Le.Taxi est "révélateur d'une certaine partialité de l'Etat envers les taxis" (Guillaume Connan, Chabé)

Le PDG du vétéciste haut de gamme et presque centenaire, Chabé, estime que VTC et taxis font quasiment le même métier. Et dénonce la distorsion de concurrence entre les deux professions, notamment instaurée par les pouvoirs publics. Entretien.
Mounia Van de Casteele
Le PDG de Chabé, vétéciste haut de gamme, ayant plus de 300 chauffeurs en CDI, l'Etat sort de son rôle de régulateur en offrant l'outil Le.Taxi aux taxis.
Le PDG de Chabé, vétéciste haut de gamme, ayant plus de 300 chauffeurs en CDI, l'Etat sort de son rôle de régulateur en offrant l'outil Le.Taxi aux taxis. (Crédits : Chabé)

Guillaume Connan n'y va pas par quatre chemins. Pour le PDG de l'entreprise de voitures avec chauffeurs (VTC) Chabé, qui existe depuis 1921, l'État sort tout bonnement de son rôle de régulateur quand il offre sur un plateau la plateforme "Le.Taxi" aux taxis :

"C'est révélateur d'une certaine partialité de l'Etat envers les taxis", commente-t-il.

Car si son entreprise, qui descend de l'historique grande remise -avec plus de 300 chauffeurs en CDI-, se situe plutôt sur un segment haut de gamme, cela n'empêche pas de s'assimiler à tous les "néo-vétécistes, lancés par de bouillonnants startuppers", comme les Français LeCab, Allocab, Chauffeur-Privé, Marcel, SnapCar, ou celui qu'on ne cite plus (l'Américain Uber). Et d'estimer, qu'en lançant Le.Taxi, "l'État a fait mal à tous les VTC" et instauré une distorsion de concurrence entre des acteurs, qui, en réalité selon lui, font le même métier.

Réservation immédiate ou à l'avance...

Officiellement, ce n'est que sur le segment de la réservation à l'avance que taxis et VTC sont officiellement concurrents. C'est pour cela que les applications pour mobile dédiées (type Zaléou) qui permettront d'avoir accès à Le.Taxi devront se cantonner à proposer des commandes immédiates et ne devront en aucun cas permettre de réserver une course à l'avance. Et c'est pourquoi il ne sera pas possible d'accéder à la plateforme "Le.Taxi" via des applis comme Taxis Bleus ou Taxis G7, qui permettent des réservations à l'avance.

C'est à cette condition sine qua non que l'Autorité de la concurrence a validé le projet, tout comme la Commission européenne d'ailleurs: il ne faut en aucun cas que Le.Taxi puisse prêter à confusion pour le consommateur. Le piéton doit pouvoir uniquement réserver un chauffeur pour une course immédiate (et donc sans frais d'approche). Ce qui revient, pour les taxis, à prendre en charge de piétons sur la voie publique en s'aidant d'un outil numérique. Autrement dit, à faire de la "maraude électronique".

C'est là que le bât blesse. Car si la maraude reste pour l'heure l'apanage des taxis, il n'en est rien pour la "maraude électronique", depuis la décision du conseil d'État le 9 mars dernier.

     | Lire aussi Le Conseil d'Etat autorise la maraude électronique pour les VTC

...une frontière bien trop mince ?

D'ailleurs pour Guillaume Connan, la frontière entre réservation immédiate et à l'avance est très floue. C'est même la pierre d'achoppement, qui avait engendré une polémique autour du fameux délai de 15 minutes que les taxis voulaient faire imposer aux VTC et que le Conseil d'État a finalement annulé.

Aussi les deux professions (chauffeur de VTC et taxi) sont-elles à ses yeux toutes deux concurrentes pour le consommateur. Et doivent, par conséquent, être traitées avec partialité, sans offrir certains avantages à l'une (couloirs de bus, voies rapides sur l'A1 et l'A6, maraude électronique...), au détriment de l'autre.

Des avantages que certains justifieront en faisant valoir l'inflation du prix de (re)vente des fameuses licences -environ  200.000 euros à Paris et jusqu'à 1 million de dollars à New York. Si le PDG de Chabé reconnaît qu'"il faut sans doute indemniser un certain nombre de chauffeurs de taxi", il ajoute :

"On ne peut toutefois pas créer une taxe supportée par l'ensemble du secteur pour indemniser la perte de valeur d'un fond de commerce et conserver un déséquilibre avec des avantages pour les uns et pas pour les autres. On ne peut pas privatiser les profits et mutualiser les pertes..."

Lire aussi: L'Etat a-t-il fonctionnarisé une profession ?

Mounia Van de Casteele

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Commentaires 5
à écrit le 08/04/2017 à 11:29
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Il raconte n importe quoi! L application le.taxi ne verra jamais le jour car alpha et surtout G7 pesent tres lourd sur le marché du transport

à écrit le 07/04/2016 à 13:09
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Le même métier alors qu il descend de l ancienne grande remise les seuls vrai vtc complètementaire aux taxi à mes yeux car de vrai voiture haut de gammes avec chauffeurs type limousine Jaguar ... Que ne possède pas les taxi se monsieur me déçoit et v...

à écrit le 01/04/2016 à 8:32
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En quoi une autorisation de stationnement qui au départ est délivrée gratuitement peur constituer un fonds de commerce? Ce ne sont que le laisser faire de l'Etat et le corportisme de la profession qui a tout fait pour verrouiller l'accès qui ont créé...

le 03/04/2016 à 19:44
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Ce n'est pas un laisser faire de l'État mais au contraire une volonté de l'État qui i trouvait son compte en encaissant les droits de mutation et oui c'est un fond de commerce vu que les licences délivrés par l'État le sont après 18ans d'attente en l...

à écrit le 31/03/2016 à 18:43
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Tout à fait d'accord les VTC qui travaillent avec la plate forme UBER ne paye rien là cerise sur le gâteau Heetch et bientôt SAM pour remplacer Heetch insupportables

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