Transformer la réalité virtuelle en argent sonnant et trébuchant
Nicolas César, à Bordeaux
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C'est une petite entreprise qui ne connaît pas la crise. En 2012, Immersion affichera une croissance de 20 % avec un chiffre d'affaires à 6,4 millions d'euros ! Et, le meilleur est encore à venir. Cette société, basée à Bordeaux, championne européenne des solutions de simulation visuelle et de réalité virtuelle clés en main sur mesure, part à la conquête du monde. Elle vient de livrer à Transmash holding, principal fabricant de matériel ferroviaire en Russie, une salle de revue de maquette numérique pour fabriquer le futur tramway russe. Mais surtout, cette PME innovante s'apprête à ouvrir des agences aux États-Unis, avec 3D California, et au Canada avec Optimumarc. « L'idée est que ces partenaires soient les relais et distributeurs de nos solutions dans ces pays », explique le PDG, Christophe Chartier.
Une technologie qui plaît aux industriels
De fait, le marché est en pleine expansion. Et si, à 45 ans, le dirigeant d'Immersion a aujourd'hui une longueur d'avance sur ses concurrents, c'est qu'il a compris très tôt que la conception virtuelle 3D allait décoller dans l'industrie. Lorsqu'en 1994, après des études de marketing à Bordeaux, il crée sa société, le concept de réalité virtuelle n'en est qu'à ses prémices. « Les applications industrielles étaient encore quasi inexistantes », rappelle-t-il. Dès la fin des années 1990, il signe son premier « gros coup » en réalisant pour le groupe PSA le lancement virtuel de la Xsara Picasso dans 66 concessions.« Les industriels ont alors mesuré tous les bénéfices de cette technologie : raccourcissement des délais de conception par rapport à une maquette physique, visualisation à l'échelle réelle, facilitation du travail en équipe pluridisciplinaire et à distance, accélération du processus de décision », détaille Christophe Chartier. Depuis, il enchaîne les contrats. Aujourd'hui, Immersion a séduit les plus grands : LVMH, PSA, Renault, l'armée de l'air française, EADS, Airbus, Eurocopter, Areva... L'aéronautique est son premier client. Récemment, l'entreprise a réalisé un simulateur de tour de contrôle à 360 ° pour l'Enac (École nationale de l'aviation civile) Toulouse.
Pour croître, Christophe Chartier a toujours misé sur l'innovation. Autour de ses salles immersives, ce PDG visionnaire a su développer des applications uniques, brevetées comme la table tactile multipoint et le Cube 3D, « Cubtile », qui permettent de manipuler intuitivement les objets avec un réalisme et une praticité à couper le souffle. L'enjeu de demain est justement d'imaginer des applications améliorant l'usage et la simplicité de ces salles 3D. « En 2010, nous étions les premiers au monde à présenter, à la grande conférence Siggraph aux États-Unis, une table offrant à la fois une visualisation en 3D des éléments et une interaction tactile avec plusieurs personnes », souligne Jean-Baptiste de la Rivière, directeur recherche et développement chez Immersion.
Nicolas César, à Bordeaux
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