Catastrophe aérienne évitée de justesse : l'organisation des temps de repos des aiguilleurs du ciel dans le viseur du BEA
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Cela s'est joué à seulement 50 mètres. Il y a un an, presque jour pour jour, le 31 décembre exactement, un A320 de la compagnie britannique Easyjet est passé tout près d'une collision avec un avion de tourisme DR400 lors de son atterrissage sur l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Si l'événement, qualifié d'incident grave, est passé relativement inaperçu au moment des faits, le rapport du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) pourrait créer bien plus de remous. Le document, qui vient de paraître, pointe le nombre insuffisant de contrôleurs dans la tour de l'aéroport ce jour-là comme facteur contributif à l'incident, mais surtout il juge que ce manque est dû à une « organisation parallèle du travail » généralisée au niveau national. De quoi créer de sacrées turbulences dans les couloirs de la Direction des services de la navigation aérienne (DSNA), entité de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) chargée du contrôle aérien.
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Le 31 décembre donc, un chef de tour et une contrôleuse prennent leur service à 7h30, rejoints par un troisième contrôleur vers 10h comme le rapporte le BEA. A l'heure des faits, ce dernier gère quatre positions en même temps à savoir les avions au sol, au parking et au roulage jusqu'à la piste (LOC et SOL), les approches (APP) et le secteur d'Information de vol (SIV, qui gère les vols à vue dits VFR), assisté par le chef de tour qui délaisse alors sa tâche de supervision. Si le manuel d'exploitation de Bordeaux-Mérignac, qui régit le travail dans la tour, permet de « regrouper » des secteurs mais ne prévoit pas une telle concentration. La contrôleuse est présente, mais elle est en pause, l'équipe ayant jugée qu'un dégroupement des positions n'était alors pas nécessaire. Ils ne sont donc que deux à être « actifs » au moment des faits.