Dans Théorie monétaire moderne, il y a « théorie »

Robert Jules, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune
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monnaie, argent, euro
Reuters

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« Les problèmes économiques sont faciles à résoudre, il suffit de trouver de l'argent. » La Théorie monétaire moderne (TMM) semble répondre à cette injonction de Woody Allen. Elle revient à la mode depuis qu'Alexandria Ocasio-Cortez, sémillante élue démocrate de New York qui n'hésite pas à se définir comme socialiste, l'a invoquée pour financer son green new deal, censé fournir du travail à tous et une meilleure répartition des richesses. La TMM repose sur une idée assez simple : un État souverain qui s'endette dans sa propre monnaie ne peut jamais être mis en défaut puisqu'il peut toujours rembourser en imprimant la monnaie nécessaire. Il échappe ainsi à la pression exercée par les marchés financiers, sous la forme de hausse des taux d'emprunt. Un gouvernement peut donc se focaliser sur un programme « régalien », en décidant d'investir dans des infrastructures, de créer des emplois de service, de développer la qualité des services publics, ou encore de financer la transition écologique.
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Bref, de mener une politique qui profite à tous, et non comme celle des assouplissements quantitatifs (QE) des banques centrales qui favorisent les plus riches grâce à des crédits à taux bas sinon négatifs qui vont s'investir non dans l'économie réelle mais dans des actifs financiers, créant ainsi des bulles dont l'éclatement aura un effet systémique. Car ce retour de la TMM s'inscrit dans un contexte particulier. La politique des banques centrales ne nous a pas permis de renouer avec une forte croissance. Ainsi, malgré l'injection de 2.600 milliards d'euros dans la zone euro, c'est, dix ans après la crise, le rejet des politiques d'austérité et le populisme qui ont la cote. Loin de se limiter à maîtriser l'inflation, les institutions monétaires auront contribué à l'addiction des acteurs économiques aux crédits à bon marché, préférant s'endetter plutôt que mener des réformes structurelles et se désendetter.
Robert Jules, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune