Les cars "Macron" desservent plus de villes, mais un siège sur deux reste vide

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Le leader du marché, l'allemand Flixbus reste l’opérateur qui propose le réseau le plus diversifié, en couvrant plus des deux tiers des villes et des liaisons commercialisées au total, ainsi qu’en assurant la desserte de 56 villes en exclusivité. En revanche, c’est désormais Ouibus qui propose, en moyenne, le plus de départs quotidiens.
Le leader du marché, l'allemand Flixbus reste l’opérateur qui propose le réseau le plus diversifié, en couvrant plus des deux tiers des villes et des liaisons commercialisées au total, ainsi qu’en assurant la desserte de 56 villes en exclusivité. En revanche, c’est désormais Ouibus qui propose, en moyenne, le plus de départs quotidiens. (Crédits : © Francois Lenoir / Reuters)
Les opérateurs d'autocars longue-distance desservent plus de villes que l'an passé, mais ils ont réduit leur nombre de trajets quotidiens au premier trimestre, selon les données publiées jeudi par l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer).

Le maillage se densifie. Désormais, quelque 204 villes françaises sont desservies par les cars "Macron", contre 180 fin 2016, "principalement des destinations de montagne ouvertes en janvier et des destinations littorales lancées en mars pour préparer la saison estivale", indique l'Arafer, le régulateur du rail et de la route, dans son bilan de l'activité au premier trimestre 2017 publié ce jeudi.

Dans le détail, l'autorité recense 1.073 liaisons commercialisées au 31 mars, contre 985 fin 2016 (+9%). Les trois principaux opérateurs ont tous développé leur offre de liaisons par rapport au trimestre précédent, Ouibus, la filiale de la SNCF, en tête (+13%), suivi de l'allemand Flixbus (+8%) et d'Eurolines/Isilines, filiale de Transdev (+3%).

Flixbus possède le réseau le plus diversifié

Mais avec 721 liaisons commercialisées, Flixbus est toujours l'opérateur qui commercialise le plus grand nombre de liaisons (une couverture de 67% du total de l'offre), suivi par Eurolines/Isilines (457 liaisons, 43% de couverture) et Ouibus (318 liaisons, 30 % de couverture) (Graphique 4). L'étendue et le positionnement géographique de l'offre de Flixbus lui permettent d'être également l'opérateur proposant le plus de liaisons en exclusivité (Flixbus est l'opérateur exclusif sur 63% de son offre de liaisons tandis qu'Eurolines et Ouibus sont seuls sur respectivement 42% et 36% des liaisons qu'ils commercialisent).

Ouibus propose plus de départs quotidiens

L'Arafer note qu'en matière d'offre, Flixbus reste l'opérateur qui propose le réseau le plus diversifié, en couvrant plus des deux tiers des villes et des liaisons commercialisées au total, ainsi qu'en assurant la desserte de 56 villes en exclusivité. En revanche, c'est désormais Ouibus qui propose, en moyenne, le plus de départs quotidiens (44% du total des départs quotidiens), à la faveur d'une moins forte rationalisation que ses concurrents et en particulier comparé à Flixbus.

Un taux d'occupation toujours inférieur à 50%

"Si les opérateurs proposent plus de destinations, ils rationalisent leur offre en proposant moins de départs quotidiens (560 contre 724 au trimestre précédent, soit -23% de départs/jour), y compris sur les liaisons les plus fréquentées comme Paris-Lille ou Paris-Lyon", note toutefois l'Arafer.

Conséquence : le taux d'occupation moyen est en hausse. Il s'établit à 44%. Mais ce taux passe à 39,1% si l'on ne compte pas les passagers qui réalisent des trajets internationaux. Plus de la moitié des sièges restent donc encore vides. Cependant, Flixbus revendique un taux d'occupation moyen de 65%.

