Les fonds flexibles, amortisseurs de crise
Rachel Montero
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La volatilité des marchés financiers, cumulée aux baisses enregistrées depuis le début de l'année, n'incite guère les particuliers à s'intéresser aux produits de gestion. Dans ce contexte plutôt morose, la gestion flexible paraît tirer son épingle du jeu et drainer une collecte non négligeable, en particulier auprès de la clientèle patrimoniale. Il faut dire que celle-ci dispose d'arguments convaincants.
La gestion flexible consiste en effet à arbitrer entre les différentes classes d'actifs (actions, obligations, instruments monétaires, devises, matières premières, etc.) afin de tirer profit de façon dynamique des différentes phases de marché. Le comportement de cette gestion est, dans ce cadre, dit « asymétrique », c'est-à-dire qu'elle doit permettre d'atténuer les baisses des marchés financiers en jonglant entre les différents actifs, voire de protéger pendant ces périodes le capital des souscripteurs, mais aussi à l'inverse de bénéficier des hausses.
Outre ses qualités intrinsèques, à l'origine de l'engouement pour cette technique de gestion auprès de la clientèle des particuliers, on trouve une société de gestion, Carmignac Gestion, et un de ses fonds, Carmignac Patrimoine, adulé par les conseillers en gestion de patrimoine indépendants.
Les belles performances de Carmignac Patrimoine
Ce fonds affichait à la fin de mai une performance sur un an de 10,84 %, sur trois ans de 5,91 % et sur cinq ans de 7,33 %. Il a ainsi réussi à générer de la performance sur le moyen terme et cela malgré plusieurs crises majeures. Qui plus est, la perte maximale enregistrée sur ce fonds sur cinq ans est seulement de 10,62 % alors que sur la même période la perte maximale constatée sur l'Eurostoxx 50 a été de 58,58 %. Ce fonds est géré selon un processus dynamique de couverture qui permet de protéger le capital des souscripteurs. « Le niveau d'exposition du fonds aux marchés actions est piloté par des instruments de couverture qui permettent d'être très réactifs. Côté performance, la partie actions de ce fonds joue comme thématique dominante l'augmentation du niveau de vie dans les économies émergentes, en investissant à la fois dans les entreprises européennes et américaines dont une grande partie du chiffre d'affaires est générée dans les pays émergents, mais aussi en investissant directement dans les entreprises des pays émergents », précise Didier Saint-Georges, membre du comité d'investissement de Carmignac Gestion.
Cette capacité à piloter la ges-tion d'actifs en fonction des différentes phases de marché, qui a fait le succès de Carmignac Gestion, est-elle généralement partagée par les gérants spécialisés dans la gestion flexible ? Pour évaluer cette classe d'actifs, nous nous sommes appuyés sur une étude réalisée pour La Tribune par la société d'analyse et de comparaison de fonds Quantalys, qui a mis en place depuis l'an dernier un observatoire de la gestion flexible. Celui-ci réunit 70 fonds, à savoir les principaux fonds accessibles sur le marché français pour les particuliers notamment à travers l'assurance-vie et pour les investisseurs institutionnels. En moyenne, selon cette étude, les fonds flexibles ont délivré une performance meilleure que celle des marchés actions et cela en intégrant des périodes de baisse et de hausse des marchés actions.« Sur une période de cinq ans comprenant la crise de 2008, le rebond des marchés actions en 2009 et en 2010, à nouveau les fortes baisses de 2011, et enfin les mouvements à la hausse et à la baisse de 2012, les fonds flexibles affichent en moyenne une performance supérieure aux marchés actions exprimée à travers l'Eurostoxx 50 », précise Jean-Paul Raymond, directeur du développement de Quantalys. Qui plus est, les pertes maximales enregistrées sont, là encore, en moyenne inférieure à celles de l'Eurostoxx 50, puisqu'elles ressortent à 26,96 % contre plus du double pour l'Eurostoxx 50. Enfin, la volatilité, qui reflète le risque, apparaît là aussi maîtrisée. « Sur cinq ans, la volatilité moyenne des fonds flexibles est de 11,91 % tan-dis que celle des marchés actions est de plus de 25 % en moyenne sur longue période », poursuit Jean-Paul Raymond. Performance et maîtrise des risques caractérisent donc les fonds flexibles. Ces moyennes cachent cependant des performances et des niveaux de risque disparates selon les fonds.
Rachel Montero
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