Le taux de chômage structurellement élevé en France démontre que notre modèle économique n'est pas satisfaisant. Pourtant, il existe 100.000 offres d'emplois qui ne trouvent pas preneurs dans la restauration et 50000 dans l'industrie. L'une des pistes pour remédier à ce paradoxe est celle de l'apprentissage et de la formation professionnelle, qui sont depuis des décennies les parents pauvres du système éducatif. Cette situation est due selon l'OCDE au fait que « l'enseignement professionnel apparaît souvent comme une branche bonne seulement à accueillir "les enfants des autres" face aux cursus généraux que viennent couronner des études universitaires, tenues pour le nec plus ultra ».
Mais les regards sont en train de changer en raison de « la persistance d'un chômage élevé chez les jeunes » et du « caractère imprévisible du monde du travail contemporain » qui voit le développement rapide de l'automatisation de tâches répétitives manuelles mais aussi, aujourd'hui, intellectuelles. La nécessité de s'adapter à cette nouvelle donne revalorise donc un enseignement professionnel dont l'OCDE rappelle qu'il « favorise grandement l'intégration des individus sur le marché du travail, l'approfondissement des connaissances et le développement personnel ». Il est donc logique que nombre de pays investissent dans l'apprentissage et la formation, vecteurs d'une meilleure productivité des individus et d'économies plus compétitives.
Mais le système français se distingue : selon l'OCDE, seuls 36 % des individus ont recours à la formation professionnelle contre 53 % en Allemagne et 56 % au Royaume Uni. Pire, il ne bénéficie pas en priorité aux plus concernés : les salariés les moins qualifiés et les seniors qui font partie des catégories les plus exposées au chômage. Quant à l'apprentissage, selon le ministère du Travail, le pays comptait en 2017 à peine 400.000 apprentis, soit 7 % des jeunes (16-15 ans), un taux largement inférieur à la moyenne européenne (15 %). Pourtant, 70 % des apprentis trouvent un emploi dans les 7 mois qui suivent la fin de leur formation alors qu'aujourd'hui 1,3 million de jeunes ne sont ni à l'école, ni à l'université, ni en apprentissage, ni en emploi. Un véritable « gâchis », selon le ministère.