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Après 3 ans de restructuration, Air France-KLM a-t-il réduit l’écart avec ses rivaux ?

Photo de Fabrice Gliszczynski

Fabrice Gliszczynski

Publié le 13 mars 2015 à 06:49 - Mis à jour le 13 mars 2015 à 13:14

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A l'issue du plan de restructuration Transform (2012-2014), du groupe français l'écart de performance opérationnelle a peu évolué. Il est toujours d'un milliard d'euros environ avec le plus performant de ses deux rivaux, lequel n'est plus Lufthansa comme il y a trois ans mais IAG, le groupe composé de British Airways, Iberia et Vueling.

Les choses ont-elles changé après les trois ans de restructuration d'Air France-KLM ? Oui dans la mesure où, à l'issue du plan Transform 2015, achevé fin 2015, le groupe français est passé d'une situation déficitaire grave en 2011 à une situation qui aurait été légèrement bénéficiaire trois ans plus (296 millions d'euros de résultat opérationnel) sans la grève des pilotes.

«S'il fallait résumer le plan Transform 2015 en peu de mots, je dirais que nous avons sauvé le groupe », a déclaré le PDG d'Air France-KLM aux Echos lundi dernier.

Pour autant, contrairement aux objectifs et aux affirmations maintes fois répétées durant ce plan, Transform 2015 n'a pas permis de combler l'écart avec Lufthansa ou IAG (British Airways, Iberia-Vueling) ni même de le réduire fortement. La différence de performance opérationnelle entre Air France-KLM et ses rivaux n'a en effet pas fondamentalement bougé. Grosso modo elle se situe toujours aux alentours d'un milliard d'euros avec le plus performant des deux rivaux, lequel n'est plus Lufthansa comme il y a trois ans mais IAG.

L'écart s'est réduit avec Lufthansa

En retraitant les comptes 2011 de Lufthansa en tenant compte du changement de la politique d'amortissement opéré depuis 2013 (350 millions d'euros environ sont concernés selon un analyste), la différence de performance opérationnelle entre Air France-KLM et le groupe allemand s'élevait il y a trois ans à 1,325 milliard d'euros au profit de Lufthansa (972 millions de profits contre 353 millions de pertes pour Air France-KLM) et de 838 millions avec IAG, en faveur de ce dernier.

Trois ans plus tard, fin 2014, l'écart n'était plus que de 757 millions avec Lufthansa (hors impact négatif de la grève au sein des deux groupes, 425 millions pour le groupe français, 232 millions pour son rival allemand) toujours selon les chiffres retraités par un analyste qui prennent compte de la nouvelle politique d'amortissement de Lufthansa. Avec ce calcul, le bénéfice opérationnel de ce dernier s'élève à 1,053 milliard contre 296 millions pour Air France-KLM.

Mais il se creuse avec IAG

En revanche, il s'est creusé de plus de 250 millions avec IAG, à 1,094 milliard d'euros, (toujours en excluant de la comparaison l'impact de la grève des pilotes d'Air France) au cours de la période. En effet IAG a dégagé l'an dernier un résultat opérationnel de 1,390 milliard.

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En résumé, Air France-KLM a fait de gros efforts, mais les autres ne sont pas restés les bras croisés. Surtout, IAG est désormais loin devant. Sa perfomance est d'autant plus remarquable que le groupe britannique est plus petit qu'Air France-KLM et Lufthansa. Il pèse 20,17 milliards d'euros de chiffre d'affaires, contre 25 milliards pour Air France-KLM et 30 milliards pour Lufthansa.

Très présent sur l'axe transatlantique avec British Airways (I'un des rares où la recette unitaire augmente), IAG est peu impacté par les baisses de recettes unitaires observées chez Air France-KLM et Lufthansa (-1,1% % hors change au quatrième trimestre pour le premier, -3,3% pour le second). Le groupe profite aussi de la restructuration réussie d'Iberia. Ses bénéfices vont encore progresser puisque l'impact du plan de départs n'est pas encore effectif. Surtout, la compagnie espagnole est aujourd'hui en mesure de faire de la croissance rentable.

Air France-KLM devra donc faire encore plus d'efforts dans son plan Perform 2020. Reste à voir comment suivront les salariés. Ce sera la tâche d'Alexandre de Juniac, le PDG d'Air France-KLM, au cours de son deuxième mandat. Selon l'AFP, le gouvernement le soutient.

Lire ici : Redresser Air France-KLM, l'impossible équation?

Elections professionnelles

Lundi Alexandre de Juniac recevra les leaders des organisations syndicales représentatives à l'issue du résultat hier des élections professionnelles à Air France. Celles-ci ont vu la CGT dégringoler de la première à la quatrième place dans la hiérarchie syndicale. La CFE-CGC arrive en tête devant FO et l'UNSA.

Avec 14,26%, la CGT a perdu près de 4 points par rapport à 2011. La CFE-CGC alliée à l'Unac (syndicat PNC), en recueillant 18,11% (+0,93 point), devient majoritaire au sein de la compagnie aérienne aux 50.000 salariés. Viennent ensuite FO/SNPNC, deuxième avec 15,94% (+0,6%), puis UNSA Aérien (15,18%, -0,32). La CFDT se classe cinquième (13,19%, +0,9) mais devient le premier syndicat chez les personnels au sol, qui concentrent le gros des effectifs. La CFDT a obtenu 20% des voix.
Le taux de participation s'est élevé à 70%, un chiffre identique au précédent scrutin de 2011.

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Concernant les pilotes, la direction devra une nouvelle fois composée avec le puissant SNPL, qui a recueilli 65,37% des voix des pilotes et le Spaf 20,76%, également représentatif au sein du groupe Air France.

Fabrice Gliszczynski

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