L'Autorité de régulation des transports (ART) a publié de premiers chiffres relatifs à l'ouverture à la concurrence du rail français. Elle commence à porter ses fruits sur la grande vitesse, mais des freins importants se font encore ressentir dans la préparation des services conventionnés régionaux.Du progrès, mais peut mieux faire. C'est l'appréciation générale qui ressort de l'ouverture à la concurrence du rail français et la fin du monopole de la SNCF. Effective depuis l'arrivée de Trenitalia - qui sera rejoint dans quelques jours par Renfe -, elle commence à porter ses fruits sur la grande vitesse. En revanche, des freins importants se font encore ressentir dans la préparation des services conventionnés régionaux, autrement dit les TER.
A l'occasion d'une étude parue mardi, l'Autorité de régulation des transports (ART) a publié de premiers chiffres sur les résultats de 2022 avec des tendances positives pour les services librement organisés (SLO), mis en place principalement sur les lignes à grande vitesse et accessibles à tout opérateur demandeur. Ceux-ci ont quasiment retrouvé leur niveau de 2019 (-3%), particulièrement sur les lignes intérieures (-1%). Porté par un taux d'occupation record de 74% des TGV domestiques, ce segment a cumulé 54 milliards de passagers-kilomètre soit 6% de plus qu'avant la crise. L'international est encore un peu en retrait sur l'offre comme la fréquentation (-12 %). Mais quel que soit le segment, la progression est sensible entre 2021 et 2022.
Les liaisons régionales doivent faire la bascule
Sans en faire la cause principale de cette remontée, l'ART note l'impact de l'arrivée d'Alitalia à partir de la toute fin de 2021. Les capacités offertes par les Frecciarossa italiens ne représentent encore qu'une goutte d'eau dans l'offre hexagonale - moins de 1% face au quasi-monopole de la SNCF en propre avec Inoui (66%), Ouigo (21%) et l'ensemble de ses filiales ou partenariats internationaux, à l'instar d'Eurostar et de Thalys (5% cumulés). Mais ce début de concurrence a obligé la SNCF à réagir. Elle avait mis en place des liaisons Ouigo directes entre Paris et Lyon dès 2020, et a ajouté depuis les Ouigo train classique. Entre Trenitalia et la riposte de la SNCF, l'ART estime que l'offre sur Paris-Lyon a crû de 10% en 2022 avec « un fort effet d'induction de la demande » et des baisses de prix de l'ordre de 10% également.