Métaux stratégiques : entre Far West et innovation, le chemin de croix des recycleurs nordistes
Gaëtane Deljurie, à Lille
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Photo d'illustration
Weee Metallica
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En 2003, certains ont dû les prendre pour des professeurs Tournesol. Lorsque l'usine Métaleurop Nord qui les emploie ferme brutalement ses portes, Michel Trabuc et Christian Thomas se tournent alors vers un gisement prometteur. Celui des cartes électroniques usagées, cataloguées déchets d'équipement électrique et électronique (DEEE).
Le recyclage des métaux standards et stratégiques qui composent ces pièces n'existe alors quasiment pas à l'échelle européenne. Et la question de la souveraineté d'approvisionnement de cette matière essentielle, aujourd'hui au cœur des réflexions géo-stratégiques, ne se pose pas encore. 15 ans plus tard, au terme d'un parcours semé d'embûches, les deux entrepreneurs sont bien positionnés pour participer à la sécurisation de ces métaux stratégiques par le recyclage défendue par Emmanuel Macron.
A l'époque, ces pionniers ne souffrent d'aucune concurrence tant le recyclage de ces quelques milligrammes par carte s'apparente à un travail de Sisyphe. Le projet interpelle car la technologie demande une recherche immense pour récolter si peu de matière : de 10 à 500 grammes par tonne pour l'or (et encore en fonction des compositions), de 7 à 100 grammes pour 1.000 kilos de matière pour le palladium, l'argent, le cuivre, l'étain ou le tantale, etc.
Leur entreprise Terra Nova devient la première tête de réseau privée sur ce segment du recyclage en France. Elle travaille avec de grands centres de recherche comme le CNRS, le CEA, Polytech Lille ou encore le BRGM. En 2011, une première usine ouvre à Isbergues (Pas-de-Calais), nécessitant environ 20 millions d'euros d'investissement. Elle fonctionne avec le principe de la pyrolyse qui consiste à détruire les plastiques et les résines grâce à une montée en température des matériaux, dans une atmosphère pauvre en oxygène.
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Malgré les avancées techniques, la séparation des fibres de verre et des métaux reste difficile. Terra Nova mise alors sur un autre procédé : l'hydrométallurgie. Cette technologie permet notamment, via des solvants spécifiques, de récupérer le cobalt ou le tantale, matériaux présents aujourd'hui dans les batteries, pour lesquels il n'existait pas de solutions à l'époque.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

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