En Ile-de-France, un niveau de vie élevé, mais plus de ménages pauvres et des logements chers

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Avec l’augmentation des loyers, les ménages pauvres du parc privé ont dû multiplier par deux la part de leurs ressources consacrées au logement (40,8% en 2013 contre 20,1% en 1988).
Avec l’augmentation des loyers, les ménages pauvres du parc privé ont dû multiplier par deux la part de leurs ressources consacrées au logement (40,8% en 2013 contre 20,1% en 1988). (Crédits : Charles Platiau)
Les Franciliens gagnent 26% de plus que les autres Français mais leur loyer est 52% plus cher, dans une région où la proportion de ménages pauvres a augmenté deux fois plus vite qu'ailleurs, selon un rapport de la Fondation Abbé Pierre publié ce mardi 8 octobre.

Le constat est édifiant. Selon la Fondation Abbé Pierre le revenu moyen des ménages atteint 4.117 euros par mois en Ile-de-France. Mais la région, qui rassemble 18,2% de la population française, concentre également 33% des habitants en bidonvilles, près de 34% des demandes d'HLM et 41% des expulsions locatives effectives, selon la Fondation, pour qui ces indicateurs tirés de son rapport annuel sur le mal-logement, sont "alarmants".

"La proportion de ménages pauvres en Île-de-France a augmenté deux fois plus vite qu'en France métropolitaine entre 2004 et 2012", explique la fondation. "Et si le revenu moyen des franciliens est plus élevé que le revenu moyen des Français de 26%, une location dans le parc privé sera 52% plus chère".

Ouvriers et employés écartés du marché de l'acquisition immobilière

Conséquence, avec l'augmentation des loyers, les ménages pauvres du parc privé ont d (40,8% en 2013 contre 20,1% en 1988). Quelque 19% des franciliens se déclarent en difficulté de paiement à la fin du mois, même si seulement 5% des ménages se retrouvent en situation d'impayés.

L'Île-de-France est la région la plus touchée par les expulsions: elle totalise 26% des décisions de justice prononçant l'expulsion et 41% des expulsions effectives du territoire national, selon le rapport. De fortes disparités existent également chez les propriétaires. "En quarante ans, alors que les revenus ont été multipliés par 7,2, les prix d'achat l'ont été par 13,9", explique le rapport.

Les Franciliens sont à 48% propriétaires, 45% locataires, 7% en sous-location ou logés gratuitement. "Les employés et ouvriers ont littéralement été écartés du marché de l'acquisition des logements anciens", observe la Fondation. A Paris, la part est passée de 15% en 1998 à 5% en 2018, et de 27% à 19% pour l'ensemble de l'Île-de-France. Sur les 4 millions de personnes mal logées que compte le territoire, "1,2 million vivent dans la région la plus riche de France", résume la fondation, qui demande la construction de logements accessibles et la mise à disposition de logements sociaux.

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Commentaires
a écrit le 08/10/2019 à 21:23 :
Serait t'il possible d'avoir un différenciel sur ce sujet en dissociant paris et sa couronne svp?

Car passer son temps a parler de la banlieue sans mettre en relief le différentiel laisse croire que c'est un tout !! une immense différence entre paris une grosse partie de ceux qui vivent en banlieue sauf certains endroits.

Cela permet de ne pas laisser croire que l'on verse de l'argent indument a ceux qui touchent casi rien et dont nous savons chacun de qui il s'agit!

Sur paris vous pouvez le voir , c'est de plus en plus visible (pour le travail) et qui si l'on prend le chiffre avec les capitaux a paris et le reste, cela donne une idée aussi de la prétendue accessibilité sociétale.

L'écart est visible lorsque vous allez au bout de la banlieue, alors difficile pour moi d'avoir une objectivité dans la comparaison sans précision.

Surtout que le reste va avec accessibilité sociale simplement qui est aussi une valeur !!
a écrit le 08/10/2019 à 20:55 :
Des salaires plus élevés qu'en province?! Comment expliquer qu'une grande partie des offres d'emploi en Ile de France proposent le smic ou environ et souvent à temps partiel?
Réponse de le 08/10/2019 à 22:15 :
Tout simplement parce que le smicard est le même partout en France. Un emploi non ou peu qualifié est payé au dmic, à Paris comme à Bourges (et à ce tarif, il faut effectivement mieux travailler à Bourges qu'à Paris. ..). Par contre pour les emplois qualifiés, clairement les salaires parisiens sont 30% plus élevés qu'en province. La qualité de vie n'est cependant pas la même non plus.
a écrit le 08/10/2019 à 17:57 :
Vive nos belles provinces
Paris à la rigueur pour une visite en vacances
Y vivre, quelle galère
a écrit le 08/10/2019 à 14:30 :
Si le nombre de ménages pauvres augmente c'est que le niveau de vie baisse de façon générale. A moins que vous pensiez que seules quelques personnes sont indicatrices de ce niveau de vie et donc faisiez de la discrimination...

"Les faits sont têtus il est plus facile de s'arranger avec les statistiques" Mark Twain

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