BLOG. L'oeil des Bosons sur les élections régionales et la montée du FN.
Dimanche soir
Dimanche soir, j'allume la télé et je m'étonne Je m'étonne que le Front National puisse conquérir 6 régions Je m'étonne que les jeunes aient pu être séduits Je m'étonne du sens que ce vide semble apporter
Dimanche soir, j'allume la télé et j'observe J'observe l'échec de la réponse républicaine J'observe des partis s'inscrire en contre, mais bougrement incapables d'alternatives sensées et audacieuses J'observe la peur et la lassitude, puissants leviers
Dimanche soir, j'allume la télé et j'entends J'entends un bruit sourd et profond partout en Europe J'entends le repli vers les extrêmes J'entends déferler une vision du monde, simpliste donc cohérente
Dimanche soir j'allume la télé et je comprends Je comprends que 30 ans de chômage laissent des séquelles Je comprends la détresse financière Je comprends que parmi les diplômés un quart ne trouvera pas d'emploi
Dimanche soir j'ouvre les yeux sur le monde et je vois Je vois que d'autres pays ont fait d'autres paris Je vois que certains peuples ont eu le courage du progrès et de la réforme Je réalise que le Canada et son gouvernement multicolore et multi-compétences me fait rêver
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Dimanche soir dans un an Je marche dans les rues de France dans la rue et j'imagine. J'imagine devoir faire 200 km pour aller au planning familial J'imagine des certitudes imposées sur la famille, le couple, l'amour J'imagine le nombre de policiers
Dimanche soir dans un an, je vois Je vois les conditions de naturalisation se durcir Je vois la suppression du droit du sol Je vois la fin du regroupement familial
Dimanche soir dans un an, j'apprends J'apprends que le système carcéral sera bien plus accueillant J'apprends que le jeudi, on ne sert que du porc dans les cantines J'apprends qu'à défaut du reste, l'euro sera franc
Dimanche soir dans un an, j'allume la télé et je note Je note que 30 ans de chômage laissent toujours des séquelles Je note une détresse financière qui persiste Je note que la simplicité séduit, mais qu'elle ne change rien
Dimanche soir, je marche dans un roman d'Orwell, la littérature en moins
Dimanche soir. J'éteins la télé. Dimanche matin je vote.