrement. De par la « sociologie » de cette population ensuite. Toutes les catégories sociales, les classes d’âge, les régions… sont concernées.
Les jeux d’argent ont également une grande visibilité sociale. Tout le monde les connaît, leur promotion publicitaire est permanente, les « tirages » et retransmissions télévisées également. Les réseaux de la FDJ et du PMU sont denses, les hippodromes nombreux. La France a également une offre attractive dans le domaine des machines à sous et des jeux traditionnels de casino (roulette, blackjack…).
Sans parler de « Société Ludique » totale, comme le pensait l’économiste Alain Cotta dès les années 80, cette omniprésence des jeux entraine « une socialisation ludique spécifique aux jeux d’argent » qui concerne tous les sujets sociaux dès leur plus jeune âge. Et au final, les jeux de hasard et les espaces qui leur sont consacrés, sont profondément ancrés - que cela plaise ou non - dans la vie des Français et « la culture française », comme le pensait Winston Churchill à propos des casinos, si l’on en croit Boris Johnson - l’ancien maire de Londres à la mèche rebelle - qui a consacré un livre au grand homme et ou il dit la chose suivante : « Même pour un patriote aussi farouche que Churchill, il n’y avait aucune honte à reconnaître la supériorité de la qualité de vie française : le vin, la cuisine, les fromages, la beauté des châteaux, les casinos… »(3)
Pour toutes ces raisons, nous poserons un certain nombre de questions aux candidats à « l’élection suprême », en faisant le pari qu’ils nous répondent, persuadés qu’ils savent que le « premier Parti de France » finalement ce sont ces millions de joueurs… qui représente autant d’électeurs.

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12 questions au futur Président de la République sur les Jeux d’argent et la Politique Des Jeux de la France


1. Monsieur le Président de la République, globalement, comptez-vous « développer le secteur des jeux d’argent » - facteur d’emplois, d’activités et de recettes pour l’Etat, les communes, le sport, la culture…- et qui donne parfois du bonheur aux Français ou, comme le gouvernement précèdent, pensez-vous mettre l’accent sur le jeu pathologie maladie, cette « addiction sans substance », concept fourre-tout contesté qui fait débat dans la communauté scientifique internationale car porteur « d’une pathologisation abusive de l’ensemble des comportements et « passions » humaines » ?

2. Monsieur le Président, les jeux de hasard représentent un « formidable impôt volontaire » ou seuls ceux qui jouent cotisent. A l’heure ou les français subissent - au niveau national et local - un matraquage fiscal, pensez vous, comme le suggèrent certains observateurs(4) qu’il faut développer cet « impôt démocratique » en lançant de nouvelles loteries fortement dotées, comme le font les américains avec le power-ball à 1 milliard de $(5) et comme le perpétuent les Espagnols depuis 1812 avec la Loteria de Navida? En relançant l’impôt ludique l’Etat ne ferait en effet que renouer avec l’Histoire. Les loteries importées d’Italie par Casanova, ont fait rentrer de l’argent dans les caisses publiques. Les révolutionnaires de 1789 avaient eux-aussi compris l’intérêt de cet « impôt citoyen », en transformant la Loterie Royale en Loterie Nationale. La manne ludique a également aidé les Gueules Cassées de la Grande Guerre, et en 1933 les parlementaires ont réintroduit la Loterie pour lutter contre les calamités agricoles. Dans toutes ces époques, le jeu n’était pas synonyme de «maladie», de « drogue » mais de « solidarité ». Comme l’a précisé le Professeur Tremblay de l’Université du Québec à Montréal, « l’exploitation par les Etats des jeux de hasard est un phénomène universel dont la finalité originelle est humanitaire et vise le développement du bien commun. Les jeux d’argent exploités par les Etats sont de véritables taxes volontaires, voire enthousiastes. » (6 )

3. Le gouvernement « socialiste » a eu la curieuse idée de nommer comme responsable des études de l’Observatoire « Des Jeux » (ODJ) l’ancien directeur « limogé »(7) de l’Observatoire « des drogues ». Ce qui revient à assimiler les joueurs à des « drogués » et les opérateurs de jeux à des « dealers ». Ne pensez-vous pas Monsieur le Président, que les « passions ludiques » de nos concitoyens et l’activité des professionnels qui travaillent dans ce secteur, méritent un autre traitement et qu’il est nécessaire de rebattre les cartes en matière de recherches sur les jeux d’argent afin que l’ODJ devienne un observatoire pluridisciplinaire neutre, qui rende compte scientifiquement des jeux de hasard et d’argent, comme l’avait imaginé ses fondateurs ? (8)


4. Monsieur le Président, la Maire socialiste de Paris Anne Hidalgo a repoussé il y a quelques mois avec mépris - pour des raisons idéologiques - la proposition d’implanter un casino international dans notre capitale (9), projet pourtant préconisé par le Préfet Jean-Pierre Duport dans son rapport et soutenue par une partie de la profession. Pensez-vous Monsieur le Président, quand vous entrerez en fonction, rouvrir ce dossier, afin que Paris se dote enfin - comme la quasi totalité des métropoles européennes - d’un casino prestigieux de première classe ? Toujours pour Paris, l’Assemblée Nationale vient d’autoriser pour trois ans des « clubs » de jeu, pour tenter d’assainir la situation des « cercles » parisiens et apporter de la transparence. Soutenez-vous cette expérimentation qui répond à une demande ludique locale spécifique certaine, tout en réduisant les jeux clandestins ; ou pensez-vous, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, que c’est un « projet funeste, contraire aux intérêts des Parisiens » ? (Même si NKM reconnaît contradictoirement par ailleurs « que le retour des jeux d’argent à Paris et leur taxation aideront à combler un trou béant dans les finances de la ville. » ? (10) )

5. La France possède un précieux et important patrimoine casinotier avec plus de 200 établissements, qui représentent 38% des 529 casinos européens. Ce secteur est en difficulté structurelle (-22% de 2007 à 2014) La modeste embellie de 2015 (+2,74% ) ne doit donc pas faire illusion. Certaines exploitations sont en déficit chronique, comme le casino de Lille, qui devrait portant être soutenu par Martine Aubry car il rapporte chaque année 10 millions à sa ville. Surfiscalisée, surréglementée, surveillée, l’économie casino a besoin d’oxygène et de liberté. Pensez- vous , comme le souligne certains observateurs (11), que la France possède « un patrimoine casinotier exceptionnel » qui pourrait être mieux « valorisé » et quelles mesures prendrez-vous pour dynamiser l’économie casinotière ( jeu, hôtellerie & restauration souvent haut de gamme, thermalisme, spectacles, manifestations culturels…) entravée depuis des lustres par une réglementation tatillonne et une fiscalité moyenâgeuse, sachant par ailleurs que cette économie participe au tourisme français pour lequel l’année 2017 sera « cruciale »( 12)


6. Toujours dans ce secteur Monsieur le Président, les machines à sous autorisées par Charles Pasqua en 1986 (89,2% des recettes des casinos en 2014) ont permis « l’ouverture sociologique et démocratique des casinos » ce qui a sauvé de nombreuses exploitations. Mais sous la pression d’ associations anti jeu, de la doxa du jeu pathologie, de l’administration, un contrôle aux entrées (CAE) a été rapidement introduit. Ne pensez-vous qu’il faut supprimer ce contrôle aux entrées dans les casinos, responsable pour partie de la décroissance des exploitations ? La police des jeux et les casinotiers ayant largement les moyens de surveiller et de contrôler discrètement la clientèle indélicate ou « interdite de jeux », qui est très minoritaire (35 000 personnes interdites de jeu, par rapport aux 32 millions d’entrées réalisées en 2015 dans les casinos ! ) Par ailleurs, s’il est plus que jamais nécessaire de surveiller et d’identifier les gros flux financiers dans le cadre de la lutte anti blanchiment et du financement du terrorisme (LAB/FT) - et nous sommes bien placés pour le savoir (13) - TRACFIN, en collaboration avec la profession casinotière, a largement les moyens de le faire sans ce CAE généralisé qui en 2015 a concerné 32 millions de personnes !

7. Grace à Christophe Blanchard Dignac, longtemps à la tête de la Française des jeux ( FDJ) et désormais grace à Stéphane Pallez, l’opérateur des loteries – en situation de « monopole » pour les jeux « sous droits exclusifs », surperforme depuis plusieurs années, dépassant largement la barre des 10 milliards. C’est une bonne chose pour les finances publiques. Mais dans le même temps, la FDJ met en avant de manière totalement contradictoire une « soi disante » politique de lutte contre l’addiction qui ne trompe personne. Ne pensez-vous pas que cette hypocrisie a assez duré et qu’il faut que la FDJ, et l’Etat son principal actionnaire, assume pleinement le fait de vendre des jeux d’argent ? Dans le cas contraire n’est il pas venu le moment d’étudier la possibilité pour l’Etat de privatiser la FDJ, ouvrant de fait les loteries et autres jeux de grattage à la concurrence ? Quelle est votre position sur cette question sensible? Voulez-vous privatiser la FDJ ou au contraire conserver et développer ce précieux « bijou de famille » de la République des jeux qui rapporte de l’argent à Bercy et donc profite à la collectivité. Pensez-vous, avant d’effectuer votre choix politique, consulter les millions de joueurs qui ont peut être leur mot à dire dans cette affaire ?

8. La filière hippique – chère au cœur des 6,5 millions de turfistes – est un secteur économique important, qui irrigue « les territoires » avec ses hippodromes, ses cafés PMU, ses métiers du « secteur cheval »… Elle fait également rayonner la France à l’international avec ses Grands Prix, ses ventes de yearling, ses courses, l’activité du PMU dans le monde… Monsieur le Président, quelles mesures comptez-vous prendre pour soutenir les paris hippiques et la filière cheval, qui occupe 180 OOO personnes dont 30 000 travaillent dans le secteur des courses (2700 entraineurs qui emploient 3950 salariés ; 15 OOO personnes qui travaillent dans l’élevage, 3900 salariés dans l’institution des courses, 2600 dans les points de vente de paris hippiques) ?


9. Monsieur le Président avec la loi du 12 mai 2010 la France – sous la pression de Bruxelles - a tardivement légalisé le ludique digital en « ouvrant à la concurrence » certains jeux de hasard sur internet (poker, paris hippiques et sportifs). Mais face à des contraintes technico-règlementaires drastiques et une fiscalité confiscatoire, la moitié des opérateurs agrées ont cessé leur activité (35 en 2010, 16 en 2015 ) Sans forcément mettre « Charles Coppolani au chômage » en « supprimant le régulateur l’ARJEL » comme l’ont proposé récemment certains parlementaires iconoclastes (14), n’est il pas tant de lâcher un peu la bride aux opérateurs virtuels pour que ce secteur de « l’économie numérique » puisse enfin prendre son essor. Cette liberté permettra aussi de juguler : l’évasion ludique des gros joueurs ( notamment en matière de poker), les pratiques de jeu clandestines sur des sites non autorisés?

10. Monsieur le Président, plus largement, les Jeux d’argent font partie - avec l’alcool et le tabac - de ce que l’on nomme vulgairement (à tort ou à raison) « l’industrie du vice ». Le gouvernement précèdent à multiplier les mesures liberticides et fiscales contre ces industries, encore dernièrement avec le « paquet neutre » (15) et le slogan « fumer tue ». Mesures morbides extrêmes qui salissent la profession des buralistes, boostent « un marché clandestin scandaleux » (16), stigmatisent les treize millions de fumeurs. Mais parallèlement, de manière totalement illisible et dangereuse, ce même gouvernement ouvre de tristes salles de shoot et promeut pour la énième fois - par le truchement d’un think tank proche du pouvoir socialiste(17) - , la légalisation du cannabis. Fuite en avant hélas reprise récemment par certains observateurs irresponsables (18). Monsieur le Président, ne pensez vous pas – sauf à imaginer un principe de précaution généralisé absurde (19) - que là aussi il faut « revenir en arrière », en appliquant un principe de précaution responsable… mais raisonnable, comme en matière d’alcool avec le slogan : « à consommer avec modération »

11. Monsieur le Président, certains observateurs (20) ont lancé l’idée en 2012 d’une « loterie mondiale caritative » ( confer annexe 2 ) - terrestre et digitale - qui rapportera plus qu’une taxe Tobin sur les transactions financières, ou qu’une flat taxe sur les billets d’avion. Ne pensez vous pas que la France, dont la voix est écoutée dans le monde, pourrait se faire le porte parole – auprès des organismes internationaux et des grands philanthropes et milliardaires de la planète - de cette proposition novatrice, susceptible par l’ampleur du « fond souverain ludique constitué qui grossirait à chaque tirage - d’éradiquer la pauvreté, la misère et le sous développement à l’échelle mondiale ?


12. Monsieur le Président, pour la petite histoire, une dernière question moins sérieuse et moins grave que la précédente. Les hommes politiques parlent rarement des jeux de hasard. A titre personnel, avez-vous déjà joué a des jeux d’argent, passé une soirée dans un casino, assisté à une course hippique, franchi la porte d’un bar PMU… ou n’avez vous jamais joué de votre vie ?

