Exposition universelle 2025 : Fromantin et Philippe se renvoient la responsabilité sur le financement
César Armand

Paris vise l'expo universelle 2025, un budget de 3,5 milliards d'euros
Stephane Mahe
César Armand

Paris vise l'expo universelle 2025, un budget de 3,5 milliards d'euros
Stephane Mahe
Visiblement ému, le maire (DVD) de Neuilly-sur-Seine Jean-Christophe Fromantin, président du comité d'organisation de l'Exposition universelle de 2025, ne digère toujours pas la nouvelle tombée samedi soir :
Selon nos confrères du JDD.fr, le Premier ministre a en effet adressé une lettre au délégué interministériel Pascal Lamy pour lui signifier les « faiblesses structurelles » du projet, considérant que « la poursuite de cette candidature ne saurait prospérer sans le recours à une garantie publique. »
D'emblée, le lundi 22 janvier 2018 à l'Hôtel de l'Industrie, Jean-Christophe Fromantin réfute ces accusations :
Le modèle de financement reposait en effet sur une hypothèse de 33 millions de visiteurs payant 34 euros leur billet, soit 1,5 milliard d'euros de recettes en billetterie. Un modèle original qu'avait salué le président de la République Emmanuel Macron en visite sur le plateau de Saclay le 25 octobre dernier.
Toujours selon le JDD.fr, Édouard Philippe leur a également reproché que « la marge d'aléas ne permette pas d'absorber certaines hypothèses de fréquentations défavorables ». Là encore, le président du Comité Expofrance 2025 se défend en rappelant qu'il avait présenté, dès le dépôt officiel de la candidature le 28 septembre 2017, « des hypothèses conservatrices validées par l'État sur lesquels nous nous étions engagées ».
Sans oublier une nouvelle mouture lundi dernier, le 15 janvier 2018, calculée sur la base de 25 millions de visiteurs et qui faisait état de 230 millions d'euros pour la location du terrain et 350 millions pour la construction du globe. « Cela permettait de dégager une redevance pour le territoire de Saclay », rappelle Jean-Christophe Fromantin qui accuse le gouvernement d'avancer « des arguments qui sont faux et qui cachent un autre sujet : la ligne 18 »
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Et le maire de Neuilly-sur-Seine d'exiger des informations sur les Jeux olympiques :
La ligne 18 étant en effet inscrite au cœur du document contresigné par l'exécutif et transmis au Bureau international des Expositions (BIE).
Le président du conseil départemental de l'Essonne, François Durovray, qui partage ses craintes sur le Grand Paris Express, ne dit pas autre chose :
L'économiste Christian de Boissieu, ancien président du Conseil d'analyse économique, avait, en effet, calculé des retombées pérennes : 23 milliards d'euros de retombées économiques, 0,5 point de croissance supplémentaire et 130.000 emplois durables.
Jean-Christophe Fromantin comme François Durovray se disent donc « choqués » par ce « gâchis », alors que le projet devait fédérer 1.000 jeunes de 70 nationalités différentes, des entreprises de toutes tailles et des territoires prêts à louer leurs parcelles :
Une infrastructure pérenne internationale aurait donc pu enfin voir le jour au sud de Paris mais l'État en a décidé autrement. Les élus locaux n'entendent pas non plus en rester là et présenteront, dans quelques semaines, un nouveau programme. De même, ils comptent écrire au chef de l'État pour lui demander un rendez-vous, et si et seulement si l'État notifie au BIE le renoncement, ils se plieront à la décision de l'Élysée.
En attendant, ce mardi 23 janvier 2018, ont été successivement reçus, à Matignon, le président (LR) de la métropole du Grand Paris Patrick Ollier, le vice-président (LR) de la région Île-de-France chargé des Transports Stéphane Beaudet et le président (PS) du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris Jean-Yves Le Bouillonnec. Il y a fort à parier qu'il y a été question de la ligne 18 censée relier Orly au CEA Saint-Aubin en 2024 et donc traverser, au passage, le plateau de Saclay qui devait accueillir l'Exposition universelle en 2025. Le Premier ministre Edouard Philippe a d'ailleurs annoncé une « concertation » avant toute arbitrage définitif.
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