Royaume-Uni : les déloyaux de la Couronne
François Clemenceau
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Chronique François Clemenceau
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Bien sûr, personne n'ira suspecter le Premier ministre actuel de Sa Majesté d'être déloyal envers son roi. Mais il s'agit ici d'évoquer les rébellions tous azimuts sur l'échiquier politique au pays de la série culte The Crown. Depuis le départ de David Cameron en 2016, après son référendum raté sur le Brexit, Rishi Sunak est déjà le quatrième patron des Tories à entrer au 10 Downing Street. À la tête du Foreign Office, interlocuteur clé des Européens et des partenaires du Royaume-Uni, sept ministres des Affaires étrangères se sont succédé à ce poste ces sept dernières années ! Qui se souvient du nom des prédécesseurs de David Cameron, qui vient d'y être nommé à la surprise générale ?
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Depuis que Sunak est arrivé au pouvoir, plus de la moitié de ses ministres ont changé d'affectation. Fut un temps où les titulaires de portefeuille démissionnaient à tout bout de champ en raison de scandales souvent dus à leur vie privée. Mais aujourd'hui au Parti conservateur, démission est plus souvent synonyme de trahison. Entre ultralibéraux prêts au schisme pour le moindre allègement d'impôts et centristes d'une droite plus sociale, bien au fait des effets pervers du Brexit, le clivage est vertigineux. Entre proeuropéens conscients qu'on ne peut plus rester totalement une île et brexiteurs jusqu'au-boutistes cherchant désespérément des alliés à l'autre bout de ce qui reste du Commonwealth, la faille est permanente. Entre partisans d'une immigration zéro qui veulent sous-traiter les demandeurs d'asile au Rwanda et pragmatiques soucieux des prérogatives de la Cour européenne des droits de l'homme, le fossé se creuse chaque jour davantage. Sunak doit en fait composer avec les ultras de son parti qui n'entendent rien lâcher après treize ans au pouvoir. Pourtant, s'ils devaient se rendre aux urnes demain, les sujets du roi désigneraient la gauche pour gouverner le pays, avec 20 points d'avance...
François Clemenceau