La guerre, cette mauvaise série Netflix
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VIOLETA SANTOS MOURA
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Entendu à la rédaction ce vendredi soir : « J'ai l'impression de vivre dans une série Netflix ! ». Il faut dire que la succession d'événements dramatiques semble tout droit sortie des scénaristes d'Hollywood, pourtant en grève depuis juillet. A peine sommes-nous débarrassés du choc du Covid, première pandémie du 21ème siècle, que la guerre s'est invitée dés février 2022 aux portes de l'Europe avec l'invasion russe en Ukraine et son lot d'atrocités. La riposte en cours d'Israël pour « détruire le Hamas » dans la bande de Gaza, en réaction aux massacres perpétrés le 7 octobre sur sa population civile, fait entrer le monde dans une nouvelle ère d'incertitudes.
Pas seulement parce qu'il faut craindre comme avec la guerre du Kippour il y a cinquante ans une nouvelle flambée des prix de l'énergie en cas de contagion dans toute la région. Mais aussi, comme on l'a vu avec les premiers attentats terroristes, en France vendredi à Arras, ainsi qu'en Chine, parce que cette guerre-là pourrait s'exporter à l'intérieur de toutes les démocraties occidentales. Dés le lendemain de l'intervention télévisée d'Emmanuel Macron en soutien à Israël, la France est entrée en "alerte attentat". La guerre pourrait aussi s'étendre au niveau régional à l'Iran dont la complicité, voire la responsabilité dans l'attaque du 7 octobre, semble engagée.
Comme la Russie veut effacer l'idée même d'Ukraine démocratique à ses portes, le Hamas et avec lui l'Iran veulent la disparition de l'Etat d'Israël. L'impasse est totale. Il ne manque plus que l'ouverture d'un troisième front en Asie, avec la Chine qui nie l'indépendance de Taïwan, pour que le film catastrophe soit complet. Sans parler de troisième guerre mondiale encore, ce qui se déroule sous nos yeux y ressemble furieusement, avec la montée en première ligne d'empires régionaux : Russie, Iran, Chine, la cocotte-minute siffle de plus en plus fort.
Cette nouvelle géopolitique mondiale s'impose à l'économie et pourrait avoir des conséquences lourdes sur les prix de l'énergie, a reconnu depuis les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Marrakech le ministre de l'économie et des finances, Bruno Le Maire. Conclusion : toutes les prévisions du projet de loi de finances de la France risquent de connaître une obsolescence précoce : 1% de croissance en 2024 (après 1,4% cette année) et 2,6% d'inflation, soit la moitié de cette année, le pari est tenable, mais osé. Il est soumis au risque d'une nouvelle flambée des prix du pétrole et du gaz, sur un marché tendu.
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