Les pertes du transport aérien seront encore plus colossales que prévu : 252 milliards de dollars! (IATA)

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La totalité de la flotte d'avions est clouée au sol. Et plus les jours passent, plus l'évaluation de l'impact de la crise du Covid-19 sur le transport aérien s'amplifie. Ce mardi, une semaine après avoir estimé à 113 milliards de dollars la perte de chiffre d'affaires des compagnies aériennes pour 2020 (soit -19%) l'Association du transport aérien international (IATA) évalue désormais la perte de recettes à 252 milliards de dollars. Ce qui représenterait un plongeon de 44% par rapport à 2019. Le trafic passagers devrait en effet chuter sur l'année de 38%.
La durée, plus longue que prévu, de la fermeture des frontières et l'intensité de la crise économique qui va probablement se traduire par une récession mondiale en 2020 expliquent cette révision des prévisions. IATA estime en effet que les "sévères restrictions de voyages ne seront pas levées avant trois mois".
Et la reprise n'est pas pour demain. Alors qu'elle tablait jusqu'ici sur une courbe en "V" avec une forte chute d'activité suivie d'un rebond tout aussi rapide, IATA s'attend désormais à une reprise "graduelle", a expliqué son chef économiste, Brian Pearce, qui n'est pas attendue avant 2021. En cause, "l'impact de la récession mondiale sur l'emploi et la confiance". Réduite de 65% au deuxième trimestre, la capacité des compagnies aériennes mesurée en sièges-kilomètres offerts ne sera pas encore revenue en fin d'année au niveau espéré avant crise. La baisse devrait encore être de 10% au quatrième trimestre.
Problème, les compagnies aériennes sont dans une situation d'urgence.
Sortant de la saison hivernale - une période de basse saison consommatrice de cash -, et privées de rentrées d'argent frais liées habituellement aux prises de réservation pour la saison d'été, les compagnies manquent cruellement de liquidités. Selon une note publiée la semaine dernière par CAPA Aviation, un cabinet de consultants spécialisé dans le transport aérien, la plupart des compagnies aériennes risquent d'être en faillite fin mai. Une compagnie moyenne a deux mois de trésorerie dans les caisses, précise IATA.
Ce dernier appelle à nouveau les États à intervenir rapidement, que ce soit sous la forme d'aides directes, de prêts, de garanties de prêts, ou encore d'allègements d'impôts de charges sociales.
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Selon IATA, 200 milliards de dollars d'argent public (185 milliards d'euros environ) sont nécessaires pour sauver le secteur.
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Plusieurs États sont déjà passés à l'acte. L'Italie est en train de nationaliser Alitalia. La Norvège a accordé sa garantie pour les prêts de ses compagnies aériennes, dont Norwegian. La France a assuré qu'elle allait aider Air France-KLM, mais ne dit rien pour les autres compagnies françaises.