470 millions de dollars : le déficit d'Uber ?

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Travis Kalanick, le fondateur d'Uber, plateforme de mise en relation de passagers avec des voitures de transport avec chauffeurs (VTC).
Travis Kalanick, le fondateur d'Uber, plateforme de mise en relation de passagers avec des voitures de transport avec chauffeurs (VTC). (Crédits : © Beck Diefenbach / Reuters)
Selon un document destiné aux investisseurs consulté par Bloomberg, l'entreprise valorisée plus de 40 milliards ne dégagerait un chiffre d'affaires que de 415 millions de dollars, et 470 millions de pertes.

470 millions de dollars de pertes pour un chiffre d'affaires de 415 millions: tels sont les montants évoqués par Uber auprès de potentiels investisseurs à en croire Bloomberg, citant un document transmis aux propspects de l'entreprise fondée il y a cinq ans, et aujourd'hui considérée comme étant le leader mondial de la mise en relation entre passagers et voitures de transport avec chauffeur (VTC).

Lire aussi : le curieux cas d'Uber, ni taxi, ni VTC

Cette activité de transport public particulier de personnes est désormais encadrée par la loi dite Thévenoud, entrée en vigueur en France le 1er janvier 2015. Celle-ci stipule notamment que les chauffeurs de VTC doivent être des professionnels. Cela implique entre autres le suivi d'une formation de plus de 200 heures pour un coût de 6.000 euros, et un  statut d'auto-entrepreneur, dont les revenus sont plafonnés à 7.500 euros par an. Ce qui est le cas des chauffeurs professionnels roulant pour UberX ou UberBerline par exemple.

UberPop, le point noir d'Uber ?

Problème: Uber propose également une offre "low cost" baptisée UberPop, qui permet à des particuliers d'arrondir leurs fin de mois. Et c'est pour ce service que les jeunes dirigeants France (Thibaud Simphal) et Europe de l'Ouest (Pierre-Dimitri Gore-Coty) seront jugés en corresctionnelle le 30 septembre prochain. Date à laquelle la Cour d'Appel devra elle aussi se prononcer sur la demande d'interdiction du service formulée par certains taxis et VTC, mais également le Préfet lui-même. Le Président de la République n'a-t-il pas demandé lui aussi à dissoudre purement et simplement ce service ?

Lire aussi : UberPop doit survivre, voici comment

Ce, juste après qu'un tribunal californien annonce sa décision de requalifier tous les chauffeurs Uber (tous indépendants certes, mais comme la plupart des VTC et des taxis en France...) en salariés de l'entreprise... Et voilà qu'à présent, les comptes de la société s'avèrent déficitaires, d'après un document destiné aux potentiels investisseurs de la société, rappelons-le tout-de-même, valorisée plus de 40 milliards de dollars!

Des tours de table à gogo

Autant dire que les affaires vont mal pour la firme lancée par Travis Kalanick dans la Silicon Valley. De quoi réjouir les taxis, qui ont récemment laissé éclater leur colère lors de la grève nationale de la semaine passée, ponctuée de violences, non seulement contre des chauffeurs UberPop, mais également à l'encontre de leurs clients... C'est dire si la tension est forte.

Bref. Pour l'heure, Uber chercherait à lever deux milliards auprès d'un groupe bancaire de Wall Street, notamment grâce à la vente d'obligations convertibles en actions si la firme californienne devait faire ses premiers pas en Bourse...

Lire aussi : Et hop ! Uber empoche 1,6 milliard de dollars de plus

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Commentaires
a écrit le 02/07/2015 à 17:57 :
Pardon Monsieur, ce n'est pas parce que vous qualifiez un comportement de "collaboratif" qu'il n'est pas animé par un profit. Désolé, le covoiturage c'est d'abord tenter de faire des économies en période de crise en faisant croire que c'est pour l'environnement dont la majorité des gens se moque.

