INDRE-ET-LOIRE. Le site de Saint-Pierre-des-Corps de Faiveley Transport, l’une des deux implantations de l’équipementier ferroviaire, deviendra en 2023 le centre européen d’impression en 3D de son actionnaire, le constructeur de trains américain Wabtec. Fournisseur notamment de la SNCF, la RATP et la Renfe, il compte améliorer sa productivité grâce à ces nouvelles techniques de fabrication. Explications.L'usine de Faiveley Transport de Saint-Pierre-des-Corps, qui fabrique notamment des portes de trains, des pantographes et des systèmes de freinages, est dans les starting blocks. Wabtec, actionnaire de l'équipementier ferroviaire depuis 2016, vient de valider le projet de créer d'ici le premier trimestre 2023 au sein de l'unité tourangelle un centre d'impression 3D. Elle alimentera sa trentaine de sites industriels en Europe.
Concrètement, un centre de production d'une surface de 300 m2 y sera entièrement dédié à la fabrication additive des pièces en aluminium et en polymère grâce à l'acquisition dans un premier temps de deux méga-imprimantes. Le recrutement de cinq nouveaux salariés est prévu dans le cadre de cette nouvelle activité qui bénéficiera de l'expérience des deux centres d'impression en 3D de Wabtec situés aux Etats-Unis et en Inde. A la clé, un investissement de l'ordre de deux millions d'euros, qui sera porté à cinq millions d'euros à l'horizon 2025, en cas de bon accueil du marché. « Cette démarche par paliers successifs s'explique du fait des autorisations nécessaires pour certaines pièces sécuritaires, indique Franck Courcelle, directeur général des deux sites tourangeaux de Faiveley. Cette validation concerne notamment les systèmes de freinage »
La fabrication additive de pièces revêt plusieurs avantages de taille pour Faiveley Transport vis-à-vis de ses clients. Il s'agit d'une part des exploitants de trains, notamment les compagnies publiques françaises SNCF et RATP, et espagnole Renfe. L'équipementier compte d'autre part en portefeuille les principaux constructeurs européens comme Alstom, Siemens ainsi que le groupe espagnol Scaf.
Sur un plan économique, Faiveley pourra réduire de façon sensible les délais d'approvisionnement des pièces, issues des fonderies. Ils sont actuellement en moyenne de six mois et pourraient être ramenés à quelques jours. Outre la réactivité, l'impression en 3D permet une fabrication à la demande, synonyme de stocks zéro. Enfin, elle constitue une réponse à l'obsolescence de certaines pièces compte tenu de la durée de vie moyenne du matériel ferroviaire, d'environ 40 ans. La dimension environnementale milite également en faveur du nouveau process. Nettement moins gourmande en énergie que les fonderies classiques, l'impression en 3D permettra de surcroît de limiter l'empreinte carbone de Faiveley Transport en limitant les transports de pièces en provenance notamment d'Inde, de Chine et d'Est de l'Europe.
Guillaume Fischer, à Tours