Dans cette grande semaine de présentations des comptes semestriels, assurément les résultats sont bons, voire très bons pour le transport aérien. Il reste encore du chemin à parcourir avant de retrouver le niveau de 2019, mais cela ne semble plus aussi inatteignable qu'il y a un an. Pourtant, une petite musique commence à poindre sous la mélodie d'optimisme ambiante et même à s'amplifier. Déjà fredonnée par les représentants du transport aérien français il y a quelques semaines, elle est désormais reprise par des acteurs disposant d'une audience plus large. C'est le cas d'Olivier Jankovec, directeur général de la branche Europe de l'Airports Council International (ACI), principale association professionnelle aéroportuaire.
« Nous avons un hot summer en ce moment, avec des volumes de trafic très importants », constate tout d'abord Olivier Jankovec, interrogé par La Tribune. Il cite les effets de la demande en suspens pendant deux ans, qui s'exprime pleinement pendant ce premier été avec des contraintes sanitaires très assouplies sur l'Europe et le transatlantique. Mais il ne tergiverse pas longtemps : « Au-delà de l'été nous sommes beaucoup plus inquiets, d'abord en raison de l'impact au niveau macroéconomique de la guerre en Ukraine et de la crise énergétique. Rien ne semble indiquer une amélioration de la situation, mais plutôt une guerre qui va se prolonger et la crise énergétique risque aussi d'être plus sévère. »
Alors que la demande de voyages a jusqu'ici étonnamment résisté, le patron des aéroports européens ne doute pas que l'inflation record qui découle de cette situation va finir par l'affecter. « Les revenus disponibles des ménages vont souffrir du fait de l'augmentation du prix de l'énergie, mais aussi d'un certain nombre de biens de consommation. Ils vont être beaucoup plus prudents dans leurs choix », prévient-il. Et il note que la confiance des entreprises et des ménages sur le Vieux Continent est déjà en chute libre.