Repenser son territoire c'est aussi améliorer son cadre de vie

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(Crédits : Sciences Po)
Le citoyen doit être mis au centre de la réflexion sur la ville de demain. C'est ce que permet le concept de ville intelligente en faisant en sorte que ville et citoyen ne fassent qu'un. Par Tony Canadas, président de l'association LVIC la ville intelligente citoyenne.

Pour rendre plus efficace et utile un projet Smart City, les collectivités, le gouvernement ainsi que les entreprises/startups devront travailler sur un plan stratégique de modernisation qui entend améliorer la vie des citoyens au travers du développement des nouvelles technologies, notamment en favorisant leurs participations !

Depuis des d'années nous oublions que l'acteur principal de ces projets est le citoyen. Pour les urbanistes comme pour les gestionnaires, ce n'est plus un secret : la population urbaine connaît une croissance exponentielle et, d'ici 2050, 70 % des habitants de notre planète devraient être des citadins. Alors nous devrons donc faire en sorte que nos villes soient plus agréables à vivre.

Comprendre le comportement des habitants

La smart city, fruit d'une coopération étroite entre urbanisme et technologie, pourra répondre à cette projection. Toutefois, avant de se lancer dans la construction ou l'aménagement d'une ville intelligente, il faudra commencer par comprendre le comportement de ses habitants. Cela devra permettre ensuite de fournir les informations dont ils auront besoin pour prendre des décisions « intelligentes ».

C'est donc une évidence, la smart city devra d'être orchestrée par le citoyen... Au cœur de cette co-construction, les collectivités, les entreprises privées et les usagers devront en être les acteurs, ceux qui, par leurs différences autant que leurs complémentarités, permettront de parfaire le dynamisme du territoire. La smart city devra être un moteur pour améliorer la qualité des services urbains, réduire ses coûts et de ce fait améliorer la qualité de vie humaine.

Pour cela, elle devra se construire autour et avec le citoyen ! Il ne pourra pas y avoir de smart city sans décision politique au plus haut niveau, car cela représente une transformation importante dans la manière de gérer le territoire.

Comment peut-on voir les choses?

Partant de cette affirmation, comment peut-on voir les choses ? Les citoyens expriment des souhaits, les politiques les traduisent pour définir les contours de la stratégie. Quant aux entreprises et startups, elles produisent et en dirigent l'application au quotidien.

En définitive, une vision systémique du territoire supposerait une réorganisation des métiers et un réajustement des « business model » pour ajouter, aux produits tangibles de consommation, une offre de services performante.

Mais revenons un instant aux fondements du développement urbain pour mieux aborder les évolutions actuelles. La ville est et sera, toujours et partout, construite autour de 4 invariants : le citoyen, les infrastructures, l'espace public, lequel constitue un lieu de brassage et de mixité, et le bien commun c'est à dire l'intérêt général.

Avec les nouvelles technologies, le développement d'Internet et de l'intelligence communicante, est venu s'ajouter un cinquième invariant, celui de la révolution omniprésente et de ses outils qui bouleversent nos vies dans nos villes, hors du temps et des espaces. Il faudra également évacuer l'idée selon laquelle une ville connectée sera une ville intelligente. Les défis auxquels devra faire face une ville seront, eux aussi, plutôt constants dans le temps et dans les contextes.

Nous pourrons ainsi faire ressortir 4 grands défis : social, culturel, économique et écologique. Chaque ville possède sa propre personnalité, elle est le produit d'une histoire, elle est à l'image de ses habitants et de leur projet commun. Pour résumer, on pourrait parler d'organisme vivant.

Penser au développement durable

Tenir compte de ce contexte est très important, sans cela nous pourrions parler de territoire intelligent, tant ce contexte est déterminant. Quand on évoque la smart city, on pense notamment aux transports car les réseaux connectés commencent à se mettre en place. On pense aussi aux « Smart Grids », ces réseaux intelligents de contrôle de nos ressources, et à toutes ces solutions pour améliorer la production et la consommation d'énergie.

Mais nous devrons également penser au développement durable parce que nous devrons prendre en considération que la ville intelligente sera une ville durable !

Imaginez-vous au cœur d'une ville intelligente, ou vous auriez des outils simples pour vous permettre d'agir sur vos dépenses d'énergie, avec des compteurs intelligents et des applications mobiles pour visualiser votre consommation, pour mieux comprendre votre consommation et agir en temps réel et en fonction de la météo.

