Manifestation de 300 autocars ce matin à Paris

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12,5 millions de touristes empruntent les autocars chaque année à Paris selon la FNTV.
12,5 millions de touristes empruntent les autocars chaque année à Paris selon la FNTV. (Crédits : © Francois Lenoir / Reuters)
Plusieurs centaines d'autocars protestent aujourd'hui à Paris contre les mesures prises par la mairie sur la circulation des véhicules diesel et la hausse des prix de stationnement.

Nouvelle journée de circulation compliquée ce mardi à Paris. Après la circulation alternée et les grèves des chauffeurs VTC la semaine dernière, le trafic sera perturbé cette fois-ci par les autocars qui manifestent contre les mesures anti-pollution de la mairie de Paris.

Vers 9h, quatre rangées de véhicules bordaient déjà le cours de Vincennes, une voie reliant la place de la Nation à la Porte de Vincennes, a constaté l'AFP. Le cortège qui s'étendrait jusqu'à 4 km selon les organisateurs s'est ainsi dirigé aux alentours de 9h30 vers la place de l'Ecole Militaire, dans le VIIe arrondissement.

Échéance 2020 pour le diesel

La Mairie de Paris a décidé de durcir ses mesures pour l'écologie en bannissant les véhicules équipés de diesel de la capitale, aux alentours de 2020. "Nous ne sommes pas les avocats du diesel mais tous nos autocars en sont équipés La technologie évolue mais elle n'est pas en accord avec la politique de la Mairie de Paris", a ainsi déclaré le président de la Fédération Nationale des Transports de Voyageurs Michel Seyt, ce matin à l'AFP. Celui-ci espère ainsi être reçu par la maire socialiste pour "reprendre les négociations qui ont été rompues brutalement lundi dernier". Il a également ajouté la demande auprès du cabinet d'Anne Hidalgo "d'adapter son calendrier avec les constructeurs d'autocars, faute de quoi 12 millions de passagers devront circuler autrement".

"Il faut préserver la qualité de l'air. La profession a fait beaucoup d'efforts mais aujourd'hui, c'est un problème de perte d'emplois au niveau des autocaristes et du secteur du tourisme", a déclaré de son côté Yves Mannaerts, le directeur de la Fédération belge des exploitants d'autocars. Car si les discussions quant à la tarification du stationnement sont envisageables, c'est la décision pour 2020 qui est une "catastrophe pour beaucoup de PME qui risqueraient de disparaître" selon le président de la FNTV.

Une mobilisation largement soutenue

Le cabinet d'Anne Hidalgo avait également annoncé une hausse des prix de stationnement des autocars à partir du 1er janvier prochain: déjà fortement relevés au printemps dernier, ces tarifs pourraient en effet augmenter de 350% en un peu plus de deux ans pour certaines catégories. Quatre fédérations d'autocaristes ont ainsi décidé de manifester ce mardi 20 décembre, manifestation dans laquelle se sont greffés de nombreux véhicules, dont une cinquantaine venus de Belgique, d'Italie, d'Allemagne ou encore du Luxembourg.

Pour le président de la FNTV, soutenue par des fédérations européennes du transport routier, la politique de la capitale française "met en danger l'économie du tourisme" en mettant en évidence que "sans autocar, il n'y pas non plus de transport de groupe de touristes". Il accuse également la mairie de Paris de pratiquer une politique électoraliste sans se confronter à la réalité économique et touristique.

Depuis septembre 2015 déjà, les poids lourds et autocars immatriculés avant octobre 2001 sont interdits de circulation dans la capitale. Une interdiction étendue en juillet dernier aux véhicules les plus polluants, et qui doit aller croissant d'ici à 2020, sur la base d'un système de vignette Crit'Air obligatoire à compter du 1er janvier prochain.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 20/12/2016 à 14:12 :
"La profession a fait beaucoup d'efforts "

Tellement qu'on en a même pas vu un... Ah le lobby pétrolier, toujours la même histoire.

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