COVID-19 : 2020, quand la dystopie devient réalité
Marc Endeweld
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Quelques heures après l'annonce du reconfinement national par le président Macron, un vent de panique a semblé s'emparer du pays. En région parisienne, dès jeudi après midi, plus de 700 km de bouchons se sont formés. Même scénario dans la plupart des grandes métropoles françaises. Les heureux Français disposant d'une maison secondaire n'ont pas hésité une seule seconde, comme les étudiants qui ont préféré rentrer dans leurs familles respectives. Les gares, également, étaient prises d'assaut. Dans les rues de Paris, les accrochages entre automobilistes, motards, cyclistes et piétons se sont multipliés. L'ambiance semblait comme irréelle, mais c'était pourtant bien la réalité. « C'est l'exode », écrivent alors plusieurs twittos.
Devant une telle « chienlit », les images de films catastrophes nous reviennent en mémoire. On pense aussi à la série d'anticipation britannique coproduite par HBO "Years and years", qui dépeint un Royaume-Uni dans un contexte post Brexit, confronté au populisme, aux bouleversements technologiques et climatiques. Une dystopie qui raisonne étrangement avec ce qui se déroule dans le monde entier depuis le début 2020. Pour ne rien arranger, le terrorisme ne cesse de frapper durement la France... Un cauchemar éveillé.
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La semaine dernière, le gouvernement se voulait pourtant encore rassurant. Les autorités ont même encouragé les Français à prendre leurs vacances de la Toussaint. Le mantra du pouvoir depuis juin dernier était d'ailleurs d'éviter tout nouveau reconfinement. Emmanuel Macron espérait il y a encore quelques semaines « le retour des jours heureux ». Lors de sa dernière allocution, le chef de l'Etat persiste à souhaiter la perspective d'une « résilience » pour les Français face aux « épreuves ». On en est loin. Pour les Français, notamment les commerçants et les entrepreneurs, ce nouveau confinement est une douche froide, une véritable catastrophe. Malgré toutes les aides et autres dispositifs d'urgence annoncés par le gouvernement, qui en appelle à la mansuétude des banques, ils sont nombreux à ne tenir qu'à un fil. Les trésoreries ont déjà énormément souffert lors du premier confinement, avec le risque que les défaillances d'entreprises se multiplient dans les prochains mois.
Marc Endeweld