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Monsieur le (futur) Président de la République Française vous l’aurez remarqué, à travers ces 12 questions sur la question du jeu, dont Roger Caillois pensait « qu’il donne à voir sur notre société », j’ai un peu dépassé la neutralité du sociologue tombant dans la « tentation de l’oracle » qui passe du constatatif au normatif et je m’en excuse. Mais c’est sans doute parce que je pense, comme le disait Clémenceau « qu’il faut savoir ce qu’on veut et quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire » . C’est aussi parce que j’ai la conviction, dans ce domaine comme dans d’autres, que la France a besoin de changements ( basés sur la liberté, la responsabilité, l’autorité) et que seule, « la puissance publique issue du peuple » que vous représenterez, pourra légitimement l’incarner.

Certes la Cour des Comptes (suite à la Mission menée par les députés Régis Juanico et Jacques Myard) vient de publier un rapport ( précis, intelligent, novateur) sur l’économie des jeux (21) et le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques (CEC) produira en février 2017 un rapport sur la « La régulation des jeux d’argent et de hasard en France «.
La Cour propose 9 Recommandations et notamment de créer un comité interministériel responsable de la Politique des Jeux et une nouvelle autorité administrative indépendante (ARJAH) qui regrouperait : l'ARJEL, la commission des jeux sous droits exclusifs, la commission consultative des jeux de cercles et de casinos et l'observatoire des jeux.
Mais ce rapport comporte aussi de multiples questions qui méritent débats ( identification de tous les joueurs, taux de redistribution, composition et indépendance de l’observatoire des jeux etc… ).(22) Il souligne par ailleurs des interrogations politico-économiques fondamentales. La « régulation » des jeux d’argent doit t elle être uniquement une régulation administrative, règlementaire, policière, fiscale ou doit-être également une « régulation économique » ? L’Etat peut-il mener à bien la refondation de la Politique des jeux de la France souhaitée par la Cour des comptes, s’il reste en Etat Croupier ?

Au final, ce sera donc bien à vous Monsieur le Président et à votre majorité :
- de répondre à ces questions (et non : aux corps intermédiaires, administrations et multiples commissions concernées)
- de donner » les grandes orientations de la Politique Des Jeux de la France » (« liberté, responsabilité partagée, développement du secteur, emplois, prise en compte du désidérata des joueurs, les grands oubliés de la politique des jeux qui finissent pourtant toute la filière ! ») qui - de notre point de vue - doivent rompre avec les multiples orientations liberticides du gouvernement précèdent, notamment celles imposées en matière de santé publique par la doxa du jeu pathologie maladie, en conflits d’intérêts dans cette affaire.



« Il faut passer d’un stratégie d’influence à une stratégie d’opinion : ne pas se contenter de chercher à convaincre les décideurs mais parler à l’ensemble de la population* » Antoine Frérot** ( janvier 2017)


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© Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN Jr, (Sociologue, Chercheur associé au Centre Max Weber, Université Lumière (Lyon II), Lyon, France, janvier 2017.

Jean-pierre.martignoni@univ-lyon2.fr

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*extrait du portait d’Antoine Frérot réalisé par Benoit Georges dans les Echos du 11 janvier 2017 page 33
** Antoine Frérot est le PDG de Véolia et le tout nouveau Président de l’Institut de l’entreprise ou il succède à Xavier Huillard. « Antoine Frèrot est aussi un passionné des sciences humaines et sociales, il préside depuis 2014 l’association nationale des valorisations interdisciplinaire de la recherche en sciences humaines et sociales ( ANVIE) » (Benoit Georges , Les Echos ibidem) et au dela de la pertinence de la citation c’est aussi pour cela que nous le citons.

Notes =

1. Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN Jr : « Les jeux d’argent s’invitent à l’élection Présidentielles « (jeuenligne.ca, 17 avril 2012) ( article publié en annexe 1)
2. Trois branches principales (90% des mises) structurent le marché mondial du gambling : les casinos ( 37%), les loteries (29%), les Vidéos Lottery Terminal (21%) dites VLT. Le reste se compose par des paris hippiques et sportifs( 12%) et du poker en ligne
3. Boris Johnson : « Winston : comment un seul homme a fait l’histoire. » (2014, Stock 2015,459 p.)
4. Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN Jr = « L’impôt ludique un impôt démocratique : Les jeux de hasard & d’argent : un impôt démocratique dont l’Etat Croupier ne devrait pas avoir honte » » (14 pages, 60 notes, juin 2016 )
5. Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN Jr = « Le Powerball : un phénomène social qui devrait donner à penser aux politiques » ( 9 pages, 27 notes, mars 2016)
6. Professeur Tremblay (Université du Québec, Montréal) = « Finances publiques, jeux de hasard, enseignement de l’histoire et considérations financières » ( Ethique Publique n° 2, 2003)
7. Comme quoi la République n’est pas rancunière avec ses ouailles, du moment qu’ils savent bien interpréter la superbe chanson de Jacques Dutronc : l’opportuniste
8. L’observatoire des jeux a été fondé par Jean-Pierre Martigno (sociologue) Christian Bucher ( psychiatre), Marc Valleur (psychiatre, directeur de Marmottan), M. Vincent Beaustar (avocat). Confer : 1/ JP Martignoni = " Prolifération des jeux d'argent, misère de la recherche " (Les Echos : le quotidien de l’économie du 25 Juin 2001, p.60) ; 2/ JP Martignoni, M. Valleur, M. Vincent, C. Bucher, « Pour un observatoire des jeux en France“ (les Dernières Nouvelles d’Alsace n°264, 11,12 novembre 2003) ; 3/ JP Martignoni, C. Bucher, M. Valleur, M. Vincent Beaustar = » La nécessité d’une réelle politique des jeux “ (Les Echos, 26,27 décembre 2003, p.10, “Idées”)
9. Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN Jr = « Paris, Macao, la Tour Eiffel ..et Anne Hidalgo « : alors que Paris a rejeté le projet d’un casino parisien, Macao inaugure un gigantesque resort - The Parisian - qui exploite les symboles de notre capitale » » (7 pages, 17 notes, octobre 2016)
10. Propos cités par pokerlistings du 19/I2/2016 dans l’article : « Des clubs de jeux expérimentaux bientôt à Paris »
11. Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN Jr = « La France, le pays des casinos : LA FRANCE POSSEDE UN PATRIMOINE CASINOTIER EXCEPTIONNEL…. QUI POURRAIT ETRE DAVANTAGE VALORISE » (19 pages, 43 notes, 7 annexes, décembre 2016) )
12. « 2017, année cruciale pour la relance du tourisme français » (C. Palierse, Les Echos, 11 janvier 2017, p.9)
13. Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN est – depuis 2010 - membre suppléant de la Commission National des Sanctions (CNS Paris Bercy, Président Françis Lamy, conseiller d’Etat)
14. « L’autorité de régulation des jeux en ligne menacée de disparition » ( Les Echos 6/I2/2016)
15. Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN Jr = « Tabac : le paquet neutre…et après ? » ( 2 pages, octobre 2016) ( publié dans le quotidien économique Les Echos, 25 octobre 2016)
16. Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN Jr = « Avec le paquet neutre nous entrons dans une néo prohibition qui va profiter aux mafias » (La revue des tabacs n°647 décembre 2016, page20)
17. Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN Jr = « ARJEL, JEU & CANNABIS : l’imposture intellectuelle de Terra Nova » (5 pages, 21 notes, octobre 2016)
18. Gaspard Koenig : « Pour une légalisation raisonnable du cannabis » ( Les Echos , 11 janvier 2017) Cette tribune mensongère, naïve, irresponsable ayant été publiée dans le page Idées/débats, il faut espérer qu’elle n’engage que « l’opinion » de son auteur et pas un journal aussi sérieux que Les Echos.
19. Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN Jr = « TABAC…JEU…WHAT ELSE ? ET L’ADDICTION AUX FRAISES TAGADA MESSIEURS LES ADDICTOLOGUES ?: : après les paquets neutres, pourquoi pas les jeux de grattage neutres, les bonbons neutres… ? Allez au bout de votre logique messieurs les addictologues ! » (12 pages, 41 notes, 3 annexes, novembre 2016)
20. Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN Jr « TOBIN OR NOT TOBIN ? : GAMBLING ! = POUR UNE LOTERIE MONDIALE CARITATIVE À 1 MILLIARD D’EUROS ( 1,3 millions de $) » = (publié sur jeuenligne.ca, 7 mars 2012) article publié en annexe 2
21. La régulation des jeux d’argent et de hasard « (« Enquête demandée par le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale ») (octobre 2016, 188 pages, 10 annexes Cour des comptes - www.ccomptes.fr - @Courdescomptes)
22. Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN Jr « Mission Myard/Juanico (I) : Cour Des Comptes & Politique Des Jeux : un premier aperçu du rapport sur les jeux de hasard & d’argent des Sages de la rue Campon» » (8 pages, 6 notes, 4 annexes ,novembre 2016 , publié sur lescasinos.org du 4/11/2016)
a écrit le 24/11/2016 à 15:24 :
ARJEL, JEU & CANNABIS : l’imposture intellectuelle de Terra Nova

Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN*



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Certains addictologues et certains lobbies, qui bataillent depuis des lustres pour dépénaliser les drogues - notamment la marijuana - ne manquent pas d’air. Ils viennent de lancer l’idée saugrenue de « légaliser le cannabis de la même façon que les jeux d’argent en ligne » (1) en créant une autorité de régulation. Terra Nova, un think-tank proche du Parti socialiste a publié une contribution très engagée, que nous éviterons de qualifier d’étude « scientifique » par précaution épistémologique: « Contrôler le marché légalisé du cannabis en France : L’EXEMPLE FONDATEUR DE L’ARJEL « (2) On ne voit pas très bien le rapport entre l’Autorité des Jeux en Ligne - qui régule le poker, les paris hippiques et sportifs - et le cannabis. L’ARJEL - présidée par Jean François Vilotte (2010-2014) et ensuite par Charles Coppolani - apparaît ici sciemment instrumentalisée. Sortir une énième étude sur les « vertus » du chanvre et « l’urgence » à le dépénaliser, cela n’aurait pas fait trois lignes dans les journaux. Associer cette propagande à l’institution de la rue Leblanc ( siège de l’ARJEL à Paris dans le 15°) cela fait tout de suite plus sérieux, d’autant que l’autorité de régulation vient de publier son rapport d’activité 2015-2016 (3).
L’imposture intellectuelle apparaît grossière. Pas certain cependant que l’ARJEL, son Président, ses personnels, apprécient cette instrumentalisation; pas sur que les joueurs acceptent que leur activité ludique digitale - et l’instance chargée de réguler le e.gambling - soit associée au haschich. Souhaitons que les opérateurs de jeux en ligne montent au créneau pour dénoncer cette instrumentalisation de leur autorité de tutelle. Souhaitons également que les opérateurs de jeux en dur se mobilisent par solidarité et pour signaler que « l’économie des jeux de hasard et d’argent » n’a rien à voir avec le cannabis.
Ca fait bien d’être pour la dépénalisation du cannabis
Effet dépêche AFP oblige, la plupart des journaux se contentent de reprendre pro domo les arguments de ce groupe de pression - qui se qualifie lui même de « progressiste « (4) - sans émettre la moindre critique, bien au contraire. « Et si c’était la bonne idée » s’interroge Eric Favereau dans Libération dans un article ou le titre comporte un jeu de mots à la Libé d’une banalité affligeante (5) Et si c’était « un nouveau débouché à l’agriculture française ? » questionne L’Express (6), tentant de nous faire croire que pour les agriculteurs français « le bonheur serait dans l’Herbe » comme « l’amour est dans le pré »
Dans ce domaine comme dans d’autres, le consensus totalitaire du politiquement correct contemporain a envahi depuis longtemps une bonne partie des organes de presse. Terra Nova jouent sur la lâcheté et la bobo-attitude des médias parisiens. Ca fait bien d’être pour la dépénalisation du cannabis, pour les salles de shoot… La pensée critique peu ou prou disparaît malgré le travail de « résistance » effectué par certains journalistes et certains intellectuels, par exemple Régis Debray sur France Culture