Baisse des prix

Concernant les prix, très bas lors de l'ouverture du marché en août 2015, et qui avaient augmenté, ceux-ci ont diminué ce trimestre, pour s'établir en moyenne à 4,3 euros HT aux 100 kilomètres, "en baisse de 8,5% par rapport au trimestre précédent, mais en hausse de 30% par rapport au trimestre de référence 2016", commente le régulateur.

L'Arafer souligne que "les opérateurs ont donc marqué une pause dans la remontée des tarifs enclenchée au deuxième trimestre 2016. Cette réactivité sur les prix pratiqués traduit leur faculté à s'adapter à la demande en fonction de l'intensité concurrentielle. Sur les liaisons proposées en exclusivité par un transporteur, la recette est en effet relativement plus élevée (4,8 euros HT aux 100 kilomètres) que sur les liaisons desservies par plusieurs opérateurs".

Le chiffre d'affaires total du secteur sur les trois premiers mois de l'année est de 18,7 millions d'euros HT, et 1,35 million de passagers ont été transportés sur le trimestre. C'est 25% de plus qu'au premier trimestre 2016, mais 13% de moins qu'au dernier trimestre 2016. L'Arafer explique que "cette baisse confirme l'effet saisonnier constaté pendant les premiers mois d'hiver".

Le secteur est créateur d'emplois

Par ailleurs, la cessation d'activité de Megabus, rachetée en juin 2016 par Flixbus, a coûté 28 emplois au secteur. Le secteur emploie 2 054 ETP (équivalent temps plein) à la fin du trimestre dont 86% sont dédiés à la conduite. C'est donc une vingtaine d'ETP de moins qu'au trimestre précédent, mais 221 de plus qu'au premier trimestre 2016.

Pour l'heure, trois acteurs se partagent désormais le marché: le leader, l'allemand Flixbus, la filiale de la SNCF, Ouibus, et la filiale de Transdev, Isilines, qui vise la rentabilité à horizon juillet 2018. Un objectif qui ne sera pas tenu selon Flixbus. "Sur un marché où l'effet réseau est primordial pour que les lignes se nourrissent mutuellement et où les acteurs moins agiles ont des coûts de structure élevés, il ne me semble pas très raisonnable d'annoncer une rentabilité à court terme à laquelle personne ne croit d'ailleurs", confie à La Tribune Yvan Lefranc-Morin, Directeur Général de FlixBus France. En revanche, l'opérateur estime pouvoir, lui, être rentable dès l'an prochain, et en tout cas avant la filiale de la SNCF.

Un marché dynamique

FlixBus estime par ailleurs que le marché français se trouve actuellement dans une dynamique très positive, malgré l'impression que peut laisser la lecture de certains chiffres de l'Arafer. Et Yvan Lefranc-Morin de préciser :

"Il est important de rappeler que le marché français est né il y a moins de deux ans, et pourtant des millions de Français ont déjà pris l'habitude d'utiliser ce nouveau mode de transport économique, écologique, confortable et sûr. Nous sommes convaincus que le potentiel de croissance est encore gigantesque (comme le prouve d'ailleurs le développement de ce marché chez nos voisins Européens), car il est en phase avec la demande des Français : voyager toujours plus, au meilleur prix et avec le moins de contraintes. En un mot : nous proposons aujourd'hui le meilleur rapport qualité/prix dans le secteur de la mobilité. Et pour FlixBus, l'objectif annoncé de 5,5 millions de passagers transportés en France d'ici la fin 2017 est en bonne voie d'être atteint."

