Afin de faire contribuer symboliquement les habitants au développement d’un nouveau projet territorial, un réseau de transports mêlant tramway et bus, la métropole brestoise a eu recours à une campagne de financement participatif. Avec près d’un million d’euros collectés, il apparaît comme l’emprunt citoyen le plus important levé par une collectivité territoriale. L’opposition, elle, dénonce un « choix coûteux ».La collectivité emprunte, le citoyen épargne avec elle. À Brest, on ne finance plus les transports publics seulement par les contributions des usagers, par la fiscalité ou par l'emprunt bancaire. On propose désormais aux habitants de participer au développement d'un projet de territoire via un placement financier.
Pour développer son projet « Mon réseau grandit », constitué d'une seconde ligne de tramway et d'une ligne de bus « à haut niveau de service » (BHNS), Brest métropole a eu recours à une opération inédite et symbolique : une campagne de financement participatif plafonnée à un montant maximal d'un million d'euros de collecte.
Les Brestois ont visiblement été séduits par cette démarche. Ouverte du 27 septembre 2023 au 15 janvier dernier, la collecte, une première en France, s'est conclue sur un bilan extrêmement positif. Les 944.000 euros levés auprès de 245 personnes ne représentent que 0,25% des 225 millions d'euros de coût hors taxe du projet. Mais c'est deux fois plus que le seuil des 500.000 euros que s'était fixé la métropole. C'est aussi le montant d'emprunt citoyen le plus élevé mené par une collectivité territoriale.
Investissement moyen de 3.853 euros avec un taux de 4%
« La loi du 8 octobre 2021, prise en application d'un règlement européen, ouvre la possibilité aux collectivités territoriales de recourir au financement participatif pour leurs projets au profit de tout service public, à l'exception des missions de maintien de l'ordre ou de police », rappelle Brest Métropole.
«Cette opportunité a été saisie pour proposer aux habitants de financer une partie de ce projet majeur de territoire» ajoute Yann Guével, vice-président socialiste en charge des finances, qui s'est associé pour cela à la plateforme Villyz.