Jean Marie Leguen
Heureusement dans cette affaire, tous les médias ne cèdent pas au laxisme et à la démagogie ambiante. Plusieurs magazines réputés pour leur sérieux – par exemple le Point - soulignent « le parallèle audacieux de Terra Nova : cannabis et jeux en ligne » (7) En ce qui nous concerne, nous qualifierons ce parallèle de fallacieux, voire de tendancieux, c’est à dire qu’il utilise une argumentation qui n'est pas objective et manifeste insidieusement une tendance idéologique, un parti pris. Que le Parti socialiste (avec Jean Marie Leguen monté au créneau sur BFMTV en avril 2016 pour plaider la légalisation de cette drogue) veuille faire du cannabis « un enjeu de 2017 » (8) pour racoler les jeunes électeurs et amadouer les écologistes, c’est sont affaire. Mais qu’il laisse les jeux d’argent, l’ARJEL et les joueurs tranquilles.
Cette étude en réalité, ressemble à une très contestable « pétition de principe » - en latin scolastique petitio principii - qui nomme un raisonnement fallacieux dans lequel on suppose dans les prémisses la proposition qu'on doit prouver. Dès lors, la conclusion de la pétition de principe se confond avec tout ou partie des prémisses. Cette « pétition » est signée Jean Michel Costes, C. Ben Lakhdar (économiste, cnrs Lille) aidés par S. Karsenty (cnrs, Nantes) Mon Dieu CNRS, que n’écrit-on pas en ton nom.
Jean Michel Costes
Démographe (donc spécialiste des drogues !) JM Costes n’est pas totalement inconnu. Ancien responsable de l’Observatoire Français des drogues et toxicomanies (OFDT) il a été licencié en 2011. Il se permettait d’émettre des tribunes en faveur des salles de shoot contre l’avis de son directeur Etienne Apaire, responsable de la MILDT (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie) devenue en 2014 la MILDECA (Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues Et les Conduites Addictives). Mais la République n’est pas toujours rancunière avec ceux qui violent les règles éthiques et déontologiques… quand ils possèdent peut être par ailleurs des appuis politiques. JM Costes a été nommé responsable des études à l’Observatoire des jeux (ODJ) dont le Président était jusqu’à une date récente… Charles Coppolani, l’actuel président de l’ARJEL. Le monde est petit mais les ambitions sont grandes. JM Costes mène depuis quelques mois à l’ARJEL un sondage sur l’addiction aux jeux en ligne.
L’Académie Nationale de Médecine et l’Académie Nationale de la Pharmacie contre la dépénalisation du cannabis

Ces partisans obsessionnels de la dépénalisation du « H » et des opiacés soutiennent contre toute attente, dans une logique qui défie la raison, que c’est en favorisant la commercialisation du cannabis qu’on en diminuera sa consommation, tout en éradiquant la délinquance et autres règlements de compte liés au commerce de la came… pas seulement à Marseille.
Remarquons au passage que ces spécialistes ne proposent pas les mêmes solutions selon les produits. Pour les drogues (douce et dures) il faut dépénaliser, libéraliser et même distribuer gratuitement - au frais du contribuable (9) - subutex (10), méthadone (11), devenus l’objet d’un important et scandaleux trafic. Pour les autres addictions (alcool, tabac et jeux d’argent désormais) il faut limiter, interdire, fiscaliser, restreindre toujours plus. Ces « scientifiques », citoyens adultes responsables, qui veulent faciliter l’achat du cannabis chez les jeunes, ne disent pas un mot des recommandations des autorités médicales et notamment celles de l’Académie Nationale de Médecine (12) fortement opposée à cette dépénalisation du shit, comme l’est également l’Académie Nationale de la Pharmacie (13). Ces organismes observent « que dans les pays ayant légalisé l’usage du cannabis, le constat est le suivant
 banalisation du produit et augmentation du nombre de nouveaux usagers (aux États-Unis, la comparaison inter-états indique que la prévalence d’usage est plus importante dans les états ayant légalisé que dans les autres) ;
 augmentation du nombre de personnes dépendantes ;
 accès plus facile à des variétés nouvelles et plus concentrées en principe actif (THC) ;
 augmentation du risque de passage à d’autres drogues dures ;
 explosion de l’auto culture
 augmentation du nombre d’hospitalisations pour intoxications aiguës et chroniques ;
 augmentation du nombre de cas d’ingestion accidentelle de cannabis par des enfants ;
 augmentation du nombre d’accidents de la route liés au cannabis. « (14)
Cette France là, nous n’en voulons pas.

Mais ne soyons pas dupe, ces apprentis sorciers qui veulent au forceps faciliter la propagation du chichon, ne sont pas de doux rêveurs. Ils savent tout cela. S’ils jouent aux pompiers pyromanes c’est dans une stratégie à double impact. Ils défendent des intérêts professionnels, personnels, idéologiques et financiers et se moquent bien en réalité de santé publique, contrairement à ce qu’ils affirment. Nous reviendrons dans de prochaines contributions sur toutes ces questions qui concernent en réalité la Politique : Politique Des Jeux, Politique de lutte contre les drogues. Si, par la volonté du Peuple, la débâcle socialiste se confirme lors des prochaines échéances électorales, il faudra revoir sérieusement ces politiques, comme le souhaite certainement une grande majorité de Français.
Certes en tant que sociologue spécialisé sur les jeux de hasard et d’argent (JHA) certains pourront considérer que les drogues, le H, le pétard et autre shit, « cela ne nous regarde pas ». Mais nous sommes aussi citoyen.
Cette France ou « un adolescent sur deux fume du cannabis (cela signifie que 15% d’entre-eux vont devenir accro » (15) d’après le chercheur Pier Vincenzo Piazza) (16)
Cette France ou l’on a inauguré officiellement le 11 octobre 2016, la première de shoot dans le quartier de la gare du Nord à Paris (17)
Cette France là, nous n’en voulons pas.
Nous avons d’autres ambitions, d’autres desseins pour notre « douce France »

Jean-Pierre MARTIGNONI.

Trois ajouts en forme de post scriptum :
1/ L’addiction (notamment au cannabis) on peut « en sortir » comme l’explique Marc Valleur (avec qui nous avons fondé l’Observatoire des jeux il y a bien longtemps !!) dans un chat publié récemment dans Psychologies.com (18).
2/ La consommation de drogue et de cannabis chez les jeunes n’est pas une fatalité comme l’indique les résultats de l’enquête internationale ESPAD 2015 ( 19 ) Si l’usage du cannabis concernerait ( le conditionnel est de rigueur car on peut en épistémologue s’interroger sur la qualité scientifique d’une étude quanti sur la drogue à partir d’un questionnaire auto administré en direction de jeunes populations sur un sujet sensible, transgressif et certainement encore tabou) 44% des lycéens consommeraient du cannabis en 2015, contre 49% en 2011. Mais ce taux tombe à 17% à 16 ans. Curieux. Le cannabis comme rite de passage éphémère et non comme addiction, on peut s’interroger
3/ Sur la politique de la méthadone et du subutex, la dépénalisation des drogues et du cannabis lire le texte de Christian Bucher, (psychiatre, avec qui nous avons fondé l’observatoire des jeux il y a bien longtemps !!) « Politique de la méthadone ? (20) où il dit notamment :
a/ : s’agissant du social, faire l’impasse sur le détournement de méthadone, voire le trafic, à partir de prescriptions médicales en les tenant pour négligeables dans le cadre de la politique dite « de réduction des risques » nous semble déjà… risqué… pour les patients en premier lieu.
b/ citant Alexandre Adler (21): « une dépénalisation serait « vécue par des âmes faibles comme un encouragement à aller sans cesse plus loin ».


© jean-pierre martignoni-hutin, lyon, France, octobre 2016

Notes
1. « Terra Nova propose de légaliser le cannabis de la même façon que les jeux d’argent en ligne »Bérénice Rebufa. konbini.com (4/IO/2016)
2. « Contrôler le marché légalisé du cannabis en France : L’EXEMPLE FONDATEUR DE L’ARJEL (Terra Nova, 4 octobre 2016, 24 pages)
3. ARJEL, rapport d’activité 2015-2016, 53 pages (22 septembre 2016)
4. « Terra Nova la fondation progressiste » lit-on sur son site internet
5. Eric Favereau « Cannabis : l’ébauche d’un plant : Un rapport publié ce mardi par le think tank Terra Nova propose la création d’une autorité de régulation, comme cela s’est fait avec les jeux en ligne, et préconise une dépénalisation. »(Libération 4 octobre 2016)
6. La légalisation du cannabis, "un nouveau débouché à l'agriculture française"? (L’express, 4/IO/2016)
7. Cannabis et jeux en ligne : le parallèle audacieux de Terra Nova (Le Point, 4/IO/2016)
8. « Le PS veut faire du cannabis un enjeu de 2017 » (Anne Rovan, 12/4/2016, La Figaro)
9. La lutte contre la toxicomanie coute chaque année 1,5 milliards d’euros (chiffre cité par le chercheur de l’Inserm Pier Vincenzo Piazza dans le Point du 7 avril 2016 page 83)
10. extrait de sciences et avenir : « quels sont les effets du subutex » (27/2/2015): « Le subutex comme la méthadone sont devenus l’objet d’un important trafic sans pour autant réduire le commerce « traditionnel » de l’héroïne : « Le Subutex, d'abord autorisé sur prescription médicale comme substitut à l'héroïne pour accompagner le sevrage des toxicomanes, pose de plus en plus un problème tant sur le plan de la santé publique que par rapport au trafic dont il est devenu l'objet. C'est ainsi qu'à l'île Maurice à la fin du mois de janvier 2015, une française a été condamnée à 20 ans d'emprisonnement pour possession de 1613 cachets de Subutex. "Le comprimé de Subutex s’achète entre 2 et 3 euros sur ordonnance en pharmacie. Il se revend environ 5 euros dans les rues de Paris et jusqu’à 100 en Géorgie", explique le lieutenant-colonel André Brothier, de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants.
11. Sur la méthadone lire l’article de Christian Bucher : « Politique de la méthadone « (La revue lacanienne 2010/1 (n°6) et celui d’Alexandre Adler : « la drogue et la politique « (Le Figaro du 9 février 2008
12. Légalisation du cannabis l’académie de médecine a déjà dit non « (5/IO/2016, feminactu.com)
13. « L'Académie nationale de pharmacie s'oppose à la dépénalisation du cannabis » (9 mais 2016, topsante.com)
14. « DÉPÉNALISATION DU CANNABIS : L’ACADÉMIE DIT NON, PREUVES À L’APPUI ! (communiqué de l’académie nationale de pharmacie 25 avril 2016)
15. « le chercheur qui défie les lois de l’addiction « (le Point du 7 avril 2016
16. Le professeur Piazza dirige le neurocentre Magendie de l’INSERM à Bordeaux Il a réalisé une thèse en I988 dans les laboratoires du professeur Michel Le Moal
17. « salle de consommation à moindre risque : lancement de l’expérimentation à Paris « (flash info MILDECA du 11/IO/2016
18. « Comment sortir d'une addiction ? « (Psychologies.com du 7/10/2016)
19. Les drogues durant les années lycées, publication des premiers résultats de l’enquête ESPAD 2015 « (Flash info MILDCA du 20/9/2016
20. Bucher Christian, « Politique de la méthadone ? », La revue lacanienne 1/2010 (n° 6)
21. Alexandre Adler : « la drogue et la politique « (Le Figaro du 9 février 2008


22. Salle de consommation à moindre risque : lancement de l’expérimentation à Paris
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Ben Lakhdar, Jean-Michel Costes, le 04(*)


• Sociologue - Chargé d’étude
• Chercheur associé au Centre Max Weber ( CMW équipe TIPO, Université Lyon 2)
• Autorité de Régulation des Jeux en Ligne
 (ARJEL) (2011-2015)

.
a écrit le 10/12/2015 à 14:37 :
1
Après les attentats islamo-fascistes de Paris du vendredi 13 novembre 2015 et au moment où se réunit la COP 21
« SOLIDAIRES »
Le nouveau jeu de grattage de la Française des Jeux : « POUR UN MONDE MEILLEUR »
Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN
Sociologue
Suite aux crimes commis à Paris par les nazis islamistes (1), il est bien entendu difficile, voire impossible, de parler jeux d’argent, tant le sens commun associe la passion ludique au bonheur, à l’espérance, à la joie... à la vie. Après avoir rendu hommage aux morts innocents - qui réclament vengeance - et à leurs familles, nous nous permettrons cependant de le faire à travers ce court article, pour prendre date et du fait d’une actualité ludique à symbolique forte.
Après son Banco destressant spécial « rentrée » (2) la Française des jeux (FDJ) a en effet commercialisé le 9 novembre un nouveau jeu de grattage à 3 euros sous sa bannière Illiko (3). Cette nouvelle loterie instantanée se nomme - ironie dramatique de l’Histoire - « SOLIDAIRES : pour un monde meilleur » ! Naturellement la FDJ n’a pas sorti ce jeu pour lutter contre la barbarie de Daesh, néanmoins la symbolique méritait d’être signalée au moment où quelques nihilistes sanguinaires utilisent - en France et dans d’autres pays - une violence digne des SS (4) pour massacrer des gens sans défense.
COPE21 et Fond Mondial pour la Nature (WWF)
Dans le cadre de sa RSE (5) l’opérateur historique, dirigé désormais par Stéphane Pallez (6) affiche à travers ce jeu une volonté de promouvoir la solidarité entre les hommes de la planète sur le registre de l’écologie. Comme le précise un buraliste parisien, Cyrille Geiger (7), « la date de lancement du jeu n’a pas été choisie au hasard, la FDJ souhaite profiter de la résonance de la COP21 qui se déroule actuellement dans la capitale ».
20 millions de tickets de Solidaires seront commercialisés dans les 32 700 points de vente de l’opérateur qui seront pour l’occasion habillés aux couleurs du jeu et permettront de sensibiliser à la cause climat. « 4% des ventes seront reversées à WWF(8) » précise un petit encadré jaune. Ils financeront des projets portés par cette célèbre ONG fondée en 1961 et dont l’emblème est le Panda (qui figure également sur le ticket). « Le montant de la donation dépendra donc de la mobilisation des joueurs. Jusqu’à 2,4 millions d’euros pourront être reversés ; 1 million d’euros est garanti par FDJ quel que soit le succès du jeu. Ce jeu dont l’initiative a été soutenue par Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes Publics, est né de la volonté de FDJ, du WWF France, de la romancière Ondine Khayat et du réalisateur Frédéric Koskas de contribuer à la lutte contre le dérèglement climatique et de mobiliser en faveur de l’environnement » (9). Cette action permet également à la FDJ de souligner son Bilan Carbone engagé depuis 2012 : optimisation des transports du réseau commercial, utilisation de papier labellisé FSC (Forest Stewardship Council) respectueuse des procédures garantissant la gestion durable des forêts, tickets à gratter imprimés avec des produits non toxiques : encres végétales et latex pour la partie « grattable », jeux numériques permettant la dématérialisation des bulletins de jeu.
Des Hommes... de toutes les couleurs, de toutes les cultures
Sur le recto du ticket 10 petits bonhommes de toutes les couleurs - façon Keith Haring (10) -

