SNCF : la concurrence arrive, la grève reste
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Le mouvement de grève de la SNCF pourrait provoquer un effet d'aubaine pour la promotion de Trenitalia en France.
Charles Platiau
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Le mouvement de grève de la SNCF pourrait provoquer un effet d'aubaine pour la promotion de Trenitalia en France.
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Le monde change, les habitudes restent. Alors que l'ouverture à la concurrence du marché ferroviaire intérieur sera effective ce samedi avec l'arrivée de Trenitalia sur la ligne Paris-Lyon-Chambéry prolongée vers Modane-Turin et Milan en Italie, les syndicats de la SNCF ont appelé à la grève pour le premier week-end des vacances de Noël, notamment sur l'axe Sud-Est, celui que va emprunter son concurrent transalpin. Non pas pour s'opposer à cette libéralisation qu'ils ont toujours dénoncée, mais pour obtenir une hausse des salaires, de meilleures conditions de travail et des effectifs supplémentaires.
Un timing incompréhensible aux yeux du PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou, mais qui traduit bien l'univers dans lequel baignent les syndicats : la SNCF est immortelle, ouverture à la concurrence ou pas. Les syndicats le savent. Et en jouent. Ils savent aussi que le degré de concurrence dans le ferroviaire sera probablement sans commune mesure avec celui observé dans le transport aérien, ne serait-ce parce que la filiale low-cost, Ouigo, joue depuis bien longtemps le rôle de bouclier. Pour autant, immortalité n'est pas synonyme d'invulnérabilité. Les syndicats ont beaucoup à perdre à refuser le changement. Car le client aura peu de scrupules à changer d'opérateur si d'aventure celui-ci proposait un service jugé meilleur, soit par la qualité de service, soit par sa grille tarifaire, soit les deux.
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En tout cas, Trenitalia ne pouvait rêver mieux pour lancer ses opérations. L'appel à la grève de la SNCF lui donne une belle opportunité de remplir ses trains pendant les fêtes de fin d'année, alors que la commercialisation tardive des places ce lundi, cinq jours à peine avant le début de l'exploitation samedi, laissait augurer d'un remplissage des trains en demi-teinte, ou d'une recette encore plus faible qu'espérée. Dans un premier temps, les trains rouges italiens devaient surtout attirer les curieux du ferroviaire et les passagers italiens avant de se faire connaître du grand public français et que celui-ci prenne l'habitude d'aller chercher les trajets disponibles ailleurs que sur le site de voyages SNCF. Le mouvement de grève pourrait donc provoquer un effet d'aubaine pour la promotion de Trenitalia en France.
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