"La rigueur budgétaire est une fable morale"

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Michel Santi, économiste
Michel Santi, économiste
Michel Santi est l'auteur de "Splendeurs et misères du libéralisme", ouvrage dans lequel il s'interroge sur les raisons de la crise qui secoue l'Europe. Dans cette chronique, il explique que la rigueur budgétaire ne doit pas être une politique en soi et qu'elle ne sert aujourd'hui qu'à masquer l'idéologie du "moins d'État". Il considère pour sa part que les déficits publics doivent être utilisés pour leur pouvoir lissant sur la conjoncture. Le seul objectif de l'État devant être le plein emploi.

L'un après l'autre, tous les arguments - ou prétextes ? - en faveur de l'austérité tombent, comme dans un jeu de quilles. Les déficits seraient une charge supplémentaire qui pèse sur les générations futures ? Ceux qui le prétendent n'ont toujours pas compris qu'augmenter la dette aujourd'hui n'est nullement un transfert inter générationnel, mais intra générationnel. Car c'est les débiteurs - demain - qui devront en effet rembourser les créanciers de demain. Les déficits nuiraient à l'investissement ? Alors qu'en période de déprime du secteur privé, l'Etat se doit précisément de prendre intensivement le relais en arrosant de liquidités les acteurs de son économie. Ces mêmes déficits conduiraient à l'envolée des taux d'intérêts ? C'est en fait tout le contraire que l'on constate, en tout cas dans des pays lourdement endettés néanmoins bénéficiant d'une monnaie « souveraine », à savoir les Etats-Unis et le Japon... (Pour une argumentation complète, lire : « Splendeurs et misères du libéralisme », éd. L'Harmattan).

Stimuler l'investissement et réduire les inégalités

Bref, l'Etat doit au contraire s'endetter davantage et creuser ses déficits dans le but de rétablir le plein emploi, même si nos gouvernants actuels refusent catégoriquement de faire appel à la dette pour relancer l'activité économique. Leur seul et unique objectif - ou obsession ? - étant donc d'équilibrer leur budget. La consolidation fiscale fait-elle une politique ? Tandis que les femmes et les hommes qui nous dirigent devraient plutôt avoir pour ambition de stimuler l'investissement et de réduire les inégalités ! Comment parviennent-ils encore à défendre l'austérité - et donc l'accélération du chômage - quand ils peuvent tout à la fois user judicieusement et équitablement du levier de la fiscalité, tout en faisant pression sur une Banque centrale européenne qui se désintéresse totalement de la croissance. Les dépenses publiques sont drastiquement revues en baisse alors que les efforts et énergies devraient être concentrés sur la hausse de la taxation des classes aisées, et sur la contribution active de la BCE à la reprise de la croissance.

La rigueur est au service du "moins d'État"

A moins que l'argumentation fallacieuse derrière laquelle se dissimulent les tenants de l'orthodoxie ne serve à détourner les attentions de leur motivation réelle. Qui reviendrait à faire encore et toujours plus régresser l'Etat, exactement selon le modèle britannique actuel et de l'aveu même de son Premier Ministre qui vient de stigmatiser les pauvres et les chômeurs qui, toujours selon lui, auraient « fait un choix de style de vie »... C'est donc au nom des « réformes structurelles » et des « il n'y a aucune alternative à la rigueur» que l'on sabre allègrement les dépenses sociales, et que l'on oppose un veto dédaigneux à toute création d'emplois qui serait redevable au stimulus étatique. A l'instar de la Présidente du MEDEF qui professait que, comme « la vie est précaire, l'amour est précaire, pourquoi le travail ne serait pas précaire ? »

Ainsi, les ardents défenseurs d'une finance et de comptes sains exigent que le niveau de l'emploi soit dépendant du seul degré de confiance qui prévaut dans le milieu des affaires. Alors qu'il a été maintes fois attesté ces vingt dernières années que la spéculation boursière et financière était la principale raison de la dégradation de la conjoncture économique. Sous couvert d'une argumentation économique, cette obstination jusqu'au boutiste qui se bat farouchement contre la doctrine du plein emploi masque pourtant de moins en moins bien ses vrais motifs politiques, voire idéologiques. Circonscrire les dépenses publiques strictement aux revenus engrangés par l'Etat n'est en fait ni plus ni moins qu'une fable morale contée par celles et ceux qui s'érigent en donneurs de leçons ès responsabilité. Derrière leur "storytelling" qui abuse le commun des mortels à qui l'on fait croire qu'il faut gérer le budget d'un État comme les cordons de la bourse d'un ménage, ces pourfendeurs des déficits préservent très prosaïquement les intérêts de la classe dominante. Celle-là même qui, en voyant tout sous le prisme de l'accumulation et de l'enrichissement matériels, se voyait qualifiée par Keynes de « semi criminelle » et de « semi pathologique »...