représentent les différents peuples et cultures de la planète. Ils se tiennent la main autour
d’une mappemonde qu’ils protègent collectivement. (mappemonde qui apparaît également dans un cœur serti de rouge accolé au nom du ticket). Les couleurs dominantes (le bleu et le vert qui occupent les 3⁄4 du ticket) soulignent que ce sont les océans, les forêts, la nature qu’il s’agit de préserver, car ils constituent notre bien commun. Pour une fois - c’est à signaler - la FDJ n’exploite pas les couleurs, objets et noms qui symbolisent le gain, la richesse, le pactole, le trésor, l’argent... comme elle le fait souvent dans ces jeux de grattage ( 11)
Solidarité entre les hommes : pour un monde meilleur.
Il faut gratter les petits bonhommes (jeu 1) et la planisphère (jeu 2) pour savoir si l’on a gagné. Dans le jeu 1 il faut dévoiler deux fois le symbole qui représente un arbre pour gagner. Quand vous perdez, d’autres logos apparaissent qui symbolisent : le déplacement écologique ( vélo) la nature végétale ( feuille, arbre) ou animale ( éléphant, oiseau), l’aqua ( goutte d’eau , nuage) la solidarité, l’amour ( un cœur) et ce qu’il y a de commun entre les hommes de la planète depuis la nuit des temps ( empreinte d’un pied ou d’une main). Dans le jeu 2, il faut découvrir lors du grattage le mot Planète pour gagner. Quand vous perdrez, d’autre mots de la macro écologie apparaissent : développement, ressources, banquise...
Les gains s’échelonnent de 3 à 30 000 euros ( confer annexe 1 le tableau des gains et le TDR) et naturellement les sommes de remboursement ou qui invitent à rejouer (3, 6 euros...) sont les plus nombreux et ne permettent guère de sortir du jeu et de devenir riche. Mais l’essentiel n’est pas là. Ce jeu ne doit pas prêter son flanc à la critique (utopie, naïveté, instrumentalisation de la peur écologique...) car il est objectivement positif et souligne un projet commun qui implique une solidarité entre les hommes de la planète. De la même manière si, pour détruire Daesh, utiliser les moyens les plus radicaux (et donc hélas les plus violents) est une nécessité absolue, cela ne saurait constituer une fin. Il faut imaginer et construire un monde meilleur, ce qui implique d’être solidaires.
JPG. MARTIGNONI-HUTIN
• Sociologue - Chargé d’étude
• Chercheur associé au Centre Max Weber ( CMW Lyon 2) • Jean-pierre.martignoni@univ-lyon2.fr
© Lyon (France) Université Lumière Lyon 2, novembre. 2015
Notes
1. « Attentats : la France face à un “acte de guerre” après la mort de 129 personnes » ( Les échos du 14 novembre 2015)
2. JP Martignoni, « Nouveau Banco à 1 euro, RELAX MAX, RAOUL COOL...La rentrée ludique anti stress de la Française des jeux » ( 5 pages, octobre 2015) (publié sur lescasinos.org du 14 octobre 2015)
3. JP Martignoni, « Illiko ça banque illico ? : La Française des jeux lance une nouvelle marque ombrelle - Illiko - pour promouvoir ses jeux instantanés, fidéliser sa clientèle, trouver de nouveaux joueurs (mai 2012, 6 pages) publié sur lescasinos.org du 2 mai 2012 )
4. Pour bien comprendre où se situe la racine du Mal et notre rapprochement entre les nazis et Daesh ( l’Etat Islamique pratique à petite échelle ce que l’Etat Hitlérien a mis en œuvre de manière systématique et industrielle) lire absolument : Richard . J. Evans : le troisième Reich ( Flammarion, 3 tomes,
2

2009, 2850 pages) ; Christian Ingrao : Croire et détruire : les intellectuels dans la machine de guerre SS ( Fayard, 2010, 500 pages) Peter Reichel : la fascination du nazisme ( Odiles Jacob, 1997, 455 pages) ; Ian Kershaw: Hitler , 1889, 1939 ( Flammarion, 1998 1150 pages), Johan Chaputot : Le national socialisme ( Puf, 2008, 520)
5. Responsabilité sociale des entreprises
6. Voir le portait de Stephane Pallez dans les Echos.fr du 12 février 2015
7. « Solidaires, le futur jeu de la FdJ », blog de Cyrille Geiger du 27 octobre
2015
8. World Wild Fund : Fond mondial pour la nature
9. Carole Soussan : « La FDJ soutient le WWF en lançant un jeu solidaire «
(cbnews du 5/II/2015)
10. Cet artiste américain (1958,1990) s’est notamment fait remarquer par ses
silhouettes simplifiées jusqu’à l’épure qu’il peignait sur les murs de New-York
11. Si la FDJ classe 10 loteries de grattage seulement (sur 33) dans « l’univers » : « fortune, chance » (cash, Millionnaire, 500000 carats..), en réalité un bien plus grand nombre font référence au pactole, au gain, au trésor, à l’or et au mythe du filon miraculeux. Par exemple « Mine d’or, » Eldorado », « Ruée vers l’or » « L’or des corsaires », « l’ile au Trésor » dans l’univers « aventure
évasion » ; « L’arbre aux trésors », « la ruche d’or » dans l’univers « Nature ».
---------------------
Annexe 1 : tableau des gains et taux de redistribution
Nombre de tickets Gagnants ( lots)
2
10
200
20 000
77 000
335 000
133 000
Total : 565 212
TDR = 66 % des mises sont redistribuées aux joueurs
Montant du Gain(lot)
30000€
1000€
100 €
23€
13€
6€
3€
Total:3960000€
Pourcentage de
0,0001 %
0,0005 %
0,01 %
1%
3,85 %
16,75 %
6,65 %
Total : 28,26 %
3
• Ref : 219/ « Après les attentats islamo-fascistes de Paris du vendredi 13 novembre 2015 et au moment ou se réunit la COP 21 = « SOLIDAIRES » : le nouveau jeu de grattage de la Française des Jeux : « POUR UN MONDE MEILLEUR » » (3 pages, 11 notes, novembre 2015, publié sur lescasinos.org du 24/11/2015)
a écrit le 15/09/2011 à 9:53 :
Gambling France

Gain record de 160 millions pour Euromillions : Décryptage


UN TRES GROS GAGNANT ?DES MILLIONS DE PERDANTS


Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin (sociologue)




Nous aurions pu intituler cet article Un riche ?.des millions de pauvres, tant il est vrai que le pactole décroché le 13 septembre par un joueur du Calvados (1) peut être considéré comme scandaleux, voir indécent. Peur d?apparaître une nouvelle fois comme un sociologue provocateur du coté du Palais de Luxembourg (siège du Sénat) ou du coté de la rue Leblanc (siège de l?Arjel), volonté consensuelle de retourner sa veste? jamais du bon coté. D?autres raisons plus prosaïques et plus rationnelles expliquent la sobriété tautologique du titre de cette contribution.

? D?une part nous avons toujours refusé les analyses néomaxistes simplistes du gambling et du fait social qu?il représente - le jeu comme opium du peuple - résumé dans la formule latine Panem et circenses ( du pain et des jeux) (2). Ces analyses idéologiques, reprises par certains économistes à travers la théorie de la pauvreté ( plus on est pauvre plus on joue) sont pour partie réductrices. Si une corrélation existe entre le niveau de richesse et le fait de jouer aux jeux de hasard, elle reste à étudier de manière fine et ne constitue en aucune manière un rapport de causalité. Si le joueur joue toujours pour l?argent, il ne joue pas que pour l?argent. Si l?argent, la volonté de sortir de sa condition sociale, d?améliorer l?ordinaire sont les motivations premières des gamblers, une kyrielle d?autres raisons existent. Par ailleurs de multiples indicateurs et variables sociologiques rendent compte des raisons, des conditions et conditionnements, des représentations et croyances, qui expliquent pourquoi ça joue, pourquoi certains jouent et d?autres pas. Si l?analyse néo-marxiste stricto sensu est fallacieuse nous verrons néanmoins en fin d?article que les jeux ( et notamment ici les jeux d?argent et la politique des jeux) donnent certainement à voir sur notre société , ses inégalités, son fonctionnement. Une sociologie critique du gambling est nécessaire sans forcément qu?elle soit progressiste ou a visée idéologique.

? D?autre part nous pensons que le titre de cette contribution, malgré son aspect tautologique, donne à voir la politique des jeux menée par la Française des jeux notamment à travers Euromillions dont la France détient le record de gagnants de premier rang (65) suivi de l?Espagne (55) et pointe à la première place des ventes (21,9%)
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Rappelons tout d?abord que la FDJ met en avant depuis quelques années ( avec une accélération depuis la loi sur les jeux en ligne) une politique de jeu responsable - hypocrite et paradoxale - que nous avons plusieurs fois dénoncée. Elle finance et instrumentalise la doxa du jeu pathologie maladie, notamment du coté du centre du jeu excessif (CRJE) de Nantes. Le Conflit d?intérêts est patent, scandaleux. La société dirigée par Christophe Blanchard Dignac a même eu l?audace de lancer en juin 2011 « une campagne nationale contre l?addiction au jeu » Au même moment Jean Luc Vénisse financé à hauteur de 2 millions d?euros par la FDJ (le site du CRJE est très discret sur ce financement) associé aux addictologues M. Reynaud et A . Belkacem sortent un fascicule : « Du plaisir du jeu au jeu pathologique, 100 questions pour mieux gérer la maladie» Et Michel Reynaud d?affirmer dans France-Soir du 6 juin 2011, que « de tous les opérateurs la Française des jeux est celui qui en fait le plus pour le contrôle et la prévention du jeu excessif. ». En cherchant bien on apprend que ce livre est publié et distribué via un mécénat ?de la Française des jeux. La plupart des médias n?ont pas repris ce détail. Dans le même temps la Française des jeux mène un activisme commercial forcené, une incitation au jeu accrue, jamais vu chez l?opérateur historique dirigé par Christophe Blanchard Dignac

Mais c?est pas suffisant comme la FDJ se croit tout permis, elle se permet tout. Il y a par exemple l?affaire Riblet/jeux de grattage ou l?opérateur invente un concept totalement fallacieux en probabilité d?aléatoire prépondérant, pour masquer le fait qu?elle manipule le hasard en toute impunité pour des raisons commerciales. Plus récemment - et ce sera le centre de notre réflexion dans cet article et ce qui explique le titre de cette contribution, il y a eu un changement de règlement d?Euromillions après celui du loto (3) . La probabilité de trouver les 7 bons numéros est passée d?une chance sur 75 millions, à une chance sur 116 millions ! L?opérateur historique n?a pas eu le culot de dire que c?était pour lutter contre le jeu excessif qu?il changeait les règles. Il a insisté sur le pactole qui augmentait. Et en effet comme on peut le constater il augmente.

La duplicité est totale, la FDJ gagne à tout les coups et de quelle manière. Comme les chances de gagner diminuent fortement, le gros gain tombe moins souvent comme chacun a pu le constater ces derniers mois et augmente sans cesse. La super cagnotte d?euromillions n?était pas tombée depuis le 29 juillet. Cela permet à l?opérateur public de communiquer en permanence sur ce pactole digne de Crésus. Les multiples communiqués de la FDJ sur Euromillions sont repris systématiquement par les agences de presse, médias, télévisions. Agences de presse notamment , presse régionale (qui reprend systématiquement pro domo les dépêches d?agence) participent donc fortement au prosélytisme ludique de la FDJ et en constitue même le fer de lance. Que seraient les multiples communiqués de la FDJ sans les agences de presse ? Ces messages sur les produits et résultats de la FDJ apparaissent comme des messages naturels , informatifs et neutres alors que les publicités (souvent nunuches et bébêtes de la FDJ : devenez plus riche que riche) peuvent lasser l?opinion.

