Transition écologique : le coût social des transports, une bombe à retardement
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« Si nous ne sommes pas capables d'embrasser la question de la redistribution. C'est bonnets rouges et gilets jaunes mais puissance mille ». Avec ces mots, l'essayiste Antoine Buéno n'a pas hésité à jeter le pavé dans la mare ce mardi, au cours d'un débat sur l'avenir des transports lors de La Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) organisée par le Medef à l'hippodrome de Longchamps. Face à Clément Beaune, ministre délégué chargé des transports, Marie-Ange Debon, présidente du directoire de Keolis, ou encore Augustin de Romanet, PDG du groupe ADP, l'auteur de L'effondrement (du monde) n'aura (probablement) pas lieu, a mis en garde contre l'impact que pourrait avoir la transition écologique et énergétique sur le plan social.
Parti d'une réflexion sur les moyens de réguler, voire de modérer la demande de transport pour faire face à l'urgence climatique, notamment par le prix plutôt que par la réglementation, Antoine Buéno a déclaré : « Vous demandiez comment on fait pour faire la transition. C'est simple, il faut que les transports polluants soient chers. Toute la question est de savoir comment faire pour qu'ils soient plus chers que les modes non polluants, sachant que ces modes non polluants vont aussi demander des investissements. Cette situation va entraîner mécaniquement un renchérissement de tous les transports. Ensuite, il faut voir comment accompagner ça socialement. Il ne peut pas y avoir de transition, en particulier dans les transports, sans redistribution sociale massive. »
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« Il faut l'assumer d'un point de vue politique, et être très clair sur le fait que cette transition - et j'aime bien ce terme-là du président de la République - c'est la fin de l'abondance », a poursuivi Antoine Buéno, élargissant sa réflexion à un monde où « l'énergie sera plus chère et donc tout sera plus cher », d'où une croissance plus faible, sans comparaison avec les taux connus depuis la révolution industrielle. Un nouveau paradigme qui pose donc la question de la redistribution, sans quoi la colère sociale se fera de nouveau entendre.