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Commentaires
a écrit le 11/12/2017 à 11:35 :
Il est clair que lorsqu'on regarde ce qui se passe chez nos voisins européens, on comprend qu'il reste un gros potentiel de croissance sur le marché français. L'Allemagne, dont le marché a été libéralisé en 2013, affiche plus de 26 millions de voyageurs en 2016. L'Espagne 29 millions et quasiment tout autant au Royaume-Uni. Pour rappel, le marché français devrait représenté 10 millions de voyages cette année.
Côté emploi, c'est tout un secteur autour des cars qui se structure comme dans le numérique avec la naissance de comparateurs d'offres et notamment l'émergence du leader français www.sobus.fr. Bref, on a pas fini d'entendre parler des fameux cars Macron !
a écrit le 18/06/2017 à 17:31 :
"Transport écologique"...mais bien sur !
Envoyer des milliers de bus diesel ultra polluants à moitié vide sillonner les routes de France, c'est très écolo !
a écrit le 16/06/2017 à 17:55 :
@ BONJOUR : Une question Mesdames les folledingues du diesel les autocars on un moteur qui fonctionne bien au diesel comme carburant non ? Mme le maire de PARIS cet été au moment de la saison touristique les autocars étrangers fonctionnent aussi au diesel allez vous leur interdire l'accès de la capital? QUESTION : un enfant de 9 ANS est handicapé à vie après avoir mangé un steak haché curieusement rien aucun hurlement contre l'agro alimentaires responsable de la mort de milliers de personnes rien pas un cri pas une larme fusse t elle de crocodile UNE QUESTION SE POSE : est ce que les petites enveloppes offertes par l'agro alimentaire sont elles mieux garnies que celle fournies par les compagnie pétrolière simple question ni voyez pas malice !
a écrit le 16/06/2017 à 17:47 :
Des bus à moitié vides .... !! C'est simple mettez des bus plus petits. Ils seront pleins.
Réponse de le 17/06/2017 à 9:41 :
J adore
a écrit le 16/06/2017 à 14:58 :
Des autocars Macron vides ? Tiens, ça me fait immanquablement songer aux discours pré-électoraux et aux déclarations post-électorales du dit Macron. Beaucoup de bla-bla creux. Beaucoup de phrases qui n'engagent strictement à rien et, en finalité, beaucoup de discours vides. Et vides de sens. Le succès (??) de Macron via ses autocars et le succès (??) de Macron en tant que précédent ministre du déficit (oups : il paraît qu'il appelle ça ministre de l'économie - mais quelle économie ??) préfigurent incontestablement le succès (??) de Macron à l'élysée. Depuis qu'il est arrivé à assouvir sa soif de pouvoir, qu'a-t-il réalisé de concret ? Il s'est fait humilier par trump via une poignée de main montée en épingle parce que le psdt français n'avait strictement rien d'autre à dire sur les entretiens accordés par trump. Il est très vite allé prendre ses ordres à Berlin. Et il prépare d'arrache-pied sa casse sociale histoire de servir fidèlement ses petits amis financiers, banquiers et industriels à qui il doit son poste actuel. Vide ? Voilà un terme qui résume bien macron. Un psdt à l'image de la populace-tion française. Et, pour être précis, je ne suis pas plus enthousiasmé par les sarko, hollande, le pen ou autres mélenchon qui, comme macron, sont bien implantés dans un système fait par et pour les politiciens au détriment du populo trop décérébré et trouiillard que pour s'en rendre compte.
Réponse de le 16/06/2017 à 15:37 :
@Vides?
Vide est plutôt ce qui résume la teneur de votre commentaire.
a écrit le 16/06/2017 à 13:55 :
Les trains sont aussi à moitié comme le sont les ouibus tous deux dépendant de la sncf ...
a écrit le 16/06/2017 à 13:52 :
les trains ne sont pas pleins non plus hormis les tgv et les corails , sinon les autres il y a pas grands monde sur le charolles moulins on doit êtres 3-4 dedans
Réponse de le 16/06/2017 à 16:37 :
Il y a une gare SNCF à Charolles ?
Merci de me dire ou, cela m'évitera de prendre la voiture à certaines occasions !
Réponse de le 16/06/2017 à 17:23 :
Où ? A Charolles ...
Réponse de le 19/06/2017 à 23:58 :
il y a une gare à Charolles mais je crois que la voie est déposée depuis la fin des années 90. cette ligne allait de Moulins à Macon.( section toujours en service ferroviaire de Moulin à Paray le monial). On peut toujours prendre le bus TER SNCF. qui remplace le train entre Paray et Macon Comme Paray le Monial est à 12km donc quand c'est possible suivant la destination finale autant aller prendre le train dans cette ville.
a écrit le 16/06/2017 à 11:05 :
Bel exemple du principe économique appliqué de l'offre, Macron a un énorme réseau qui le suit qui fait que les banquiers financent ses lubies sans problème, l'investissement dans des outils de production se fait également sans problème mais comme on a complètement négligé la demande pensant que la publicité suffirait à convaincre le consommateur, comme d'habitude, on se retrouve avec des cars vident qui tournent.

