Le débat politico-médiatique est prompt à s'enflammer sur le prix du paquet de farine ou celui de l'essence. Sur le logement, on vit depuis un an une crise d'une rare violence dans une quasi-indifférence. La hausse des taux d'emprunt empêche beaucoup de salariés d'acheter un logement, neuf ou ancien. Dans une réaction en chaîne, cela impacte le marché de la location, où très peu de logements se libèrent. Cela a même des conséquences sur les hébergements d'urgence, qui sont saturés ! Tout le secteur se grippe.
Comme le nombre de logements en construction et le nombre de permis de construire - nos futurs logements neufs - sont en chute libre, la situation ne peut que s'aggraver dans les mois et les années qui viennent. Sans oublier que, dans le même temps, la population française augmente : la pression sera exponentielle ! Pour avoir été adjoint au maire d'une grande ville, puis député et ministre pendant plus de vingt ans, j'ai vu d'autres crises. Je constate malheureusement que le gouvernement prend le risque de répéter aujourd'hui les mêmes erreurs, entraînant les mêmes dégâts.
À commencer par la passivité. Certains responsables politiques attendent peut-être qu'une forte baisse des prix compense la hausse des taux et relance « mécaniquement » le marché immobilier. L'expérience a pourtant montré que cela ne se produisait pas. Par ailleurs, comme chaque fois que Bercy cherche à faire des économies, il propose d'en faire sur les dépenses en faveur du logement : c'est ainsi que l'on a resserré les critères du prêt à taux zéro ou que l'on supprime tout avantage fiscal pour l'investissement locatif. Il suffit d'un peu de mémoire pour savoir que cela a pour effet d'aggraver la crise en rendant encore plus difficile l'achat d'une maison ou d'un appartement pour les Français.