Les pléthoriques communiqués de presse de la FDJ constituent des vecteurs stratégiques de l?expansionnisme commerciale de la FDJ car ils sont repris systématiquement et avec complaisance par les agences de presse et la presse régionale et nationale. L?ensemble du système (parfaitement rodé ) crée gratuitement pour la FDJ un buzz permanent qui lui permet par saturation de contrôler peu ou prou le champ médiatique en permanence sur la question du jeu.

Les voix qui critiquent ou même simplement interrogent et souhaitent débattre de la politique des jeux de la FDJ sont inexistantes et quand ? rarement - elles apparaissent ( par exemple sur internet) elles disparaissent dans le flot informatif et propagandiste de la FDJ ou dans l?obsolescence du net. Autre conséquence , comme les élus ( les gros gagnants) sont plus rares et toujours plus riches, la presse les cherchent et les traquent. La FDJ, machiavélique la aussi, diffuse les informations qu?elle possède ( région, localité et bureau de validation..) ce qui entraine une nouvelle médiatisation gratuite. Si le gagnant se fait ensuite connaître la FDJ bénéficiera la aussi d?une très bonne publicité qui constitue une incitation au jeu exceptionnelle.


Alors ne soyons pas étonné qu?avec une telle politique qui aboutit à des pactoles qui peuvent apparaître indécents en période crise que des voix s?élèvent, au sein meme de la majorité. Eric Straumann ( député UMP du haut Rhin) a écrit à Christophe Blanchard Dignac (4) pour que les gains d?Euro millions soient plafonnés et mieux répartis.

Certes certains pourraient rétorquer à ce député du Haut Rhin : de quoi je m?e mêle. Il y a un Comité Consultatif du jeu et même un Observatoire des jeux a même de travailler sur ces questions et de faire des propositions. En attendant que ces deux organismes - tardivement mis en place - fonctionnent ce député s?exprime et la FDJ fait ce qu?elle veut. Certes , certains pourraient reprocher à Eric Straumann sa grande naïveté : écrire au PDG de la FDJ alors que la politique stratégique de Christophe Blanchard Dignac est parfaitement voulue, concertée, orchestrée par lui même. Mais nous n?aurons pas cette outrecuidance car « la proposition choc » du député n?a rien de moralisatrice. Elle donne à voir sur la politique des jeux voulu par CB Dignac dont on a de plus en plus de mal à penser qu?elle puisse se décider sans l?aval de Bercy. Ceci dit c?est le grand mystère. La politique des jeux de la FDJ se décide t elle à Boulogne ou à Bercy ? La politique des jeux de la FDJ est elle en harmonie avec la politique des jeux voulue par le gouvernement ? On peut s?interroger.

Que donne à voir cette politique. Une hiérarchie fortement inégalitaire. Un très gros gagnant d?un coté ? l?élu de la chance - des millions de perdants de l?autre. Et plus le gagnant est gros, plus les perdants sont nombreux, plus les gains intermédiaires sont réduits ( d?ou la proposition du député visant à une meilleure répartition des gains). Certes, c?est le principe des jeux de hasard. Les perdants cotisent pour les gagnants et c?est comme ça que ça marche. Les joueurs acceptent le principe générique de cet impôt volontaire. Mais de là à pervertir ce principe (préjudiciable à la quasi totalité des joueurs sauf un ou deux gros gagnants) pour exploiter encore davantage la Poule aux ?ufs d?or il y a un grand pas que la FDJ et son PDG n?aurait pas du franchir, surtout quand on est un monopole public qui soit disant défend l?intérêt général et promeut une politique de jeu responsable voulue par Nicolas Sarkozy et mise en musique par François Baroin.

Sans tomber dans le syndrome anti sarkoziste des « amis du Fouquet?s, nous pensons également, qu?on le veuille ou non , que ça plaise ou non, que ? sociologiquement, politiquement - cette politique des jeux voulue par la FDJ, son contexte, donne à voir sur notre société. Au travaillez plus pour gagnez plus sarkozien on pourrait aisément substituer un jouer plus pour gagner plus qui peut apparaître contradictoire ( politiquement, économiquement, culturellement, moralement?) à une opinion qui subit chômage, précarité, petits boulots, paupérisation accrue. Egalement au niveau de l?argent, des revenus , des inégalités financières et patrimoniales qui gangrènent notre pays et sont loin d?assurer une croissance qui serait si nécessaire en période de crise. Le parallèle facile, apparaît néanmoins légitime. D?un coté un gros gagnant à euromillions?des millions de perdants, d?un autre coté quelques centaines de grosses fortunes auxquelles il faut ajouter quelques milliers de hauts fonctionnaires, stars et fous du roi ( sportifs, acteurs, comédiens, journalistes, écrivains, présentateurs TV?.) qui se partagent argent, notoriété et privilège - à droite comme à gauche - et de l?autre des millions de Français qui vivent mal et s?apprêtent à payer une trilogie fiscale ( impôt sur le revenu, foncier, taxe d?habitation) qui - comme les gros gains d?Euromillions - ne cesse d?augmenter. La revue Challenges ne s?y est pas trompée. Elle a immédiatement calculé que le « Normand » qui vient de gagner à Euromillions devenait la 247° fortune française. (5), loin derrière Bernard Arnault (LVMH), Gérard Mulliez (Auchan), Liliane Bettencourt (L?Oréal)?.

Plus que jamais, comme le pensait Roger Caillois, le jeu donne à voir sur notre société beaucoup plus que le jeu lui même. Il est donc grand temps que les Français soient remis au centre de la Politique Des Jeux et au centre de la Politique tout court. ? ils constituent le premier parti de France - afin que l?ensemble de ces politiques profite au plus grand nombre et non simplement à quelques privilégiés et gros gagnants.

© Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin, Lyon, France, 177. Septembre 2011




(1) « Gain record à l?Euromillions : 162 millions pour un joueur du Calvados « ( Le Parisien.fr du 14-9-2011)
(2) Cette expression est empruntée au poète Juvénal qui regrettait que le peuple romain se soit à ce point affaibli qu?il ne désirait plus que du pain et des jeux. L?expression décrit également une méthode politique, basée sur la démagogie et qui fait du peuple un rassemblement de sujets ignorants ou incapables de penser par eux-mêmes qu?il suffirait de nourrir et de divertir ( source Renzo Tozi , Dictionnaire des sentences latines et grecques, Ed. Jérome Million 2010, 192-193)
(3) En 2008 le Loto passe de 1,2 euros à 2 euros. Une augmentation de 67 % ! L?espérance-statistique de gagner évolue d?une chance sur I4 millions à une chance sur I9 millions.
(4) « La proposition choc d?un député UMP » ( Le Parisien.fr du 9-9-2011)
(5) « Un Normand gagne à l?Euromillions et devient la 247° fortune française « ( Challenges.fr du 14-9-2011)
a écrit le 18/07/2011 à 16:06 :

Chance de gagner à Euromillions, affaire Riblet, aléatoire prépondérant, financement et instrumentalisation du jeu pathologie maladie : la Française des jeux se croit tout permis et se permet tout


LE DOUBLE JEU DE LA FRANCAISE DES JEUX : UN JEU DANGEREUX


Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin (sociologue)


La Française des jeux finance ses ennemis, les anti-jeu de la doxa du jeu pathologie maladie - notamment le centre du jeu excessif de Nantes dirigé par JL Vénisse - pour mieux les contrôler mais dans le même temps se lance dans une course effrénée à la croissance, jamais vue depuis sa création. La politique éthique mise en ?uvre par Christophe Blanchard Dignac (PDG de la Française des jeux) a pour conséquence en réalité - sous couvert d?une lutte contre le jeu excessif et le jeu de mineur - de produire plus de jeu. Habile stratège - mais certains pourraient considérer cela comme de la duplicité - le patron de la FDJ a profité du débat sur le jeu pathologique, de l?inquiétude des pouvoirs publics en matière de santé publique, de la loi sur les jeux en ligne, non pour mettre la pédale douce en matière de développement mais au contraire, pour accélérer sa croissance tout azimut par une incitation au jeu accrue. La politique de jeu responsable mis en ?uvre par la Française des jeux va produire en final du jeu excessif? Les meilleures preuves de cette démonstration se situent dans les résultats de l?opérateur de loteries. En pleine crise économique il surperforme (+5,5 % en 2010) en dépassant pour la première fois la barre symbolique des 10 milliards. Dans le même temps la société dirigée par Christophe Blanchard Dignac a l?audace - ils se croient tout permis et ils se permettent tout - de lancer en juin 2011 « une campagne nationale contre l?addiction au jeu » ! Au même moment Jean Luc Vénisse (financé à hauteur de 2 millions d?euros par la FDJ) associé aux addictologues M. Reynaud et A . Belkacem sortent un fascicule : « Du plaisir du jeu au jeu pathologique, IOO questions pour mieux gérer la maladie» Et Michel Reynaud d?affirmer dans France Soir du 6 juin 2011 que « de tous les opérateurs la Française des jeux est celui qui en fait le plus pour le contrôle et la prévention du jeu excessif. La boucle est bouclée. La collusion d?intérets marche à fond pour les deux parties en présence. Dernières précisions qui montre le vrai visage de la Française des jeux : l?inflation et les chances de gagner. L?opérateur historique profite du lancement de nouvelles formules, de nouveaux jeux, pour augmenter fortement ses prix et diminuer tout aussi fortement l?espèrance statistique qui permet de décrocher la cagnotte. Ils se croient tout permis et ils se permettent tout. Ainsi en 2008 le Loto passe de 1,2 euros à 2 euros ( soit une augmentation de 67 % !!) et l?espèrance statistique évolue d?une chance sur I4 millions à une chance sur I9 millions. Pour le nouvel Euro Millions sorti en mai 2011 la FDJ a fait encore plus fort. La probabilité de trouver les 7 bons numéros passe d?une chance sur 75 millions à une chance sur 116 millions ! La politique mise en ?uvre par la Française des jeux n?a donc rien à voir avec une politique des jeux raisonnable, modérée et qui respecte sa clientèle. Elle apparaît au contraire comme une politique anti consumériste de rentabilité accrue, qui abuse de sa position dominante et son monopole. Elle agit de plus en plus comme un Etat ludique dans l?Etat Croupier peu soucieuse en réalité de l?intérêt général et des Français qui jouent. Le PDG de la Française des jeux fait jouer à une société qui ne lui appartient pas, un double jeu très dangereux qui risque à terme d?énerver Nicolas Sarkozy, à l?origine de la politique jeu responsable quand il était Ministre de l?Intérieur. Cette duplicité risque également d?irriter fortement Bruxelles et la Cour de justice Européenne.

Quant à la récente affaire d?Euro Millions qui voit une joueuse (Laure Meilheureux) déposer plainte contre la FDJ auprès de la Commission Européenne, elle dévoile aussi beaucoup du vrai visage de la Française des jeux. Si le journal le Parisien se fourvoie quand il précise que « les chances de gagner ne sont pas les mêmes selon les pays », on peut en effet s?interroger pour savoir pourquoi c?est en France que le nombre de combinaisons possible en jeux multiples pour Euromillions est le plus bas ( 378 pour 756 euros, alors qu?un joueur espagnol peut jouer 2520 combinaisons en une seule fois pour une mise de 5040 euros). La FDJ souhaite t elle vraiment protéger les joueurs comme elle l?affirme : « nous souhaitons compliquer la vie du joueur excessif pour ne pas encourager les abus qui peuvent conduire à des addictions » ou instrumentalise t elle la question du jeu pathologie maladie en essayant d?éliminer les gros joueurs ou les regroupements de joueurs qui voudraient investir ou jouer gros jeu dans Euromillions ? On peut sérieusement s?interroger. Cette histoire rappelle l?affaire des jeux de grattage (découverte aussi par un joueur qui jouait gros jeu Robert Riblet) ou l?on voyait la FDJ inventer un concept inconnu en probabilité ( aléatoire prépondérant) pour contrôler la distribution des gros gains sur tout le territoire. Elle cherche désormais aussi à contrôler la manière de jouer des joueurs. L?ensemble indique que l?opérateur historique plus que jamais se croit tout permis et se permet tout.

© JP G. Martignoni-Hutin, Lyon, France, 173. Juillet 2011


a écrit le 14/07/2011 à 16:29 :
1) Tarif X 13 soit 1300% d?augmentation:
Au moment de sa création en 1976, remplir une grille de loto coûtait 1 Franc, soit 15 centimes d'Euros. Aujourd'hui le prix de cette même grille a été multiplié par 13, pour atteindre 2 Euros.
2) Probabilité de gagner le gros lot en chute libre:
Loto de: 1/13 millions à 1/19 millions soit 6 millions de chances en moins ou 46% de chances en moins (6/13).
Euromillion: 1/76 millions passe à 1/116 millions soit 40 millions de chances en moins ou 53% de chances en moins (40/76).
3) Il faut jouer plus souvent:
La fréquence des tirages par semaine augmente, de 1/semaine, on est passé à 5/semaine (3 lotos + 2 Euromillions).

Pour quelqu'un qui veut jouer 8 grilles avec ses numéros fétiches:
Avant: 8 X 0.15 euros X 1 fois = 1,2 euros / semaine
Aujourd'hui: 8 X 2 euros X 3 = 48 euros / semaine (loto seul) ou
8 X 2 euros X 5 = 80 euros / semaine (loto + euromillion)

Soit une augmentation X 40 (si loto seul) ou 4000%
Est-ce que votre salaire a pris aussi 4000% d'augmentation ?

