Midnight Trains relance le train de nuit sur les standards de l’hôtellerie
Patrick Cappelli
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Midnight Trains
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Midnight Trains
« À nous de vous faire préférer le train » : ce slogan de la SNCF datant de 1995 pourrait être repris par Midnight Trains en y ajoutant à la fin la précision « de nuit ». Cette start-up française veut redonner du lustre à ce mode de transport tombé petit à petit en désuétude au profit des trains à grande vitesse. Elle promet pour 2024 un véritable « hôtel sur rails » et de nombreux services comme un wifi efficace, des chambres avec salle de bains, un vrai restaurant et une application pour gérer son voyage. Douze destinations sont programmées à partir de son hub parisien : Barcelone, Berlin, Bruxelles, Copenhague, Édimbourg, Florence, Hambourg, Madrid, Milan, Porto, Rome et Venise.
La jeune société cofondée par Adrien Aumont et Romain Payet, respectivement cofondateur et secrétaire général de la plateforme de financement participative KissKissBankBank, surfe sur le renouveau du voyage nocturne. Avec la prise de conscience généralisée du réchauffement climatique, le ferroviaire (mode de transport 32 fois moins polluant que la voiture et 23 fois moins que l'avion selon l'Ademe) est de nouveau tendance.
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« Ma copine a décidé de ne plus jamais monter dans un avion. Or, en Europe, dès lors que vous souhaitez vous rendre à plus de 800 kilomètres, il n'y a pas d'alternative à l'aérien. De plus, le train de nuit n'a pas évolué. On continue de voyager avec des inconnus sur des matelas de mauvaise qualité dans des rames fatiguées. Si l'on veut que les gens abandonnent l'avion, il faut mettre le paquet avec une offre radicalement différente » analyse Adrien Aumont. Lors d'un voyage de nuit avec la compagnie italienne Thello jusqu'à Milan, le couple se retrouve seul dans un compartiment. « Désirant me faire vivre un trajet agréable, ma compagne avait acheté les meilleurs fromages, la meilleure charcuterie, mon vin préféré et apporté un film que l'on voulait regarder depuis longtemps. » Arrivé à destination, le trentenaire imagine le concept d'un train de nuit à la fois confortable, durable et abordable. Et en s'assurant que la « bulle sociale » des voyageurs - seul, en couple, avec des amis ou en famille - sera préservée. Le deuxième pilier de l'offre, c'est le couchage avec un lit de qualité. Troisième proposition, une expérience digitale digne de ce nom : payer en un clic, préprogrammer sa chambre, réserver au restaurant de bord, être remboursé d'un retard avant même de descendre du train. Reste la question de la tarification. Une telle offre sera-t-elle accessible au plus grand nombre, en particulier aux jeunes de la Génération Climat avides de moyens de transport alternatifs à l'avion ? Pour Adrien Aumont, il est encore trop tôt pour parler prix. Mais il précise que Midnight Trains ne sera pas en concurrence avec le prix du simple billet d'avion mais avec le coût global d'un voyage aérien, en ajoutant le transport de la ville de départ à l'aéroport, de l'aéroport d'arrivée au lieu de destination et une éventuelle nuit d'hôtel. « Quand je voyageais en Europe pour le travail, un vol low-cost pour Barcelone me coûtait en moyenne 95 euros, auxquels il fallait ajouter 50 euros pour les trajets vers et depuis l'aéroport. Et si l'horaire de la réunion était très matinal, je prenais une chambre la veille, soit 75 euros supplémentaires. Donc, oui, dans ce cas de figure, nous serons compétitifs. » Créer une compagnie ferroviaire requiert un investissement considérable. Plutôt que d'acheter des trains neufs, très onéreux, ou d'occasion, difficiles à trouver car très demandés, la start-up a choisi la formule du leasing en s'adressant à une ROSCO (Rolling Stock Company), un acteur spécialisé dans l'acquisition de matériel roulant ferroviaire. « Nous avons fait le choix de ne pas porter l'actif, le matériel roulant, au bilan, mais de payer un loyer mensuel » explique Adrien Aumont.
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