Ne pas confondre économie et morale

Tout en étant symptomatique de la domination des rentiers sur nos économies, ce diktat de l'austérité révèle également une classe dirigeante et intellectuelle qui ne parvient décidément pas à aborder les fondamentaux économiques sous le bon angle. Pourquoi ne pas en effet intégrer à cette équation de la dette des paramètres aussi déterminants que le niveau des taux d'intérêt et de l'inflation ? Et pourquoi s'obstiner à considérer qu'une économie saine doit forcément être à l'équilibre (budgétaire et comptable) quand une activité économique - par essence dynamique, c'est-à-dire instable - requiert épisodiquement l'intervention lissante des fonds publics ? Il ne faut donc surtout pas confondre économie et morale, car celles et ceux qui ont besoin d'être soutenus n'ont commis nul pêché.  Avant - bien avant - que de chercher à équilibrer ses comptes, l'Etat doit avoir pour seule préoccupation de remettre ses citoyens au travail.

*Michel Santi est un économiste franco-suisse qui conseille des banques centrales de pays émergents. Il est membre du World Economic Forum, de l'IFRI et est membre fondateur de l'O.N.G. « Finance Watch ». Il est aussi l'auteur de l'ouvrage "Splendeurs et misères du libéralisme"

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a écrit le 13/04/2013 à 0:55 :
Encore des fariboles d'économiste ou de financier! Qui reposent sur le dogme inébranlable de la croissance, encore et toujours! Or la croissance ne peut plus croître que négativement comme il est d'usage de le dire, pour une raison simple: la production de pétrole ne peut plus croître et avec 1100 Gb de réserves (chiffre communément admis) et une consommation de 30 Gb annuelle, en 2050, c'est la panne sèche....Maintenant déduisez-en ce que vous voulez!
a écrit le 11/04/2013 à 14:13 :
Il y a sur ce fil une discussion sur la dette publique discutée en termes puremement financière qui fait largement abstraction de l'èconomie réelle! Je vais prendre 2 exemples pour illustrer ce que doit a été le role des etats et le role des entreprises privées. Le monde numérique dont personne ne conteste l'impact sur la croissance repose sur la microélectronique (les microprocesseurs pour faire simple) et l'optoélectronique (les fibres optiques pour faire simple). les recherches de ces 2 secteurs ont entièrement effectuées dans le secteur publique et ont donc contribuées a la dette publique. Par contre la production est dans le secteur privé. Tout ce qui fait aujourd'ui en microélectronique repose sur desrecherches antérieures. a 1970. Tout ce qui fait en optoélectronique repose sur desrecherches antérieures a 1985. Il eut été impossible que tout cela puisse se passer dans le secteur privé a cause de la taille des investissements et de la durée de ceux-ci. De là on peut tirer une conclusion: seule la puissance publique peut assurer les risques a long termes. Une question: Peut-on estimer que le résultat spectaculaire de cesrecherches aient eté remboursée a lapuissance publique. Je ne crois pas.
J'ai prisl'exemple de larecherche qui est l'exemple typique de ladépense publique pour preparer le futur a long terme. Il aurait plus simple de prendre l'investissement dans le personnel enseignant de l'EN qui est une grosse dépense de l'etat (le deuxième poste apres le service de la dette)