Et tout cela avec 50% moins de chance de gagner le gros lot.

Alors FDJ arnaque ou foutage de g###### ?




a écrit le 13/07/2011 à 12:02 :
LE DOUBLE JEU DE LA FRANCAISE DES JEUX : UN JEU DANGEREUX

Par : Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin (sociologue)


La Française des jeux finance ses ennemis, les anti-jeu de la doxa du jeu pathologie maladie - notamment le centre du jeu excessif de Nantes dirigé par JL Vénisse - pour mieux les contrôler mais dans le même temps se lance dans une course effrénée à la croissance, jamais vue depuis sa création. La politique éthique mise en ?uvre par Christophe Blanchard Dignac (PDG de la Française des jeux) a pour conséquence en réalité - sous couvert d?une lutte contre le jeu excessif et le jeu de mineur - de produire plus de jeu. Habile stratège - mais certains pourraient considérer cela comme de la duplicité - le patron de la FDJ a profité du débat sur le jeu pathologique, de l?inquiétude des pouvoirs publics en matière de santé publique, de la loi sur les jeux en ligne, non pour mettre la pédale douce en matière de développement mais au contraire, pour accélérer sa croissance tout azimut par une incitation au jeu accrue. La politique de jeu responsable mis en ?uvre par la Française des jeux va produire en final du jeu excessif? Les meilleures preuves de cette démonstration se situent dans les résultats de l?opérateur de loteries. En pleine crise économique il surperforme (+5,5 % en 2010) en dépassant pour la première fois la barre symbolique des 10 milliards. Dans le même temps la société dirigée par Christophe Blanchard Dignac a l?audace - ils se croient tout permis et ils se permettent tout - de lancer en juin 2011 « une campagne nationale contre l?addiction au jeu » ! Au même moment Jean Luc Vénisse (financé à hauteur de 2 millions d?euros par la FDJ) associé aux addictologues M. Reynaud et A . Belkacem sortent un fascicule : « Du plaisir du jeu au jeu pathologique, IOO questions pour mieux gérer la maladie» Et Michel Reynaud d?affirmer dans France Soir du 6 juin 2011 que « de tous les opérateurs la Française des jeux est celui qui en fait le plus pour le contrôle et la prévention du jeu excessif. La boucle est bouclée. La collusion d?intérets marche à fond pour les deux parties en présence. Dernières précisions qui montre le vrai visage de la Française des jeux : l?inflation et les chances de gagner. L?opérateur historique profite du lancement de nouvelles formules, de nouveaux jeux, pour augmenter fortement ses prix et diminuer tout aussi fortement l?espèrance statistique qui permet de décrocher la cagnotte. Ils se croient tout permis et ils se permettent tout. Ainsi en 2008 le Loto passe de 1,2 euros à 2 euros et l?espèrance statistique évolue d?une chance sur I4 millions à une chance sur I9 millions. Pour le nouvel Euro Millions sorti en mai 2011 la FDJ a fait encore plus fort. La probabilité de trouver les 7 bons numéros passe d?une chance sur 75 millions à une chance sur 116 millions ! La politique mise en ?uvre par la Française des jeux n?a donc rien à voir avec une politique des jeux raisonnable, modérée et qui respecte sa clientèle. Elle apparaît au contraire comme une politique anti consumériste de rentabilité accrue, qui abuse de sa position dominante et son monopole. Elle agit de plus en plus comme un Etat ludique dans l?Etat Croupier peu soucieuse en réalité de l?intérêt général et des Français qui jouent. Le PDG de la Française des jeux fait jouer à une société qui ne lui appartient pas, un double jeu très dangereux qui risque à terme d?énerver Nicolas Sarkozy, à l?origine de la politique jeu responsable quand il était Ministre de l?Intérieur. Cette duplicité risque également d?irriter fortement Bruxelles et la Cour de justice Européenne.

© JP G. Martignoni-Hutin, Lyon, France, Juillet 2011


a écrit le 29/01/2011 à 10:10 :
Et pendant ce temps là les Français sont de plus en plus pauvres, et ils jouent de plus en plus avec l'espoir de gagner. Mais il serait bon de rappeler que de plus en plus ils sont persuadés que les tirages ne sont pas que le fruit du hasard
a écrit le 28/01/2011 à 9:53 :
L 'Homme est faible, c'est bien connu! La FDJ,en quelque sorte, exploite cette "faiblesse".Et à ce petit jeu,sans mauvais jeu de mots,c'est rarement,voire jamais, les plus nantis, qui sont les dindons de la farce.
a écrit le 28/01/2011 à 7:44 :
Il n'est pas difficile de faire des record lorqu'on augmente le prix des mises du loto , en 2009 une grille revenais a 1,20? maintenant la grille est a 2? , l'abonnement en 2009 revenais a 12? pour 20 tirage par mois , maintenant c'est passé a 10 ? pour 5 tirages ou 20? pour 10 tirages ou 30? pour 15 tirages
Donc monis de chance de gagné pour le joueur et biensur plus d'argent d'encaisser pour la francaise des jeux ,
L'année prochaine , vous allez voir la SNCF vont dire la meme chose , ainsi que les proprietaire de peages ;-).
a écrit le 27/01/2011 à 20:56 :
Si les gens comptent plus sur le loto que leur salaire pour gagner leur vie, je dirais que c'est un problème plutôt qu'une bonne nouvelle !!!
Réponse de le 28/01/2011 à 13:44 :
il faut que les pauvres arrêtent de faire des gosses , car ces derniers sont les futrs chomeurs ! _ _ laissons la procréation à ceux qui ont accès au piston (un bon carnet d'adresse) et du patrimoine de famille ! ( quand on à l'un , on a aussi l'autre ) !
a écrit le 27/01/2011 à 17:52 :
Résultats 2010 en forte croissance pour l?opérateur historique des loteries


FRANCAISE DES JEUX : LE PARADOXE DE L?ETAT CROUPIER
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JP Martignoni ( sociologue)

? Christophe Blanchard Dignac peut se réjouir du travail accompli l?année dernière, par la FDJ et son réseau de détaillants. L?opérateur historique a surperformé en 2010 avec une croissance de 5,5 %. La barre symbolique des 10 milliards d?euros est « franchie pour la première fois ». Certains vont crier au scandale. Pas nous. Ce n?est pas le rôle d?un sociologue qui sépare « le savant du politique » de porter un jugement moral ou idéologique, sur une activité économique, une pratique sociale et culturelle.

? Ce résultat exceptionnel a bien sur à voir avec une crise économique qui perdure. Les Français cherchent plus que jamais à « décrocher le pactole », pour « changer de vie », « se refaire » à travers le jeu, ou tout simplement cherchent à « améliorer l?ordinaire » d?un ordinaire de plus en plus affecté par la dépression économique mondiale et une imposition nationale et locale en perpétuelle augmentation. Le pari n?est d?ailleurs pas stupide? pour les gagnants . La FDJ a redistribué 6,8 milliards euros de gains l?année dernière. Il serait donc réducteur de faire une analyse néo-marxiste du phénomène, en réactivant la symbolique des deux célèbres maximes : « Du pain et des jeux », « Le jeu comme opium du peuple ». Par ailleurs les revendications sociales et grèves de 2010 indiquent bien que les Français ne mettent pas leur destin uniquement dans les bras de Déesse Fortuna ou ceux du Dieu Hasard.

? Ces résultats proviennent également de l?activité marketing intense de la FDJ et de son activisme en matière de développement de son offre ( nouveaux jeux de grattage , et notamment Cash 500, relookage d?anciens jeux, lancement d?Amigo un jeu permanent à haute fréquence clone du Rapido, gros investissement dans les jeux en ligne à travers le site parionsweb. La FDJ est une société bien gérée qui sait vendre des jeux. Rien à redire la dessus. Il ne faudrait pas cependant que la FDJ s?imagine que ces jeux lui appartiennent et qu?elle peut exploiter jusqu?à la corde ce précieux pratimoine ludique national, contribuant ainsi à tuer la poule aux ?ufs d?or.

? Mais dans le même temps le PDG de la FDJ a certainement des motifs d?inquiétude. Il sait qu?il est de plus en plus confronté au « paradoxe de l?Etat Croupier ». La FDJ investit fortement, se développe à marche forcée ( piétinant au passage un principe de précaution longtemps instrumentalisé pour freiner l?ouverture à la concurrence et combattre les directives européennes) mais dans le même temps affiche symboliquement une Politique de « Jeu Responsable », tout en finançant des psychologues qui ont trouvé un relais de croissance dans l?addiction au jeu. La FDJ est bien entendu en conflit d?intérets patent dans cette affaire. Ce n?est pas à la FDJ de mesurer les conséquences ( sociales et en terme de santé publique) de son activité, de définir des normes ( contrat AFNOR/FDJ)?

C?est pour cette raison que le parlement a décidé - dans la loi sur les jeux en ligne de juin 2010 - de mettre en place un Comite consultatif pour les jeux en dur et le gambling virtuel, épaulé par un Observatoire des jeux indépendant qui ait les moyens de ses ambitions. Mais si l?Arjel a été installé rapidement et fonctionne activement sous la houlette de JF Vilotte, ces deux autres organismes, indispensables à une politique des jeux qui défende l?intérêt général et qui fasse en sorte que les chiffres du gambling ne soient pas instrumentalisés , n?existent toujours pas. Ce retard devient suspect. Le Sénat s?en inquiéte, le Président de l?Arjel également. La symbolique des « amis du Fouquet?s ressurgit.

En attendant le Livre Vert de Michel Barnier, la Commission Européenne s?interroge également sur les conséquences du gambling et le jeu excessif. Elle veut des chiffres et semble désormais à juste titre interrogative vis à vis de l?opportunisme des thèses de la doxa du jeu pathologie maladie financée principalement par la FDJ. « elle cherche à savoir si le phénomène d?addiction est plus répandu dans le jeu en ligne que dans le jeu en dur. Certains disent que c?est le cas, d?autres prétendent l?inverse, déplore t on à Bruxelles. » (1)Je ne suis pas mécontent que la Commission s?interroge désormais ainsi car nous avons souvent dénoncé les analyses contradictoires de la doxa du jeu pathologie maladie sur ce sujet. Cette interrogation indique que la question du jeu excessif - sa définition, sa mesure - doit être traitée sérieusement et scientifiquement car elle peut facilement être instrumentalisée. On pourrait en dire autant du Taux de redistribution, de la publicité pour les jeux d?argent, de la socialisation ludique des mineurs etc?.

? Dernier soucis pour CB Dignac, malgré ou à cause de ces résultats formidables, la FDJ a sans doute mangé son pain blanc. Bénéficiant d?un « avantage concurrentiel » indéniable en tant qu?opérateur historique, la FDJ est désormais comme le PMU sous l??il de l?Autorité de la concurrence qui a rendu un premier « avis » critique. La FDJ doit donc parachever rapidement sa mutation, changer d?état d?esprit, « jouer le jeu », si elle ne veut pas que cet avantage soit désormais considéré, par l?institution de la rue de l?Echelle ou par l?Europe, comme un « abus de position dominante ». Autant dire une petite révolution culturelle pour la FDJ, ex Française Des Jeux.

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Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin
( sociologue)
(1) Alexandre Counis : « Jeux en ligne : Bruxelles prépare un Livre Vert très consensuel « ( les Echos, 13 janvier 2011)
Réponse de le 06/10/2015 à 14:52 :
« Autorité de régulation des jeux en ligne ( ARJEL) = Départ de Jean-François Vilotte 1° Président de l’ARJEL, arrivée de Charles Coppolani, Jean-Pierre Martignoni sociologue, débarqué de l’ARJEL, interdiction, censure, veto, doxa du jeu pathologie maladie, observatoire des jeux…… »

LE DESSOUS DES CARTES


Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN
( sociologue)


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Après plus de 15 mois de réflexion, le Président de l’ Autorité de Régulation des Jeux en Ligne (ARJEL) - Charles Coppolani – a finalement interdit que l’étude « ETHNOSOCIOLOGIE DES JEUX DE HASARD ET D’ARGENT EN LIGNE : POKER, PARIS HIPPIQUES, PARIS SPORTIFS » (VOLET 1 ETUDE QUANTI, 58 PAGES) soit publiée sur le site de l’ARJEL. Sociologue, spécialisé sur des jeux de hasard et de l’industrie des jeux d’argent (gambling et e.gambling), chargé d’étude et salarié à l’ARJEL depuis décembre 2011 nous avons condamné cette décision - communiqué de presse du 24 juillet 2015 (1) - que nous considérons peu ou prou comme une censure qui ne veut pas dire son nom.
Cette recherche approfondie, basée sur un vaste échantillon représentatif de la population des joueurs en ligne extrait du frontal de l’ARJEL (turfistes, parieurs sportifs, joueurs de poker), comportait :
• un important volet quantitatif : sondage en ligne auto administré sur une population de 4145 joueurs
• un axe qualitatif très significatif : 185 entretiens de joueurs réalisés au siège de l’ARJEL à Paris (en face à face ou par téléphone) qui représentaient des dizaines d’heures d’enregistrement

L’étude quanti était reproductible, les chiffres précis. Les règles de la méthode avaient été appliquées, le souci méthodologique et épistémologique constant. Nous avions purifié le questionnement (questions ouvertes, neutralité du vocabulaire..) afin ne pas surdéterminer les réponses d’un sujet sensible et complexe. Toutes les étapes (échantillon, pré enquête, test, questionnaire, redressement…) avaient été validées par nos responsables hiérarchiques, des responsables de l’ARJEL qui ont le sens de l’Etat et des affaires publiques. Il s’agissait d’offrir des pistes de réflexion, d’interpréter des statistiques, en restant au plus près des pratiques ludiques numériques observées et des représentations. Nous avons en outre utilisé des marqueurs de précaution (souvent, majoritairement…) afin de moduler les analyses et éviter la surinterprétation.
Mais bien évidemment, comme dans tout travail intellectuel, il y avait un style, une écriture, des couleurs…une objectalité pour parler comme feu l’ethnologue Pierre Sansot. Comme l’a rappelé récemment le sociologue Jean Louis Fabiani, « les sciences sociales sont des sciences narratives, un article de sciences sociale n’est pas un article de physique, on produit des récits » (2) Cette étude contrastait forcément « un peu » vis à vis des livraisons habituelles de l’ARJEL, notamment les trimestriels, mais elle était complémentaire. Elle s’inscrivait sur un autre registre intellectuel et scientifique, qui correspondait à notre fonction à l’ARJEL : sociologue, chargé d’étude.

