Les combats d'un jeune maire pour limiter les dégâts

PORTRAIT. Budget en berne, projets ajournés : comme tant d'autres, cette petite commune de 8.000 habitants a traversé la crise sanitaire sur le fil du rasoir.
Jean Hingray, le maire centriste de Remiremont (Vosges).
Jean Hingray, le maire centriste de Remiremont (Vosges). (Crédits : DR)

Au croisement des vallées de la Moselle et de la Moselotte, la ville de Remiremont dans les Vosges n'a pas été épargnée par la crise sanitaire du Covid-19. Son hôpital, qui répond aux besoins sanitaires d'un bassin de vie de 100.000 personnes, a été débordé fin mars par l'afflux de patients. Jean Hingray, jeune maire (33 ans) centriste et fraîchement réélu dans cette commune de 8.000 habitants, s'est retroussé les manches.

« On a trouvé un stock de 35.000 blouses pour les soignants grâce à un associé allemand, et apporté du gel hydroalcoolique aux cinq Ehpad de la communauté de communes », raconte l'élu.

« Je n'ai jamais rencontré le moindre représentant de l'Agence régionale de santé », persifle Jean Hingray.

Au lendemain du premier tour, il a ordonné la fermeture de sa mairie et chamboulé le programme de travail de ses 173 agents municipaux. Depuis cette date, il a fallu recalculer cinq fois le budget de la commune (22 millions d'euros), déjà amputé de 400.000 euros sous l'effet des recettes en baisse (cantine, piscine, stationnement) et des dépenses inattendues (masques, gel). Des projets promis pendant la campagne, comme la rénovation des pistes d'athlétisme, ont été ajournés.

« Heureusement, il y a des partenaires privés », remarque Jean Hingray.

Il a fait appel aux commerçants pour rénover sa halle de marché et tonifier la zone tertiaire à l'entrée de la ville, où viendra s'installer un complexe de sept salles de cinéma.

Quelques semaines avant la crise sanitaire, la mairie a conclu un accord pour racheter (450.000 euros) la succursale locale de la Banque de France et la revendre à un hôtelier qui va la convertir en un 4 étoiles. La ville fut pendant cinq décennies sous la coupe de Christian Poncelet, l'ancien président du Sénat qui a cumulé plus de cent quarante années de mandats locaux (maire, conseiller général...).

TGV, palais des congrès, voies rapides, rien ne semble manquer.

« Poncelet a apporté ici plus d'un milliard d'euros de subventions publiques », confirme Jean Hingray.

Mais Remiremont se bat encore pour relancer l'économie et empêcher l'érosion du commerce local, la mairie vient d'engager 100.000 euros dans une opération de relance par la consommation : des chèques-cadeaux avec 25 euros offerts pour 100 euros d'achat.

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