Les batteries à métal-Ion, sans métaux rares ou stratégiques, attirent déjà l'intérêt des industriels, qui tentent de se protéger des tensions à venir sur ce marché essentiel à la transition écologique. Hive Electric, qui développe cette nouvelle technologie, est un trait d'union entre la recherche fondamentale et l'application dans l'industrie.« Nous sommes actuellement sollicités par des industriels du Chili, pays premier exportateur mondial de lithium. Nous avons été également approchés par des entreprises du Venezuela, pays qui possède pourtant des réserves de métaux critiques », remarque Nesrine Darragi, fondatrice en 2019 de Hive Electric, une jeune pousse installée à Wambrechies dans le Nord. Pour la chercheuse et docteure de Centrale Lille, « si ces entreprises recherchent des technologies alternatives auprès d'une si petite structure que la nôtre, c'est que nous devons nous préparer à une pénurie mondiale » de matériaux stratégiques, estime-t-elle.
La transition énergétique, qui va bouleverser de nombreux secteurs, comme celui de l'automobile, va entrainer une explosion de la demande de ces minerais clés. Dans cette perspective, le marché de ces métaux stratégiques pourrait connaître des tensions, à l'image de celui du lithion, aujourd'hui crucial pour la construction de batteries électriques.
Ainsi, l'entreprise de deep-tech commercialise auprès des industriels des prestations de recherche et développement, autour des nouvelles technologies de batteries sans métaux rares ou critiques, comme celles du métal-ion. A mesure que les recherches mondiales avancent sur ce sujet, Hive Electric explore les méthodes permettant d'industrialiser les concepts, sans oublier au passage leurs rentabilités.
Premiers échantillons
Après quatre ans de recherche, cette entreprise vient de lancer une première ligne-pilote pour la fabrication d'une batterie avec cette technologie métal-ion. Moins chère que les batteries avec lithium, cette batterie intègre des métaux plus communs et surtout plus faciles à recycler.
«Nous devrions obtenir les premiers échantillons de métal-ion d'ici la fin du mois : des clients sont déjà intéressés en Italie, en Autriche, en Afrique et aux Etats-Unis, dans le domaine des supercars ou des voitures de course», poursuit la chercheuse.
Gaëtane Deljurie, à Lille