Et en France nous avons des centaine de milliers de gens qui ont de bien meilleures idées qui ne seront jamais financées.

Notre économie oligarchique est une aberration totale.
Réponse de le 16/06/2017 à 11:59 :
Vu votre omniprésence ici, vous devriez envoyer votre CV à La Tribune
Réponse de le 16/06/2017 à 12:26 :
Donc pour vous on ne peut pas juste aimer analyser ? Il faudrait forcément appartenir à une chapelle.

Bien entendu j'ai signalé votre commentaire qui n'est pas une volonté de débattre, ni une de parler du sujet concerné qui est seulement là pour expulser vos puissants et nombreux ressentiments si j'en crois le nombre de pseudonymes que vous exprimez pour cela.

Soyez un bon serviteur à défaut d'être un bon commentateur et arrêtez d'exposer votre incompétence aux yeux de tous, un peu d'amour propre, merci.
Réponse de le 16/06/2017 à 15:43 :
@Citoyen Blasé
L'offre et la demande sont en train de s'équilibrer d'après ce que dit l'article. Tout ceci est encore trop récent pour tirer des conclusions sur le long terme. Il y a beaucoup d'acteurs sur ce marché nouveau, chacun veut faire sa place, par la suite, le nombre d'acteurs devrait diminuer et l'offre se mettre en adéquation par rapport à la demande.
Je ne pense pas que les banques financent les bus parce qu'on les appelle les car macron, je pense que vous faites des procès d'intention.
Réponse de le 16/06/2017 à 15:44 :
J'aime bien vos commentaires, je compte combien de fois on y trouve les mots "oligarchie" ou "néolibéral".
Réponse de le 16/06/2017 à 16:01 :
@ Nicolas, d'accord avec vos objections mais bon si ce n'était pas macron combien d'investisseurs auraient suivi ce projet ?

Combien de financiers laisseraient faire un entrepreneur plusieurs d'années de la sorte avant de faire ses preuves ?

Cela ne marche pas que pour Macron bien entendu, quand on voit des Drahi, des Twitters, des bayer...

On est dans une économie oligarchique et vous le savez bien, merci.

@ celui qui me harcèle pour me troller, bien entendu j'ai une nouvelle fois signalé votre trollage.
Réponse de le 16/06/2017 à 16:27 :
Vos analyses économiques sont affligeantes. Depuis Georges Marchais on sait bien que le "grand" capital ne dirige plus le monde. Les citoyens sont lucides (quand ils sont éduqués). Ils prennent le car quand c' est moins cher, l'avion quand c'est trop loin, la voiture quand on veut être libre et le train quand on ne peut pas faire autrement.
Ensuite, même à moitié plein, les cars macrons n' augmentent pas mes impôts. Ce n' est pas le cas de la SNCF, ou les régions et l' état versent des milliards de subventions pour des trains pas mieux remplis, sans oublié 5 milliards de plus payés par les salariés qui travaillent jusqu' a 62 ans pour payer les retraites des cheminots à 52 ans. Vive les cars Macron.
Réponse de le 16/06/2017 à 16:43 :
"Depuis Georges Marchais on sait bien que le "grand" capital ne dirige plus le monde."

Hein !?

"Ensuite, même à moitié plein, les cars macrons n' augmentent pas mes impôts."

Je ne parle pas de ça mais bon vous aimez écrire à priori, vous devriez essayer de donner un sens aux mots juste pour voir. Maintenant je ne voudrais surtout pas vous sortir de votre torpeur hein, certainement pas.

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