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Grève des contrôleurs : la SNCF promet une prime de 400 euros pour éteindre le conflit

Léo Barnier

Publié le 08 février 2024 à 17:00 - Mis à jour le 08 février 2024 à 17:16

Les contrôleurs de la SNCF menaçaient de faire grève les 16, 17 et 18 février.

Les contrôleurs de la SNCF menaçaient de faire grève les 16, 17 et 18 février.

Charles Platiau

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Un peu plus d'un an après les grèves de Noël 2022, quand elle avait négocié un accord en catastrophe pour mettre fin au conflit, la SNCF a fait plusieurs annonces, ce jeudi, pour éviter un week-end noir pendant les vacances de février. La réponse des syndicats est désormais attendue.

[Article publié le 8 février 2024 à 15h38 et mis à jour à 18h00]

La SNCF est prête à tout pour éviter de revivre le cauchemar de Noël 2022. Alors que les chefs de bord ont déposé un préavis pour le week-end du 16 au 18 février, en plein chassé-croisé des vacances, Jean-Pierre Farandou a annoncé le versement d'une prime exceptionnelle de 400 euros. Celle-ci sera versée à l'ensemble des cheminots au 1er mars. Le PDG de la SNCF a justifié cette mesure en raison des bons résultats réalisés l'an passé, qui avaient déjà conduit à la décision d'une prime, de 400 euros là aussi, fin 2023.

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Jean-Pierre Farandou a également annoncé une revalorisation de 30 à 50 % des indemnités de résidence au 1er avril selon les zones géographiques concernées, ce qui doit concerner 77.000 salariés, ainsi que 3.000 promotions additionnelles avec des revalorisations salariales de 2 à 4 %. Sur l'emploi, la SNCF va recruter 1.000 CDI en plus des 7.300 déjà prévus en 2024, dont 200 chefs de bord supplémentaires.

Ces annonces interviennent après une rencontre de trois heures entre le PDG du groupe SNCF et les syndicats ce jeudi.

Une levée du préavis encore incertaine

Alors que la situation semblait encore bloquée hier soir, reste à savoir si ces propositions seront acceptées par les organisations syndicales. « On a une situation qui est tendue dans l'entreprise et une direction qui tente d'en prendre un peu la mesure. On ne peut que le saluer, mais ce n'est pas suffisant », a réagi auprès de l'AFP le président de la CGT-Cheminots, Thierry Nier.

Il salue tout de même « la prise de conscience » de la direction concernant la grève des contrôleurs. Comme il est d'usage, les propositions vont être soumis à l'approbation des salariés avant que le syndicat ne se positionne pour la levée ou non du préavis de grève.

La CFDT-Cheminots va également consulter ses adhérents avant de se prononcer sur la suite du mouvement, mais a salué les promesses d'embauche nouvelles. La position des deux autres syndicats représentatifs - SUD-Rail et l'UNSA Ferroviaire - est également attendue.

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« Les mesures promises en décembre 2022 » pas appliquées

À l'origine de ce conflit, les syndicats dénoncent la non-application de l'accord de sortie de conflit signé en catastrophe en 2022, comme le rapporte l'AFP. Ce dernier prévoyait une meilleure rémunération, des recrutements, ainsi que l'ouverture de discussions sur la pénibilité du métier.

« La direction a essayé de nous convaincre qu'elle appliquait les mesures promises en décembre 2022, mais en face, on lui a donné moult exemples de cas ou d'endroits où ce n'était pas le cas », expliquait ainsi Erik Meyer, secrétaire fédéral Sud-Rail. Le syndicat, qui appelle à la grève avec la CGT-Cheminots et la CFDT-Cheminots, déplore par exemple la non présence systématique de deux chefs de bord par TGV, comme initialement promis.

« Les engagements pris en 2022 ont été tenus, au général comme pour les chefs de bord », a affirmé pour sa part Jean-Pierre Farandou. Il a ainsi assuré que l'accord est pleinement engagé sur les trois blocs prévus : sur la rémunération « à 100 % », sur le parcours professionnel « en cours de déploiement », et sur la promesse de deux chefs de bord sur chaque TGV « à 87 % aujourd'hui, 92 % fin 2024 et 100 % en 2025 ».

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Préserver les vacances en attendant les JO

« Ce ne sont pas quelques écarts mineurs et localisés dans l'application de l'accord qui pourraient empêcher les Français de partir en vacances », a encore argué le patron de la SNCF, qui a par ailleurs rappelé qu'en trois ans, « la rémunération moyenne des cheminots a augmenté de 17 % et de 21 % pour les premiers niveaux de salaires ». Soit quatre points de plus que l'inflation sur la même période.

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Mais même si la SNCF réussit à désamorcer la situation pour ces vacances d'hiver - évitant un scénario tel que la grève de 2022 qui avait laissé 200.000 voyageurs sur le carreau quelques jours avant les fêtes - la question sociale pourrait quand bien même revenir à nouveau sur le devant de la scène cette année, notamment avec la perspective des Jeux olympiques de Paris cet été. Un événement qui constitue dès à présent un levier de pression sans précédent.

Léo Barnier

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