Pour finir y a-t-il un mécanisme qui rembourse les investissements de la puissance publique souvent présentée comme source de dépenses inutiles. Pour moi la réponse est non.
a écrit le 11/04/2013 à 9:30 :
ce que tous ces gens ne disent pas c'est que si on fait rien cela sera pire a moyen terme
parce que on dans un système et qu'on peut pas aller a contre courant trés longtemps.
les partisans de la dette en augmentation permanente font l'hypothèse que cela provoque de la croissance : rien n'est moins sur et et si ce n'est pas le cas cela agravera les choses.
D'autre part quand on signe des traités faut les respecter !!!
Le vrai problème c'est que l'europe n'est pas equilibrée qu'on ne peut pas reculer et avancer difficilement. Faut t'il que l'europe a vocation fédérale est une construction essentiellement de gauche ???
ce qui ennuie les politiques c'est beaucoup de décisions sont prises à bruxelles cequi réduit considérablement leur pouvoir, mais c'est une conséquence du fédéralisme qu'on nous impose,
a écrit le 10/04/2013 à 19:11 :
Tous ces "profs" qui n'ont jamais exercé aucune responsabilité dans le monde réel feraient mieux de continuer à jouer avec les étudiants plutôt que vouloir donner des leçons aux adultes... Depuis 5 ans, on les entend constamment raconter des âneries ....
Réponse de le 11/04/2013 à 1:37 :
très bon. on ne pouvait pas mieux dire. en tout cas, les 60 milliards de charge de la dette ne sont pas "une fable" ;)
Réponse de le 11/04/2013 à 10:19 :
Le plein emploi ne pourra exister qu'avec moins de différence de salaire entre lees pays riches et les pays pauvres. Sinon, les achats des pays riches vont faire le plein emploi dans les pays pauvres et pas chez eux. CQFD
a écrit le 10/04/2013 à 17:56 :
Le seul objectif de l'état devrait être le plein emploi ?

ah et pourquoi donc ?

Le vrai objectif devrait être le bonheur des citoyens, travail pour ceux qui veulent travailler s'ils trouvent ça intéressant, et loisirs, pour ceux qui préfèrent les loisirs.