Le volet 1 de cette recherche (étude quanti), que l’actuel Président de l’ARJEL a interdit de mettre en ligne sur le site de l’autorité de régulation, avait en outre reçu l’aval de Jean-François VILLOTE avant son départ. Ce qui n’est pas la moindre des choses vu la rigueur de l’ancien Président de l’ARJEL qui aurait mis son veto si cette publication n’avait présenté aucun intérêt pour la puissance publique, les opérateurs, les joueurs et les observateurs du champ concerné. Cette étude représentait la suite logique de la recherche exploratoire publiée sur le site de l’ARJEL en 2013 (« Sociologie des joueurs en ligne », Paris, ARJEL mars 2013, 14 pages) que JF Vilotte dans la préface présentait de la manière suivante : « Au delà de la publication trimestrielle par l’ARJEL des éléments sur le comportement des joueurs il a semblé utile d’engager une étude plus complète sur la sociologie du jeu en ligne. L’ARJEL, afin d’assurer une totale transparence du marché et d’adapter les outils de régulation à ses évolutions poursuivra ces études sociologiques. D’ores et déjà les données recueillies permettent de mieux connaître le marché des jeux en ligne, les motivations et les comportements des joueuses et des joueurs. L’Arjel a souhaité que ces informations puissent être partagées en toute transparence (JF Vilotte , « Propos introductif à l’enquête sur la sociologie des joueurs », ibid page 2)

Le volet 2 (étude quali : ethno-sociologie des joueurs en ligne : poker, paris hippiques, paris sportifs, 300 pages) était en cours de rédaction et devait être publié en 2015. Mais l’enquête n’était pas terminée et des entretiens complémentaires étaient programmées, notamment au domicile des joueurs. C. Coppolani a mis son véto. L’ensemble du processus de recherche a donc subi un cout d’arrêt fatal à cause de cette longue réflexion de Charles Coppolani nonobstant le fait que, dès son arrivée Rue Leblanc (le siège de l’ARJEL à Paris dans le 15° arrondissement) M. Coppolani a programmé notre licenciement sans indemnité, après un CDD d’agent public de l’Etat commencé en 2011 et renouvelé sept fois.

Nous condamnons vivement l’ensemble de ces décisions et interdictions, même si cela n’a pas représenté pour nous – hélas - une totale surprise. Nous avions annoncé dès janvier 2014 en interne à l’Arjel et en externe auprès de collègues chercheurs à Lyon ou à Paris que :
• que nous serions débarqués à cause de l’arrivée de M. Coppolani
• que ’étude ne serait pas publiée car le nouveau Président de l’ARJEL nommé par le gouvernement était aussi, dans une belle confusion des genres, Président de l’Observatoire des jeux (ODJ) dont nous étions – ironie de l’Histoire - le Président fondateur
• que cet Observatoire était très activiste depuis plusieurs mois (voir encadré) pour enfoncer le clou en matière de pathologie du jeu
• que la nomination de M. Coppolani était très politique,
• qu’il y avait un historique lourd en matière de recherche sur le gambling et d’instrumentalisation de cette recherche (par exemple l’expertise Inserm)
• que le dossier (politique des jeux, politique en matière de recherche sur les jeux d’argent) était sensible et que Bercy semblait désormais vouloir tout contrôler
• qu’au final nous serions « victime » collatérale de la démission inattendue de JF Vilotte

(*) L’Observatoire des jeux (ODJ) que nous avons crée avec deux psychiatres (Marc Valleur et Christian Bucher) et un avocat Matthieu Vincent, mais dont nous avons été - d’après le sénateur François Trucy qui a désormais quitté le Palais du Luxembourg ( 3) - exclu par un mystérieux « cabinet », est dominé, depuis son installation, par la doxa du jeu pathologie maladie. L’ODJ multiplie depuis deux ans des publications (scientifiques ?) loin d’être neutres : « Poker en ligne et addiction », «Taux de retour aux joueurs (TRJ) et addiction » etc… Certaines ( sur Poker et addiction) ont même entrainé un communiqué immédiat de l’ARJEL. Voilà par exemple comment JM Costes (membre de l’ODJ et ancien directeur de l’Observatoire des drogues) résumait sur le site de l’ODJ (hébergé par Bercy ) l’étude « TRJ et addiction »: « la littérature scientifique n’apporte pas de preuves définitives sur le lien existant entre TRJ élevé et addiction, non parce que ce lien est inexistant mais parce que sa mise en évidence est très difficile, voire impossible à démontrer sur le plan méthodologique. L’argument de l’absence de démonstration scientifique formelle ne permet pas néanmoins de remettre en cause la possible existence de ce lien. » !! ( in« Taux de retour au joueur, addiction et blanchiment », Observatoire des jeux (ODJ), mai 2012.) Face à ce tels propos, publiés sur le site du Ministère de l’Economie, une seule conclusion s’impose : REDUCTIO AD ABSURDUM**
*Expression latine à propos d’une personne qui conduit un raisonnement jusqu’à ses plus extrêmes conséquences, y compris absurdes et contradictoires, en allant jusqu’à démontrer la fausseté, voire la ridicule inconsistance, des hypothèses sur lesquelles il repose.




Malgré ce contexte nous avons ensuite ( après consultation en interne à l’ARJEL et auprès de collègues universitaires) tout tenté pendant des mois, pour trouver une solution positive avec le Président de l’ARJEL, basée sur le bon sens, le sens de l’intérêt général et de l’intérêt scientifique. En vain. Mutisme, indifférence, silence, ostracisme.
Certes, sociologue spécialisé sur le champ ludique des jeux d’argent, et ayant écrits de multiples articles sur la question de la Politique Des Jeux(PDJ) et de la politique en matière de recherches sur le jeu, nous comprenons les raisons politiques courtermistes de ces décisions mais nous les condamnons. Il est clair que la visite de Christian Eckert à l’Arjel en avril 2015, l’ouverture du site Evalujeu, constituent le point d’orgue d’une Politique Des Jeux « dite » de jeu responsable, qui met systématiquement en avant l’addiction, le jeu excessif, le jeu pathologique…. Publier quelques semaines après sur le site de l’ARJEL une vaste étude représentative quantitative et qualitative qui remet objectivement en cause cette vision réductrice du e. gambling, cela aurait fait tâche, cela aurait suscité le débat.
Car cette politique de « jeu responsable », engagée depuis longtemps par l’Etat, Bercy et la FDJ, apparait en réalité très contradictoire. Se situant entre injonction paradoxale, principe de précaution exacerbée, conflits d’intérêts et instrumentalisation réciproque (entre l’Etat Croupier, la doxa du jeu pathologie maladie, le business du jeu compulsif), cette politique des jeux a déjà été fortement critiquée aussi bien politiquement, économiquement que scientifiquement et pas seulement par nous. Aymeric Brody, dans un article « Pour une approche du gambling en termes de jeu »publié dans la dernière livraison de la revue numérique Sciences du jeu (3,2015, « Questionner les jeux d’argent et de hasard ) résume bien une partie de ces critiques ( confer note 4)

Cette politique des jeux d’argent et cette politique en matière de recherches sur les jeux de hasard ne concerne pas que la France. A terme la Commission Européenne – pour ne parler que d’elle - ne sera pas dupe. Elle a financé une recherche (« Gambling in Europe » menée par le Professeur Rebecca Cassidy) dans le cadre du projet GAMSOC dont les résultats vont dans le sens de ces critiques. Le rapport du projet, intitulé «Fair Game: producing gambling research», conclut notamment :« les recherches sur les jeux de hasard sont souvent limitées dans leurs objectifs et tendent à se restreindre aux personnes pour qui les jeux d'argent sont devenus une obsession pathologique. Le financement est souvent proposé en soutien de recherches sur les personnes pour qui ces jeux sont devenus (…) une addiction, au lieu de porter sur les implications sociales et culturelles »
Dans ce contexte il était stratégiquement pertinent – outre l’intérêt scientifique et historique - non pas d’interdire mais au contraire :
• de publier sur le site de l’ARJEL, le volet quantitatif de cette étude et ensuite l’important volet qualitatif qui devait « éclairer » de multiples façons la réalité contemporaine des jeux d’argent en ligne et l’impact sur le joueur et la « famille entourage » qui se situe aux antipodes de la vision réductrice véhiculée par la doxa du jeu pathologie maladie.
• de nous laisser terminer l’enquête qualitative dans de bonnes conditions. Mais là également, contre toute attente le Président de l’ARJEL a interdit que nous réalisions l’enquête complémentaire prévue au domicile des joueurs, fruit d’un long travail d’approche et de mise en confiance avec les e.gamblers et alors que nous avions les autorisations de la CNIL. Cette décision a été pour nous particulièrement consternante. Des mois de travail annulés par la volonté d’un seul homme.

L’ARJEL ( l’Etat, le gouvernement) aurait eu une longueur d’avance avec cette enquête « à domicile », particulièrement pertinente pour des jeux d’argent digitaux, qui se déroulent souvent à la maison dans l’univers privé domestique, dernière terra incognita des sociologues. En outre nous étions au diapason de la volonté du gouvernement : de mesurer objectivement l’impact des jeux d’argent en ligne dans la vie des familles concernés, d’analyser les recompositions et synergies ludiques suscitées par la légalisation du ludique numérique depuis 2010 ; au delà des gesticulations, postures (et impostures scientifiques), imposées par la doxa du jeu pathologie maladie et le business du jeu compulsif qui, en réalité, prend en otage l’Etat Croupier dans cette affaire.

Nous avons trouvé le veto du Président de l’ARJEL sur ce registre très curieux, comme ensuite sa demande insistante, si l’étude quanti était publiée sur le site ARJEL ( car au début il était d’accord avec des modifications mineures) qu’elle le soit en précisant : « étude réalisée par JP Martignoni avec la collaboration de l’ARJEL » alors que nous étions salarié à l’ARJEL depuis 2011 et que l’étude était le fruit d’un travail collectif.

Au final nous ne pouvons que condamner l’ensemble du processus que l’actuel Président de l’ARJEL a coordonné très doucement…mais très surement. Mais pour éviter tout ressentiment, et bien montrer que nous n’en faisons pas une affaire de personnes, nous voudrions remercier le Président actuel de l’ARJEL :
• d’avoir prolongé notre contrat de quelques mois pour tenir compte d’un drame familial intervenu en 2013 (mort de notre cher fils Jacques en pleine santé à l’âge de 20 ans)
• de ne pas avoir complètement censuré cette étude, comme il aurait pu le faire contractuellement, et d’autoriser sa publication sous certaines conditions ( encadré ci dessous)



Nous prenons acte que le Président actuel de l’Arjel ( nous le citons) n’a pas « voulu interdire » complètement la publication de l’étude concernée sous réserve ( nous le citons à nouveau) « que l’ARJEL n’y soit en aucune manière associée et à condition que figure en première page la mention : Etude sur les joueurs de sites agrées de jeu en ligne en France réalisée par Jean-Pierre MARTIGNONI, sociologue. Cette étude reflète les analyses et opinions de l’auteur et ne saurait être associées à celles de l’ARJEL »

Pour conclure, même si nous avons beaucoup investi à l’ARJEL depuis cinq ans au détriment de notre carrière intellectuelle et de notre visibilité médiatique et scientifique ( en tant qu’agent public de l’Etat nous étions tenus au devoir de réserve), même si pour la première fois de notre trajectoire professionnelle nous avons subi une censure alors que notre « patron » c’était Bercy, donc l’Etat, nous serons beau joueur, à défaut d’être le gagnant de cette pitoyable affaire.

