Et hop ! Uber empoche 1,6 milliard de dollars de plus

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Travis Kalanick, le patron d'Uber, ne cache pas son mépris à l'égard des taxis traditionnels.
Travis Kalanick, le patron d'Uber, ne cache pas son mépris à l'égard des taxis traditionnels. (Crédits : © Beck Diefenbach / Reuters)
Nouveau tour de table monstre pour la startup américaine, dont le financement se fera via des titres de dette convertible valables six ans, que Goldman Sachs va proposer à ses clients fortunés.

Visiblement, Travis Kalanick, le fondateur et patron d'Uber, se donne les moyens de ses ambitions. La controversée startup américaine qui propose une application technologique de mise en relation de voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), désormais présente dans plus de 200 villes et 54 pays, vient de réaliser une nouvelle levée de fonds de 1,6 milliard de dollars.

Une somme monstre que la startup a obtenue il y a quelques jours auprès de la branche de gestion de fortune de Goldman Sachs, a indiqué une porte-parole de la banque d'affaires à l'AFP mercredi 21 janvier. Concrètement, ce nouveau financement se fera en titres de dette convertible valables six ans. Ceux-si seront échangeables contre des actions lors de l'entrée en Bourse de la startup avec une remise de 20% à 30% sur le prix d'introduction, d'après l'agence Bloomberg.

Anéantir l'industrie du taxis ?

Certes l'expansion rapide de la startup, qui promet de créer quelque 50.000 postes en Europe, nécessite d'importants investissements, fait valoir sa direction.

Cependant elle crée également de fortes tensions avec les taxis traditionnels, notamment en Europe —plusieurs villes ont tenté d'interdire le service—- mais aussi en Asie. Sans parler des États-Unis, où, l'entreprise a réussi à dominer certains marchés. À San Francisco, première ville où le service a été lancé, Uber génère désormais 500 millions de dollars par an, soit trois fois plus que les revenus des taxis estimés à 140 millions annuels.

De quoi réjouir ses fondateurs. Rappelons en effet que Travis Kalanick ne cachait pas son jeu et mâchait encore moins ses mots l'été dernier, en confiant à nos confrères du Monde:

"Nous sommes engagés dans une bataille politique. notre adversaire est un connard, qui s'appelle Taxi. Personne ne l'aime, personne n'aime ce qu'il fait mais il est tellement impliqué dans les rouages politiques que beaucoup de personnes lui doivent des faveurs."

  | Lire Uber croît et jongle avec les plaintes

Bientôt 50 milliards de valorisation ?

Cette conséquente levée de fonds fait enfler encore un peu la valorisation d'Uber, à quelque 41,2 milliards de dollars. Celle-ci avait déjà grimpé à 40 milliards de dollars après un autre tour de table de 1,2 milliard de dollars (avec une "capacité additionnelle" de 600 millions) bouclé début décembre, et un précédent du même montant en juin. La startup californienne fondée en 2009 pesait alors 17 milliards, soit presqu'autant que le réseau social de microblogging Twitter au moment de son introduction en Bourse.

Uber se rapproche ainsi de la valorisation de 50 milliards qu'affichait le réseau social en ligne Facebook début 2011, un an avant son introduction en Bourse. Elle n'est toutefois pas la seule startup américaine considérée comme une bonne candidate pour une éventuelle entrée en Bourse à voir sa valeur s'envoler, un phénomène alimentant des interrogations régulières sur la résurgence d'une "bulle". La messagerie éphémère Snapchat ou la plateforme de location d'hébergements chez l'habitant Airbnb ont par exemple été évaluées ces derniers mois à 10 milliards de dollars.

Reste à savoir quand la startup franchira le pas, sachant que Travis Kalanick expliquait encore récemment à nos confrères du Monde:

"Nous allons rester en dehors de la Bourse le plus longtemps que nous pourrons".

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Commentaires
a écrit le 22/01/2015 à 22:10 :
le problème des nouvelles pépites de la nouvelle économie, c'est qu'il n'y a aucune création de valeur... et sauf à ce que le modèle économique qui a valu depuis des siècles ne soit bouleversé, ça finit par casser...
Uber / AirBnb ne sont que des sangsues ... qui tente de rendre légal ce qui n'est que du travail au noir.
Réponse de le 24/01/2015 à 11:12 :
Pas d'accord : Il peut y avoir avec Uber un vrai effet de levier macro économique : course de taxi moins chere = plus de pouvoir d'achat pour les particuliers ou réducation de frais de déplacement pour les professionnels. Un petit cercle vertueux peut se créer
a écrit le 22/01/2015 à 19:54 :
la bulle des applications...

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