Un bon moyen serait un réglage adéquat de la natalité : juste ce qu'il faut pour que tous les appelés à la vie aient du travail. Et sortir de l'incitation à la natalité héritée du temps où on avait pour projet de coloniser le quart de la terre entière, et où l'on comptait sur les allemands pour déclencher une guerre pour nous débarrasser d'éventuels sureffectifs.
a écrit le 10/04/2013 à 11:41 :
Les politiques d'austérité conduites en Europe sont un échec évident: les courbes de l'endettement/PIB et de baisse du PIB sont diamétralement opposées: austérité + = PIB - = % endettement/PIB = ++.
Il est étonnant de voir combien de gens, et sans doute parmi eux touchés par la crise, ont adopté le discours qui sous-tend ces politiques de toujours moins d'état. Comme quoi l'endoctrinement fonctionne plutôt bien. Cela dit, le problème n° 1 de la gauche française, est de ne pas avoir renouvelé ses idées depuis l'après guerre. Or, si l'état a un rôle à jouer, cela ne doit pas se faire su détriment des agents économiques qui créent de la richesse, soit avec une fiscalité trop lourde, soit avec une bureaucratie sclérosante. Les pays nordiques ont plutôt bien géré cette apparente contradiction entre le nécessaire financement de l'état et l'indispensable stimulation de la création d'entreprises et de richesses.
Enfin à tous ceux qui fustigent l'état, je voudrais qu'ils s'expriment sur le cas Amazon pour n'en citer qu'un: quel serait le CA d'Amazon en France si les routes pour acheminer les colis aux particuliers étaient défectueuses, si les français n'avaient pas un niveau d'éducation suffisant pour lire des bouquins et si les colis étaient systématiquement détournés faute de sécurité suffusante ? Est-il normal qu'Amazon se dédouane aussi aisément de ses obligations fiscales alors même que cette entreprise profile pleinement du marché français ?
Soyons sérieux un instant et arrêtons de nous faire mousser avec des qualificatifs de "gauchiste" ou de "droitiste". La dette publique n'a jamais autant augmenté que sous Sarkozy.
Réponse de le 10/04/2013 à 16:00 :
pour info, l'austérité actuelle, ce n'est pas moins d'état, moins de dépenses,m ais tjrs plus d'impots pour tjrs plus d'état, et c'est cela qui en marche pas.
Pour Amazon, vous avez le discours classique des socialistes qui disent que l'entreprise n'existe que parce que l'état l'a permis. Mais si l'état ne fournissait pas les routes, la santé et l'éducation, le privé s'en chargerait, et bien mieux et moins cher. Trouvez moins donc un seul (je dis bien un seul) bien fournit de façon plus efficace et à moindre cout par l'état ? si c'était possible, l'URSS n'aurait pas fait faillite .... comme bientôt la France ...
Réponse de le 10/04/2013 à 16:41 :
la santé. mons chère en France et de bonne qualité.
aux US. bonne qualité mais 5 à 6 fois plus cher.
Réponse de le 10/04/2013 à 17:19 :
La question n'est pas de savoir si l'offre publique est plus efficace ou moins coûteuse que l'offre privée, mais dans quels secteurs le privé peut-il se substituer avantageusement à l'état... Croyez vous sincèrement que la recherche fondamentale pourrait-être financée par le secteur privé ? Pensez vous qu'il serait raisonnable de confier la sécurité d'une nation au secteur privé ? Croyez vous que le secteur privé construirait des routes pour désenclaver un village de 50 habitants ? Pensez-vous un seul instant que la charité suffirait à éduquer ou soigner des individus sans revenu ?
Réponse de le 11/04/2013 à 8:34 :
Les autoroutes. Cf l'A7 qui n'a plus d'enrobés drainants depuis le privé
Les grandes écoles ou le rapport coût des études/ valeur du diplôme mesuré par les premiers salaires est devenu catastrophique
Les hôpitaux: comparés à la Grande Bretagne, au Canada et aux US, vive la France pour la majorité de la population
Les médicaments, ou aux Us l'aspirine est interdite car trop efficace et ne rapportant rien aux pharmaceutiques
La recherche fondamentale
L'enseignement privé ou seul compte le taux de réussite au bac et qui ne prépare en rien leurs élÚves au maquis des formations
L'armée ou les milices privées américaines ne font plus soumises qu'à leur propre loi et même plus à la convention de GenÚve
Et plus globalement tout le secteur des transports, de l'éducation, de la défense, de la police, des impôts, de l'aide sociale, de l'accompagnement des personnes âgées, etc....
a écrit le 10/04/2013 à 11:38 :
Excellent !
Ceux qui pronent de "Circonscrire les dépenses publiques strictement aux revenus engrangés par l'Etat" sont ceux là même qui privent l'Etat de ses revenus en défiscalisant, en fraudant et en évadant leurs revenus, donc on comprend bien pourquoi la spirale est à la récession.
a écrit le 10/04/2013 à 10:18 :
Avant de me prononcer sur cette nouvelle assertion de ce monsieur, je vais éplucher mes prochaines factures et consulter mon contrôleur des impôts...
a écrit le 10/04/2013 à 10:01 :
Je suis étonné que personne ne prend appui sur le contexte actuel pour prendre acte du fait que l'évasion fiscale est estimée selon ceux qui s'investissent sur la question entre 40 et 80 milliards (le fisc a récupéré en 2012 16 milliards!). D'autres argumentent que si l'etat n'etait obligé d'emprunter sur les marchés financiers la dette publique serait située entre 17% et 50%. Tout cela suggére que le montant de la dette n'est certzinement pas le vrai problème sur une base purement comptable qui est un minimun de lapensée économique.
Réponse de le 10/04/2013 à 16:01 :
je suis étonné que vous ne remarquiez pas qu'à chaque foisque l'état augmente le déficit, les chiffres de la fraude sont augmenté d'autant pour correspondre au déficit de l'état et dire que s'il est en déficit, c'est la faute à la fraude ...
Réponse de le 11/04/2013 à 13:17 :