Vous ne m'avez donc pas convaincu, Je reste donc sur mon impression initiale. Je comprendrais toutefois votre position si vous êtes chauffeur de taxi, taxis d'ailleurs que je me refuse de prendre désormais au profit des VTC tant ils sont décevants. Qu'ils se reforment donc et on verra après.
a écrit le 01/07/2015 à 10:55 :
"et un statut d'auto-entrepreneur, dont les revenus sont plafonnés à 7.500 euros par an"
C'est une sacrée dictature la France ! On décide pour vous ce que vous avez le droit de gagner... C'est vraiment trop fort !
Réponse de le 01/07/2015 à 11:28 :
oui, donc les gens bossent au noir pour contourner cette dictature
donc la dictature prévoit de supprimer l'utilisation du liquide pour contraindre encore plus les citoyens qui répliqueront autrement ( on va bien trouver un moyen de contourner la suppression du liquide ) .. la guerre est sans fin entre l'état et les citoyens
Réponse de le 01/07/2015 à 14:19 :
C'est une erreur de l'article. Uber oblige ses chauffeurs à se déclarer sous forme d'AE, ou autre, dés qu'ils touchent 7500€.
Réponse de le 02/07/2015 à 13:17 :
La France n'est pas une dictature. Modérez vos propos, ne serait-ce que par respect et compassion envers les vraies victimes de ce genre de régime.
a écrit le 01/07/2015 à 10:55 :
"et un statut d'auto-entrepreneur, dont les revenus sont plafonnés à 7.500 euros par an"
C'est une sacrée dictature la France ! On décide pour vous ce que vous avez le droit de gagner... C'est vraiment trop fort !
a écrit le 01/07/2015 à 10:31 :
Le message du gouvernement est clair, tant qu uber se dispensera de reverser sa dîme au ps la France lui sera fermée. On devrait donc trouver un accord d ici à la fin de la semaine.
a écrit le 01/07/2015 à 10:23 :
Pour beaucoup d'investisseurs, UBER est un service qui par nature s'inscrit dans l'avenir mondial. Comme AMAZON il y a 20 ans. AMAZON a cumulé des pertes pendant 10 ans et les procès pour survivre et faire bouger les lignes. Ne parle-t-on pas aujourd'hui d'UBERisation du secteur des transports?
a écrit le 01/07/2015 à 9:39 :
Bah voyons. Ils étaient persuadé d'être dans leurs droits et que la cour européenne leur donnerait ce droit. Mais voyant que personne au niveau de l'état les soutiens et sentant les choses mal tourné pour eux, bizarrement ils deviennent déficitaire. Tout cela, je suis sûre, pour ne pas payer les condamnations à venir...
Réponse de le 01/07/2015 à 11:17 :
là on parle de résultats au niveau mondial pour des investisseurs qui agissent aussi au niveau mondial.
les problèmes français sont une péripétie
a écrit le 01/07/2015 à 9:20 :
Qu'on arrête de faire d'une bête noire une société qui crée de l'emploi,ou du revenu.
Quel est le message que l'on passe aux jeunes entrepreneurs?
Création de richesses=prison?
Cette génération fait avec les armes dont elle dispose,faut t'il ouvrir une boulangerie dans ce pays pour être reconnu?
Pathétique vision de rétrograde économique.
a écrit le 01/07/2015 à 8:51 :
Sachant que les 20% des courses qui rémunèrent uber passent par des paradis fiscaux pour éviter de payer l'impôt, comment ce spolieur/arnaqueur d'Etat fait pour ne pas être rentable ?
a écrit le 30/06/2015 à 20:48 :
... une association crée une application smartphone pour mettre en relation des chauffeurs qui font du covoiturage qui est légal, officiel, autorisé et même encouragé par les organismes environnementaux d'état et on a l'équivalent d'UberPop, non ???....

Si on regarde bien ... Uber a loupé le coche avec leur application : il n'aurait pas eu ses problèmes et les taxis n'auraient rien pu dire. En plus, il n'aurait pas eu besoin d'imposer à ses chauffeurs de justifier d'une assurance de transport de personnes et de fournir une assurance complémentaire ce qui me paraissait une meilleure couverture en cas d'accident..

A votre avis ???....
Réponse de le 01/07/2015 à 1:59 :
Non, ce n'est pas la même chose.
Le covoiturage type BlaBlaCar est toléré, voir encouragé, car l'offre n'est pas motivé par le profit ; la proposition de valeur tient du fait qu'il s'agit de conducteurs se rendant d'un point A à un point B et offrant un service en échange d'une participation aux frais. On est pleinement dans le collaboratif.

Dans le cas d'UberPop, les conducteurs sont motivés par le profit ; c'est ce qui justifie l'activité de maraude pratiqué par les chauffeurs d'U.Pop. Dans ce cas, il s'agit clairement de travail dissimulé car c'est la définition du métier de taxi.

Je trouve l'attitude des dirigeants d'Uber bien naïve ; la France est souveraine, et ce n'est absolument pas une entreprise américaine et quelques fringuants managers qui vont dicté leur loi à l'Etat, peu importe le battage médiatique. Cazeneuve vient de leur rappeler que ce n'était pas eux de décider ce qu'on a le droit de faire, ou pas, en France.
Réponse de le 01/07/2015 à 15:19 :
Le peuple est souverain, et non la France. Et le peuple soutient Uber.

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