Aigle Azur arrête tous ses vols : casse-tête en vue pour les passagers

Photo d'illustration
Reuters

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Nouveau coup dur pour Aigle Azur. Ce jeudi, trois jours après son placement en redressement judiciaire et quatre jours avant la date limite pour le dépôt d'éventuelles offres de reprise, la compagnie aérienne française a pris la décision d'arrêter tous ses vols à partir d'ici à vendredi 6 septembre 23h59. Tous les vols à partir de samedi sont annulés.
Les avions seront stationnés sur différents aéroports, dont ceux d'Orly et de Châteauroux.
La décision est terrible pour les 1.150 salariés lesquels, laissés à l'abandon par la direction, ont tenu à bouts de bras l'exploitation dans des conditions extrêmement difficiles, face aux différents fournisseurs (carburant, catering, nettoyage) qui exigeaient évidemment d'être payés avant les décollages.
Un coup de massue également pour les passagers. Trouver des solutions pour revenir chez soi va tourner au casse-tête et aura un coût puisque les passagers devront payer un autre billet. Environ 30.000 personnes seraient concernés au cours des trois prochains mois (15.000 en fait si on tient compte des billets aller-retours). Va se poser par ailleurs la délicate question du remboursement des billets pour tous les voyages non réalisés.
Ce jeudi, Les Entreprises du Voyage, le syndicat des agences de voyages françaises, ont conseillé à tous ses adhérents de mettre en remboursement tous les billets réservés, mais non encore émis. Cette demande doit se faire auprès du "BSP", l'organisme de l'association internationale du transport aérien (IATA) en charge des transactions réalisées par les agences de voyage.
Pour rappel, les recettes des billets d'avion réservés en agences de voyages sont prélevées par l'association internationale du transport aérien (Iata) tous les 15 du mois. Par conséquent, les agences disposent aujourd'hui des recettes des billets réservés depuis le 15 août. Interrogé mercredi soir par La Tribune, Jean-Pierre Mas, le président des Entreprises du Voyage, entendait demander ces sommes à l'IATA et prévoyait, en cas de refus, de déposer un référé pour qu'elles soient bloquées, afin de pouvoir rembourser une partie des clients.
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Ces sommes ne permettront pas de rembourser les passagers qui ont acheté leurs billets dans une agence de voyages avant le 15 août pour des vols qui n'ont pas encore eu lieu et qui sont annulés. En tant que mandataire de la compagnie, les agences de voyages ne sont pas tenues de les rembourser, mais le font généralement pour conserver leur clientèle. Quand les billets sont vendus dans le cadre d'un voyage à forfait, les billets sont remboursés par le prestataire de service, l'agence de voyages ou le tour-opérateur. Enfin, tous les passagers qui ont réservé un billet "sec" directement auprès de la compagnie aérienne ne sont pas protégés.
Et maintenant? Les candidats à la reprise de tout ou partie de la compagnie doivent déposer une offre d'ici à lundi prochain. S'il n'y a pas d'offre, Aigle Azur sera liquidée. Si elle est cédée à la découpe, tout ce qui ne sera pas repris sera liquidé.
Intéressée par certains droits de trafic entre la France et l'Algérie qu'elle n'a pas et soucieuse de ne pas laisser des concurrents rafler une grande partie des 10.000 créneaux horaire d'Aigle Azur à Orly, Air France prépare une offre de reprise partielle. Le groupe Dubreuil, qui cherche des créneaux à Orly pour continuer le développement de ses deux compagnies, Air Caraïbes et French Bee, travaille également sur une offre partielle. Le groupe IAG suit également le dossier. Avant la faillite d'Aigle Azur, sa filiale espagnole Vueling avait trouvé un terrain d'entente avec la direction de la compagnie française pour lui racheter son activité portugaise équivalant à 4.000 créneaux. Contacté par La Tribune pour savoir si elle travaillait sur une offre, Easyjet n'a pas fait de commentaire.
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Quant à Lionel Guérin et Philippe Micouleau, ancien directeur général délégué d'Air France pour le premier et ancien PDG de HOP pour le second, ils ont, selon nos informations, envoyé un courrier au Ciri (comité interministériel de restructuration industrielle) et à l'administratrice judiciaire pour leur faire part de leur intérêt pour sauver Aigle Azur. Pour éviter une vente à la découpe qui fera disparaître Aigle Azur, ils proposent de trouver de quoi faire vivre l'entreprise pendant trois mois pour permettre la mise en oeuvre d'un plan de retournement.