Votre réponse serait intéressante si celle-ci était accompagnée de chiffres qui justifient votre argumenttion qualitative. S'agissant de la dette il serait interessant d'analyser lagenèse de celle-ci. En effet il arrive a un moment ou les prelevements obligatoires peut arriver au refus du consentement a l'impot et donc entre autres a latriche.
a écrit le 10/04/2013 à 8:06 :
J'ai trouvé!! Ce Monsieur conseille les banques centrales du Liban, du Paraguay et d'Indonésie.Me voilà rassuré sur ses compétences!!
Réponse de le 10/04/2013 à 8:26 :
C'est chic d'avoir un gauchiste qui écrit dans la Tribune..
a écrit le 09/04/2013 à 21:44 :
L'Etat doit avoir pour seule préoccupation de tout mettre en oeuvre pour le bien-être et la protection des citoyens, les banques centrales doit avoir pour seule préoccupation l?équilibre des comptes publics et les entreprises doit avoir pour seule préoccupation de faire des bénéfices. Au citoyen de choisir les priorités.
Réponse de le 10/04/2013 à 12:02 :
Je ne connais pas ce Monsieur. Votre réaction n'apporte rien au débat qui devrait etre une argumentation et non un jugement sur le personnage, fut-il ironique. En attendant de vous lire.....
a écrit le 09/04/2013 à 19:08 :
*Michel Santi est un "économiste" franco-suisse qui conseille des banques centrales de pays "émergents". Il est "membre" du World Economic Forum, de l'IFRI et est "membre" fondateur de "l'O.N.G. « Finance Watch »". Il est aussi l'auteur de l'ouvrage "Splendeurs et misères du libéralisme". il faut ajouter aussi qu'il est le porte parole de "Keynes", un fonctionnaire aussi qui prône le plus d'état, mal grès une obésité mortelle.
Il serai intéressant de savoir quels sont les gouvernements qui sont conseillés par ce déconomiste, car il va les maintenir dans le tiers-mondisme à vie, il doit surement travailler dans une administration pour prôner plus de dépenses, avec de l'argent, qu'il évite de mentionner la provenance, par malhonnêteté intellectuelle, à l'heure où on a besoin de plus d' ECONOMIE, mot qui semble échapper à notre ami, la Tribune ferai mieux de vérifier le cursus de ce monsieur, et ne pas appeler économistes ceux qui ne le sont pas.
Réponse de le 09/04/2013 à 21:06 :
L'austérité réduit l'activité, ce qui réduit ensuite les ressources fiscales et accroît le déficit, donc la dette. C'est ce qui se passe partout où l'austérité est utilisée ; nul part elle n'a permis de réduire la dette.
Vous semblez avoir peur des impôts, mais avec l'austérité, vous aurez moins de salaires (ou de rentes, je ne sais pas comment vous vivez), perdrez peut-être votre emploi ou verrez votre entreprise faire faillite. Je ne suis pas sûr que ce soit mieux.
Les gens qui soutiennent la rigueur utilisent toujours votre argumentation, mais ne répondent jamais au problème de la récession produite par la rigueur ; jamais ils n'admettent que cette politique accroît l'endettement, en dépit de son but affiché.
Réponse de le 10/04/2013 à 11:24 :
M. PierreFirode,
L'augmentation abusée des impôts est à l'origine de la perte de confiance, et conséquence logique du chômage qui augmente, cette austérité d'augmentation des impôts et destructive économiquement, non seulement, les investisseurs étrangers réfléchissent à deux fois avant de venir, mais en plus, les investisseurs nationaux ralentissent, cherchent ailleurs.
La dépense publique ne vient pas de nulle part, soit par la dette, soit par l?augmentation des impôts déjà à la limite de la confiscation.
M. SANTI parle bien de l'austérité au sens dépenses publiques, et dans ce genre de modèle à la Keynes, il faut toujours prévoir le retour à moins d'état lorsque l?économie remarche bien, ce qui est impossible en France, toute dépense étatique conjoncturelle, sera maintenues, résultat, 57% du PIB qui n'est pas prêt de baisser, on finira surement à 60% du PIB de dépenses avec ce genre de modèle, une augmentation encore des impôts, une fuite des investisseurs, et au final, un chômage en constante augmentation.
Vous vous demandez comment je vis, je n'ai rien à cacher, je ingénieur, suis salarié dans le privé, et je risque de perdre mon travail à tout moment, je ne suis pas économiste, mais c'est un domaine qui m?intéresse autant que l'ingénierie.
Réponse de le 10/04/2013 à 13:31 :
@L'Oracle : je suis assez à l'aise avec l'augmentation tendancielle, sur le long terme, du poids de la dépense publique dans le PIB. Depuis deux siècles, ce ratio augmente régulièrement dans tous les pays développés, et il est fortement corrélé avec l'Indice de Développement Humain, et ce partout dans le monde. Deux exemples à ce sujet : en 1974, à son arrivée au pouvoir, Giscard disait "si les dépenses publiques dépassent 40 % du PIB, ce pays sera devenu socialiste" ; aujourd'hui, elles sont au delà dans tous les pays de l'OCDE. A côté de cela, le Venezuela, dirigé pendant 10 ans par le très socialiste Hugo Chavez, connaît des dépenses publiques représentant à peine 20 % du PIB malgré plusieurs années de forte hausse - il faut dire que le pays partait de loin.
Et en effet, il y a assez largement un effet cliquet : si vous baissez les dépenses publiques, vous réduisez la demande globale, et donc vous crashez immanquablement votre économie (comme pas mal de pays européens sont en train de le faire). Je vous concède qu'une entreprise payant beaucoup d'impôt peut se trouver en difficultés, mais sans doute pas autant qu'une entreprise au carnet de commande désespérément vide.
Réponse de le 10/04/2013 à 16:07 :