Merci Monsieur le Président nous retrouvons grâce à vous notre LIBERTE de chercheur, qui, dans une belle ironie, rejoint la première motivation des joueurs online….Quand on demande aux e.gamblers « pourquoi ils jouent » dans une question stratégiquement ouverte par soucis épistémologique, ils répondent en effet majoritairement : facilité, rapidité, simplicité.. LIBERTE.

Cette phrase résume bien finalement, la modernité numérique et la philosophie des jeux d’argent digitaux ( poker, paris hippiques, paris sportifs) pratiqués à la maison dans l’espace privé domestique ou de manière nomade, de même que la phrase d’Aragon – « Que le hasard vous serve mais préparez vous à l’accueillir », (titre d’un de nos livres (4) ) synthétisait bien la logique ludico-existentielle des machines à sous.

C’est peut être ces mots - et notamment le plus beau d’entre eux LIBERTE - que, dans ce domaine comme dans de nombreux autres, ceux qui croient servir ceux qui nous gouvernent ne souhaitaient pas lire…. sur le site officiel de l’ARJEL.



Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN
© Lyon le 17 septembre 2015


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REMERCIEMENTS

Outre les participants au débat sur le site de Poker Académie (www.poker-academie.com, voir note 1 ci après) nous souhaitons remercier les nombreuses personnes ( hommes politiques, collègues universitaires, joueurs…) qui nous ont apporté leur soutien suite à notre communiqué de juillet 2015. Nous publions ci dessous un extrait de ces soutiens envoyés par les joueurs :

• Gilles X : C'est fort dommage de ne pas pouvoir rendre public le résultat de plusieurs années de travail, d'autant plus que cette étude avait l'air vraiment intéressante et poussait beaucoup plus loin la réflexion que la plupart des QCM que l'on reçoit d'habitude, se cantonnant à savoir si l'on est addict aux jeux...Pour cela, recevez tout mon soutien
• Gérard X : « c'est l'habitude en prenant des fonctions de démolir le travail du prédécesseur, je peux regretter d'avoir consacré du temps pour un dossier enterré, par contre je ne regrette pas mes contacts avec vous, empreints d'une grande courtoisie, d'une grande connaissance sociale et d'un grand professionnalisme merci de votre implication avec coeur dans cette action »
• Bernard X : « je peux vous dire que je suis choqué de cette décision de la part du nouveau Président de l'ARJEL, un travail de longue haleine comme celui que vous meniez sur le sujet concerné devait être mené à son terme et rendu public, de multiples enseignements pouvant en être tirés. Ces personnes qui sont nommés et qui, par le fait du prince, décide purement et simplement d'annihiler une telle étude ne sont pas dignes de respect. Il y a un mépris de votre personne, de votre travail, de votre expertise; un mépris, également, de toutes les personnes à qui vous vous adressiez et qui (je suppose) n'ont jamais rechigné à accepter les entretiens, pensant servir un sujet de société non négligeable »
• Eric X : « Je ne peux que regretter très vivement ce revirement de l'ARJEL...Je transmets ce communiqué de presse à la communauté de "Poker académie" auquel j'appartiens »
• Bruno X : « Bonjour Monsieur,Je suis tout autant scandalisé que vous par la situation. Je vous avais parlé à demi-mots des problèmes que rencontrent les jeux sociaux en ligne. Ces problèmes, qui engagent la responsabilité morale, politique et pénale des sites ainsi que de l'organisme de régulation, sont bien trop graves pour qu'une étude telle que la vôtre puisse être publiée. Je ne suis donc finalement pas vraiment surpris de son interdiction par étouffement. Le contraire aurait été bien trop dangereux pour les dirigeants de l'Arjel ainsi que pour tout les hauts fonctionnaires et politiques qui sont mouillés dans ce montage. Le refus de votre étude pourrait bien constituer l'élément déclencheur d'un scandale politico-administratif qui s'étendrait bien au-delà de nos frontières. Je tiens seulement à vous prévenir que vous allez vous heurter à des personnes très puissantes qui ne reculeront devant rien pour vous faire taire.
• Thierry : « Je déplore comme vous cette décision, j'ai eu plaisir à m'entretenir régulièrement avec vous »
• Michel X : « Difficile de comprendre les intentions de l’ARJEL»
• Bernard X : « On assiste de plus en plus à ces excès d'autorité, et à des prises de décision insuffisamment réfléchies. La compétence des décideurs n'est manifestement pas analysée comme il se devrait. Les erreurs de jugement se multiplient de façon inquiétante, et on en voit hélas les résultats désastreux, qui s'accumulent dans une indifférence générale ».
• Tangui X : « quel dommage »
• Olivier X : « je suis désolé de la tournure prise pour votre étude qui m'intéressait beaucoup ».
• Bernard X : je suis désole de cette situation. Vous faisiez un travail important et avec attention. En espérant que cette étude puisse un jour voir le jour
• Samuel X : « Je retiendrai la courtoisie et le professionnalisme avec lequel vous avez diligenté cette mission. Je garde un excellent souvenir de nos relations et suis certain que ces qualités ne sauraient vous quitter lors de vos prochaines missions

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NOTES DE L’ARTICLE


(1) « Le Président de l’Autorité de régulation des jeux d’argent - Charles Coppolani - en ligne interdit qu’une étude sociologique sur les joueurs en ligne soit publiée sur le site de l’ARJEL » (24 juillet 2015, 1 page). Ce communiqué de presse a été envoyé à l’AFP qui très curieusement n’a pas donné aucune suite. Il a été publié notamment sur lescasinos.org du 24 juillet 2015 et sur poker-académie avec différentes réactions de joueurs: :http://www.poker-academie.com/forum/poker-business/900566-arjel-une-etude-sur-le-poker-et-les-jeux-en-ligne-qui-tombe-a-l-eau.html#

(2)Jean Louis Fabiani, sociologue EHESS , « la sociologie par les textes » Sciences humaines n°273 septembre 2015, 28-31)

(3) confer notre article : JP Martignoni : « Hommage à François Trucy : sénateur de la République des jeux » (28 avril 2015 , 3 pages) = publiée en France sur casino.org du 28/4, paperblog.fr , soifdecasino.com du 1/5/2015 ; au Canada sur jeuenligne.ca du 30/4/2015

(4) Extraits de l’article d’Aymeric Brody : Pour une approche du gambling en termes de jeu ( in Sciences du jeu. 3,2015, « Questionner les jeux d’argent et de hasard »)
[Perspectives critiques )
• ( Certains sociologues) remettent « en cause la « doxa du jeu pathologique » (Martignoni-Hutin, 2011), n’hésitant pas à parler d’une « pathologisation » (Suissa, 2005) pour rendre compte du discours médical à l’égard du jeu. Suivant cette perspective critique, il conviendrait d’analyser la construction sociale du « jeu pathologique » en réinscrivant l’histoire du concept dans un processus plus vaste de « médicalisation » et de contrôle des comportements déviants aux États-Unis (Conrad & Schneider, 1980 ; Rosecrance, 1985) et à travers le monde (Suissa, 2008).
• Ce faisant, on comprend mieux comment le discours des psychiatres américains s’est imposé à partir des années 1980 pour faire du jeu pathologique un problème médical (Castellani, 2000), avant d’être reconnu comme un problème sanitaire et social dans les années 1990-2000 (Suissa, 2003, 2006 ; Mangel, 2009). En parlant de pathologisation ou de médicalisation, il s’agit non seulement de décrire ce processus qui préside à la reconnaissance du jeu pathologique comme une maladie ou un problème de santé publique, mais aussi de souligner cette tendance générale à penser le jeu – y compris celui des « joueurs sociaux » – en termes de pathologie.
• Selon l’INSERM (2008 : 38) qui se réfère notamment aux travaux de Suissa : « L’usage même de ce terme – pathologie/maladie – relève d’une idéologie de la médicalisation, en tant que modalité de contrôle social dans la gestion des rapports sociaux de déviance. » Face à cette idéologie dominante, le sociologue s’efforcera de déconstruire les catégories d’usage en matière de gambling pour redéfinir les termes du débat scientifique.
• Tel est précisément l’enjeu d’un article dans lequel Jean-Pierre Martignoni-Hutin pose la question suivante : « Que peut apporter la sociologie dans le débat sur le jeu compulsif ? » (Martignoni-Hutin, 2005) La réponse du sociologue se situe à plusieurs niveaux : une fois le travail de déconstruction engagé sur le plan épistémologique et conceptuelle, la sociologie interviendrait dans le débat scientifique pour reformuler le problème, discuter les études sur le sujet et réaliser de nouvelles enquêtes.
• Dans un texte plus récent, Martignoni-Hutin (2011) pose finalement les jalons d’une « sociologie du gambling contemporain » qui ne soit pas focalisée sur la dimension pathologique du jeu, considérant « qu’il y a danger à aborder les jeux d’argent à travers la problématique de l’addiction, car une fois acceptés comme entité morbide individualisée, ces jeux sont analysés comme des formes plus ou moins aiguës de jeu pathologique. » (Martignoni-Hutin, 2011 : 59).
• Si un Observatoire des jeux (ODJ) a depuis vu le jour en France, force est de constater que celui-ci s’intéresse davantage aux conséquences du jeu sur un plan sanitaire (…) qu’à la « socialisation ludique » des joueurs. En France comme ailleurs, le prisme du jeu pathologique continue d’orienter le regard des chercheurs vers des considérations psychologiques, médicales ou sanitaires.
• Analysant les titres et les résumés des articles scientifiques publiés dans le Journal of Gambling Studies, Brian Castellani (2000 : 51-52) observe ainsi dans le contexte anglophone une surreprésentation des travaux renvoyant le jeu pathologique au « modèle médical ». Non seulement la psychopathologie du jeu – entendue au sens large – domine par la place qu’elle occupe dans la littérature scientifique internationale, mais elle domine également en imposant ses catégories aux autres approches disciplinaires du gambling. Relevons par exemple que, si l’approche sociologique tend à aborder le jeu pathologique comme un « problème social » (Suissa, 2013), c’est toujours d’un problème de jeu dont il est question.
• Quelque part, la sociologie du gambling que Martignoni-Hutin appelle de ses vœux serait elle-même victime de la « doxa » dès lors que, pour entrer dans le débat scientifique, elle doit réinvestir les thèmes et les termes de la psychopathologie du jeu. Même s’il cherche à la déconstruire, le sociologue reconnaîtra implicitement cette frontière entre le normal et le pathologique dont il sait qu’elle résulte d’une « construction sociale » (Martignoni-Hutin, 2005 : 59).
• Certes, il est difficile d’imaginer aujourd’hui une étude du gambling qui ne se réfère pas, d’une manière ou d’une autre, au cadre épistémologique et conceptuel de la psychopathologie du jeu, mais faut-il pour autant reprendre les termes du débat sur le jeu compulsif – surtout quand on sait le poids des mots dans ce type de controverse disciplinaire ?
• S’il n’est pas question de déclencher une « guerre des disciplines » (Martignoni-Hutin, 2005 : 57), doit-on pour autant céder les armes ? Comme Martignoni-Hutin, nous pensons qu’un travail de déconstruction est nécessaire, de la même manière qu’il nous paraît indispensable de reconstruire un cadre épistémologique et conceptuel qui, dans la mesure du possible, ne soit pas soumis à une conception psychopathologique du jeu. (…)
comprendre (sans juger) ce rapport que le joueur entretient avec son jeu : l’exemple du hasard

• Si la psychologie cognitivo-comportementale a tendance à considérer que celui qui cherche à contrôler le hasard par ses décisions se berce d’illusions et risque la dépendance (voir Barrault & Varescon, 2012), nous pensons quant à nous que le joueur a de bonnes raisons de croire en ses chances – sinon il y a fort à parier qu’il ne jouerait pas.

• Certes, son comportement à l’intérieur du jeu n’est peut-être pas conforme à la « morale mathématique » (Martignoni-Hutin, 2000 : 167) dont se réclament certains psychologues mais, comme l’observe finement Martignoni-Hutin à propos des machines à sous : « Il y a chez le joueur un sens ludique – véritable sens pratique – adapté aux vicissitudes du jeu et aux caprices du hasard. » (Martignoni-Hutin, 2000 : 164).

• Pour comprendre (sans juger) ce rapport que le joueur entretient avec son jeu, il s’agirait d’appréhender chacune de ses décisions non comme une « illusion de contrôle » (Langer, 1975) mais comme une forme d’engagement – y compris monétaire – dans la pratique du jeu (illusio).

• C’est à cette condition que la pratique des jeux de hasard et d’argent prendra tout son sens ludique et qu’il deviendra possible d’éclairer sous un nouveau jour le comportement du joueur à l’intérieur du jeu. C’est en tout cas l’objectif de ce troisième numéro de la revue Sciences du jeu. (3,2015, « Questionner les jeux d’argent et de hasard »)



(4) : " Ethnosociologie des machines à sous : que le hasard vous serve mais préparez-vous à l'accueillir " (Paris , L'Harmattan, mai 2000, collection Logiques Sociales, 220 p.)

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