La civic tech s'invite à Trilport (Seine-et-Marne) : éducation et dématérialisation

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Grâce à une application mobile, un défaut sur la voirie pourra être signalé instantanément aux services municipaux. Ici, une vue sur l'église Saint-Pierre de Trilport.
Grâce à une application mobile, un défaut sur la voirie pourra être signalé instantanément aux services municipaux. Ici, une vue sur l'église Saint-Pierre de Trilport. (Crédits : Peter Potrowl via Wikipedia / CC0 BY-SA)
À Trilport, en Seine-et-Marne, 5.000 habitants, la révolution numérique s'invite dans le quotidien de la commune, à équidistance des conseillers municipaux et des citoyens.

Récompensée de quatre "@" par le label "Villes Internet" en ce début d'année 2018, la commune de Trilport (77), située à 45 kilomètres à l'est de la capitale, travaille à la participation numérique et citoyenne depuis près de quinze ans. Élu en 2004, son maire (PS), Jean-Michel Morer, référent numérique de l'Association des petites villes de France (APVF), dit avoir « pris le taureau par les cornes de manière globale. »

« Nous n'avions pas trop de financements au départ, alors nous nous sommes adressés aux personnes derrière les ordinateurs avant de nous attaquer à l'outil ».

L'acculturation commence alors par la formation des agents municipaux à l'informatique pour « offrir un Internet de proximité aux habitants et en finir avec les files d'attente interminables ». Première brique à l'édifice : le télé-paiement pour les activités périscolaires. « Cela a facilité la vie des habitants, et nous avons pu dire aux agents : on travaille en horizontal'' », se félicite aujourd'hui l'édile.

Avant même le déploiement de la fibre il y a un an et demi, les écoles sont câblées avec l'installation de tableaux numériques et de stations météo connectées. Dans chacune d'entre elles, du personnel suit les pratiques. Objectif : « Dégager un consensus car la vérité ne vient pas d'une école, explique Jean-Michel Morer, mais nous y travaillons aussi avec le rectorat et l'Inspection. » Plus récemment, en février, dans la continuité du site Internet qui permet de faire remonter les demandes de la population depuis l'installation d'un logiciel dédié en 2016, la ville a lancé son application mobile. Un défaut sur la voirie ? Il pourra être pris en photo et signalé à qui de droit.

Le maire veut, là encore, que ses services s'habituent à la réactivité :

« Le but est que toutes les informations soient traitées. Quand un usager nous fait une remarque, il doit avoir un retour. L'amélioration des réponses et la révision des procédures sont déjà en cours. »

Jean-Michel Morer a également recruté un responsable de la communication en octobre 2017 pour fournir une interaction en direct.

Des économies de fonctionnement

La civic tech offre par ailleurs des économies de fonctionnement insoupçonnées, Trilport ayant optimisé le nombre d'abonnements wi-fi :

« Au lieu d'en avoir un par site, nous en possédons un plus costaud sur un site central. L'information reste dispatchée de la même manière qu'avec du bon débit, et ça fonctionne très bien. »

De même, la commune avance sur les économies d'échelle avec son "autre chantier" : l'ouverture des données. « Je suis sûr que nous pourrions mutualiser avec les autres collectivités locales pour faciliter et apporter des réponses intelligentes à toutes et à tous », espère Jean-Michel Morer.

Évidemment, dans ce contexte, des administrés sont laissés au bord de la route numérique. Un problème dont a conscience l'édile :

« Nous travaillons sur l'inclusion numérique, car la dématérialisation induit une dépendance de tous à l'outil informatique. Or, j'ai des remarques d'habitants qui demeurent en galère avec des questions. C'est pourquoi nous avons un projet avec la CAF, dans lequel nous intégrons la médiation numérique. »

Enfin, il reste une innovation synonyme de transition écologique qui plaît à l'ensemble de la population : la dématérialisation de tous les conseils municipaux. Finies les photocopies qui prennent du temps et qui gaspillent du papier, bienvenue aux tablettes pour tous les élus.

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