@PierreFirode : pour la france, depuis que les dépenses publiqeus ont dépassé 40 % du PIB sous VGE, la croissance tendancielle de l'économie est passée de 6 % à quasiment 0 % ... Comme dans tous les pays où les dépenses publiques augmentent, la croissance structurelle baisse, et avec elle arrive la pauvreté et les chomeurs. Si vous êtes si à l'aise avec cette augmentation tendancielle (lié au système démocratique, relire "public choice" de Buchanaan) alors comment expliquez vous que les USA de 1980 à 1999, la GB de 1980 à 1998, le Canada à partir de 1994, la suède à partir de 1992, la NZ à partir de 1985, ont connu une hausse fantastique de leur croissance structurelle suite à la baisse de la dépense publique dans le PIB ? Et depuis que la GB et les USA rcommence à augmenter la dépense publiqeu dans le PIB (à partir de la moitié du second mandat de clinton et de tony blair) leur croissance structurelle s'effondre ? ça ne vosu interpelle pas ? c'est que donc vosu n'êtes pas encore assez à l'aise avec la dépense publique, je suis prêt à vous apporter d'autres éclairages ... Si la dépense publique était efficace, c'est l'URSS qui aurait gagné la guerre froide pour info ...
Réponse de le 10/04/2013 à 17:30 :
Je ne réponds pas à votre sortie sur l'URSS que je prends pour une boutade - non seulement les ressources de l'URSS étaient de 3 à 5 fois inférieures à celles du camp d'en face, mais en outre son système économique était, tout bien pesé, moins efficace.
Sur le reste, vous prenez les exemples qui vous arrangent, tout de même. Quid du mouvement prolongé et général de croissance forte et de dépenses publiques en constante augmentation dans le monde occidental entre 1945 et 1975 ? Au surplus, ne croyez vous pas que la croissance forte des pays que vous citez n'est liée qu'à l'endettement ?
D'une manière générale, je ne suis pas un forcené de la croissance, et il me semble qu'on va vers des taux faibles à nuls pour longtemps, et que vouloir absolument doper ces taux risque de se faire à un prix social et environnemental trop élevé pour qu'on accepte de le payer.
Réponse de le 10/04/2013 à 18:15 :
@ John Galt : dans votre dernier commentaire, vous dites que l'augmentation de la dépense publique par rapport au montant du PIB est liée à la démocratie ; faut-il donc comprendre que les États que vous citez, où la part de la dépense publique dans le PIB a baissé, ne sont plus - ou sont moins qu'avant - démocratiques ? Pour ma part je le crois, me je suis surpris que l'on soit d'accord à ce sujet.
Réponse de le 11/04/2013 à 0:13 :
M. PierreFirode, Je conclu que vous défendez l'augmentation de la dépense publique, en augmentant les impôts, des entreprises et des particuliers, même si je n'ai pas vu dans vos écrits dire explicitement défendre l'augmentation des impôts des particuliers, et en prétextant que la diminution de la dépense publique entraîne la baisse des commandes des entreprises ? Oui, il y aura forcement une baisse des commandes des entreprises qui sont fortement liées à la dépense publique, une entreprise qui fabrique des chaussures de militaires ou de policiers verra surement son carnet de commande baisser si elle ne fait que ça, c'est normal, je vous le concède et je ne vais pas faire dans la mauvaise fois, c'est logique, mais l'augmentation des impôts des entreprise et des particuliers, aura aussi comme résultat la baisse de commande de toutes les entreprises, en plus de ça, leur trésorerie sera réduite à cause de ses augmentations d?impôts, ce qui fait une double peine pour les entreprises, et dans ce climat, les investisseurs et les capitaux fuiraient la France, encore une triple peine pour les entreprises.
Il y a forcement une limite à la dépense publique, donc, à l'augmentation des impôts, passé cette limite, revient à se tirer une balle dans le pied et je respecte que vous ne soyez pas d'accord.
Vous concéder qu'une entreprise payant beaucoup d'impôt peut se trouver en difficultés, mais sans doute pas autant qu'une entreprise au carnet de commande désespérément vide, admettant. Et si par malheur dans votre modèle, l'augmentation des impôts réduisait encore le carnet de commande des entreprises désespérément vide ??
J'ai envie de vous retourner votre question M. PierreFirode, moi non plus je ne sais pas comment vous vivez ?
a écrit le 09/04/2013 à 18:25 :
Une relance par les deficit, c est une option attirante, mais je ne crois pas que lorsqu on demarre d un deficit structurel tres eleve comme pour notre bonne vieille economie francaise, on puisse se permettre de juste laisser filer le deficit. Les perspectives c est quoi dans ce cas ? Le deficit qui continue a augmenter exponentiellement comme depuis les annees 80 ? Jusqu a atteindre la situation Japonaise (200% de Debt/GDP) de stagflation a vie ? Un peu de bon sens tout de meme, l investissement public strategique oui mais les depenses publiques sans compter non. De toutes facons le lissage par les augmentations de taxe est clairement l option numero 1 du gouvernement, c est sa seule option viable a court terme: taxer plus les classes moyennes.
Réponse de le 09/04/2013 à 21:09 :
Le déficit structurel français s'est beaucoup réduit, il était de 1,2 % l'année dernière. Le reste est conjoncturel - en dopant l'activité par la dépense publique, on pourrait donc voir le déficit se réduire puisque la conjoncture pourrait s'améliorer.
Réponse de le 09/04/2013 à 23:08 :
Ça tombe bien que vous parliez du Japon.
D'abord, le Japon ne souffre plus de stagflation depuis longtemps, mais de déflation.
Ensuite, pour la première fois depuis deux décennies, son premier ministre, "Abenomics", mène une politique de relance globale extrêmement ambitieuse :
- politique monétaire expansionniste pour favoriser l'investissement privé et les exportations.
- dépense publique en forte hausse pour soutenir la demande intérieure.
- réformes structurelles pour améliorer l'employabilité des femmes et stimuler les hausses de salaires notamment.
Et que vous le vouliez ou non, le Japon est sur le point de s'extraire de la déflation et de retrouver le chemin de la croissance.
Une leçon d'économie dont on ferait bien de s'inspirer en Europe...
Réponse de le 10/04/2013 à 16:11 :
@ PierreFirode : c'est parfaitement faux, le déficit structurel (qui est une notion éminemment floue) français ne fait que s'accroitre. Renseignez vous : http://www.senat.fr/rap/r03-389/r03-38910.html
a écrit le 09/04/2013 à 17:42 :
Certes.