Nous pourrions également parler des capteurs qui détecteraient la présence humaine ou la température et règleraient la lumière ou le chauffage automatiquement, sans que vous ayez besoin d'y penser.

Interconnecter différents modes de transport

Avec diverses applications on pourrait interconnecter différents modes de transport pour gagner du temps et alléger notre bilan carbone, calculant au mieux notre itinéraire : d'abord le tram, puis une voiture en auto-partage, jusqu'à trouver pour vous la place de parking la plus proche... Outre ces solutions pour améliorer la production et la consommation d'énergie.

Profitons de ce sujet pour faire un petit clin d'œil à la startup « Parking Map » et son équipe qui ont développé une solution sur la gestion des places de stationnement, ou encore au groupe TDF, acteur majeur du développement numérique au sein du territoire avec son déploiement des réseaux FTTH pour donner l'accès au très haut débit à tous et ainsi permettre de réduire les inégalités dans les territoires.

Ces outils permettront en premier lieu de réduire les émissions de CO2, que ce soit par le recours aux énergies renouvelables, par l'optimisation des flux d'énergie, par l'utilisation de capteurs pour adapter la consommation d'énergie aux besoins réels, etc.

En dépit des différences entre chaque commune, il nous sera pourtant possible de nommer l'objectif commun des territoires qui sera l'amélioration de la qualité de vie. Et pour cela, les maires y parviendront en activant les trois leviers importants : l'inclusion sociale, la réinvention des infrastructures urbaines et la révolution technologique.

Au croisement de ces 5 invariants, et de ces 4 défis, il s'agira de mobiliser ces trois grands leviers pour définir la feuille de route d'une ville plus durable et viable.

Le citoyen et la ville ne devront pas être incompatibles mais au contraire ne faire qu'un...

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Commentaires
a écrit le 08/03/2019 à 12:39 :
Cher Emmanuel,

Je ne vous dis pas le contraire mais je souhaite que nous allions de l'avant pour transformer notre système qui aujourd'hui ne répond plus aux attentes des citoyens!
Pourquoi prendre l'argument du terrain alors que vous ne me connaissez même pas.... Ni même ce que je fais aujourd’hui .... :)
Le but de mes intervenions est de donner une vision différente du numérique que nous connaissons aujourd’hui et cela avec modestie. Pas de polémiquer pour un oui et non ou de rejeter toujours la faute sur l'autre! Nous devons travailler ensemble sur un projet commun et non un projet individuel.
Je ne suis jamais dans le jugement mais plutôt dans la critique constructive et dans le travail collectif.
Au plaisir d'échanger avec vous sur le fond.
Bien cordialement,
Tony Canadas
Président de l'association LVIC et Trésorier de la TDN
lecitoyenmoderne@gmail.com
a écrit le 28/03/2018 à 19:37 :
Et quid des campagnes ? il n'y a que les villes qui doivent se developper et profiter de tout ce que le meilleur de la technologie peut apporter pour façonner l'avenir ? Belle vision altruiste et durable : nous allons tous déménager et vivre en ville alors ? . Il y aura donc des villes "intelligentes" et des villages de campagnes bêtes à "manger du foin" ? Un très bel article qui illustre la fracture numérique, un de plus.
Réponse de le 30/01/2019 à 22:39 :
Bonsoir,
Dans l'article le mot ville ne represente pas la ville au sens que vous l'entendez... mais plutôt de territoire.... c'est vrai que le mot territoire aurait été mieux approprié, je vous le concède :). Maintenant le thème ne portait pas sur la ville en elle même , vous avez qu' à regarder le titre qu'il parle de lui même... donc je ne vois absolument pas en quoi cet article illustre la fracture numérique. C'est même tout le contraire. Mais bon vous avez le droit de le penser :)
Bonne soirée
Réponse de le 01/02/2019 à 22:26 :
Cher Tony

Venez sur le terrain et vous verrez à quel point la fracture numérique existe. C'est un constat de fait. Et même les projets R.I.P pour le T.H.D se concentrent sur des zones présentants "un certain intérêt économiques" (réponse d'un responsable du département du Calvados) comme étant prioritaires. Courrier à l'appui au besoin. Preuve irréfutable que les zones blanches à moins de 1 mb/s plus nombreuses que vous ne le pensez seront servies en dernier, peut-être. Un scandale avec de l'argent public que nous payons tous, y compris dans ces villages de plus en plus isolés.

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