Mais l'arrosage de liquidités ne fait que provoquer une envolée du cours des actifs, au premier chef desquels l'immobilier, rendant encore plus pauvre relativement toute la partie de la population qui n'a pas hérité, les salaires étant eux soumis à une dérive ajustée à la consommation et non pas à la valeur des actifs.

Donc, une politique d'austérité conduit d'abord à une restriction monétaire qui elle conduit à une baisse des prix des actifs, seul moyen de redonner de l'air et du pouvoir de vie aux non-héritiers.

CQFD

Ps: comme il est difficile d'ajuster des salaires à la baisse, on peut d'ailleurs se demander, en poussant le raisonnement plus avant, si l'excès de liquidités déversé depuis les années 2000 ne correspond pas à une volonté déterminée de réduire les salaires proportionnellement à la valeur des actifs et ajuster le ratio salaires/actifs aux normes chinoises????
Réponse de le 09/04/2013 à 21:11 :
Votre démonstration qui s'achève par le CQFD fait fi du réel que l'on peut constater depuis cinq ans dans toute l'Europe. Ce que disent toutes les mesures statistiques (nationales, Eurostat, OCDE, FMI, etc.), c'est que l'austérité réduit le pouvoir d'achat et le niveau de vie de la majorité, et notamment des salariés.
Réponse de le 10/04/2013 à 11:07 :
L'austérité réduit non pas le pouvoir d'achat mais la valeur des actifs avant toute chose et dans des proportions plus fortes ce qui fait que in fine, vous pouvez acheter plus d'actifs avec moins d'argent.

Le contraire, c'est la politique d'endettement mené depuis 20 ans qu n'aboutit qu'à une seule conséquence, la surévaluation des actifs "de vie" (immobilier entre autres) et la fuite des capitaux vers l'international. Triple effet "not cool": les ressources nécessaires à conditions de vie égales s'érodent, la dette s'accumule sur la population active, la seule en mesure de produire de la valeur ajoutée pour rembourser et on finance les économies des pays qui viennent ensuite détruire l'emploi en France. Top, non???

Réponse de le 10/04/2013 à 13:37 :
Non Manufuture, vous vous trompez, et ce n'est pas moi qui le dit c'est l'ensemble des organes statistiques du monde. Je veux bien vous suivre pour dire que l'austérité, en réduisant la demande globale, fait baisser le niveau de l'inflation, voire enclenche une dynamique déflationniste de baisse des prix. Mais comme dans le même temps le chômage augmente beaucoup et/ou que les salaires baissent beaucoup/les impôts augmentent beaucoup, le pouvoir d'achat lui, diminue.
Depuis 2008, le revenu national brut par habitant a baissé de 7 % en Espagne, 8 % en Italie et au Portugal, 15 % en Irlande et 23 % en Grèce. Ces gens sont plus pauvres, consomment moins, et mettent ce faisant en difficultés leurs entreprises nationales qui s'appuyaient sur le marché intérieur.
Réponse de le 10/04/2013 à 16:15 :
@ PierreFirode : ce n'est pas l'austérité qui réduit le pouvorid'achat des gens, mais la récession. Récession liée au surrendettement massif. Une personne surrendetté commence à avoir une baisse du niveau de vie quand elle doit rembourser ses dettes. Quand le 14 juillet est fini, c'est le 15, il faut payer lespots cassés ... le reste de votre raisonnement économique est de la purée keynésienne, qui est une absurdité démontrée (au moins depuis Von Mises dans l'Action Humaine, 1956) depuis longtemps (dès 10 ans, je me demandait comment cela pouvait marcher le multiplicateur keynésien tellement c'étati absurde).
Réponse de le 10/04/2013 à 17:25 :
@ John Galt : La récession n'est en rien liée au surrendettement massif ; les États-Unis ont une dette totale (secteur public + entreprises + ménages) très supérieure à celle des différentes sociétés européennes et connaissent pourtant une situation meilleure en termes de croissance et de chômage, puisqu'ils ne sont pas, contrairement aux pouvoirs européens, des forcenés de l'austérité. Je reconnais que leur stop & go n'est guère lisible mais il est, tout pesé, plus efficace que la rigueur imposée par la commission européenne, les traités et la banque centrale.
Et quant au surrendettement, vous reconnaitrez sans doute que sans lui, il n'y aurait eu de croissance nulle part dans le monde développé depuis 1974.
Quant aux vertus comparées des approches par l'offre ou par la demande, il est facile de juger au regard de l'histoire. Que des publications encensées disent le contraire ne m'impressionne guère, quand on connaît le fonctionnement du champ académique américain, notamment en ce qui concerne l'économie.
a écrit le 09/04/2013 à 17:00 :
"Les déficits seraient une charge supplémentaire qui pèse sur les générations futures ? Ceux qui le prétendent n'ont toujours pas compris qu'augmenter la dette aujourd'hui n'est nullement un transfert inter générationnel, mais intra générationnel. Car c'est les débiteurs - demain - qui devront en effet rembourser les créanciers de demain. "

Va falloir être un peu plus clair. Personnellement, je ne comprend pas du tout cette logique.
Réponse de le 09/04/2013 à 21:16 :
Je dois confesser qu'elle me semble à moi aussi un peu confuse. Je pense pour ma part que l'essentiel du remboursement n'aura jamais lieu : avec des niveaux d'endettement à 100 % du PIB environ dans la zone euro, des taux de croissances à 0 % et des politiques d'austérité qui perdent d'une main ce qu'elles gagnent de l'autre, il me semble mécaniquement impossible de rembourser.
Un défaut partiel a déjà été organisé en Grèce pour cette raison. La plupart des efforts de la Troïka visent à éviter que cela n'arrive à nouveau ailleurs. Jusqu'à présent, ça a marché - mais pas sûr que ça marche encore dans les années qui viennent.

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