Ce ne sera pas un "one shot" mais bien une action en profondeur pour faire bouger les lignes des inégalités entre les hommes et les femmes. À Angers, la première édition de l’évènement Connected Women, organisé par Angers French Tech, signataire de la charte Pacte Parité de la French Tech, va créer sa propre fondation en début d’année 2023. Objectif : renforcer les liens entre les écoles et les entreprises pour attirer collégiennes et lycéennes vers les métiers d’ingénieur et ceux de la tech, dont elles...En 2019, dans les Pays de la Loire, les femmes salariées ont perçu un salaire annuel net moyen inférieur de 22% à celui des hommes, contre 21% dans les autres provinces françaises. Une inégalité de genre que l'Insee présente selon un autre point de vue, également frappant :
« Il faudrait que les femmes travaillent en moyenne 14 semaines supplémentaires par an pour percevoir le même salaire annuel que les hommes », remarque l'Insee des Pays de la Loire dans une étude sur la parité hommes-femmes publiée en octobre dernier, intitulée « Des évolutions mais des inégalités persistantes ».
Des évolutions ? Précisément, entre 2013 et 2019, l'écart de salaire a diminué de trois points, mais reste défavorable aux femmes dans une région où les secteurs d'activités sont très genrés.
Les métiers de la santé humaine et de l'action sociale concentrent 81% d'emplois occupés par des femmes, quand les métiers de l'industrie et de la construction sont à 61% tenus par des hommes.
Mêmes si les postes d'encadrement féminin sont passés de 35% à 40% en dix ans, les stéréotypes ont la vie dure.
« Dans l'innovation et dans la tech, c'est encore pire. Si, dans le public, les grilles de salaires sont identiques, dans le privé, les différences de salaires peuvent atteindre 20% à 25% », souligne Corine Busson-Benhammou, directrice générale d'Angers French Tech, qui s'est emparée de la question dès son arrivée à la tête de la structure, en septembre 2021.
Premier constat : « Chez Angers French Tech, j'héberge 110 hommes pour 10 femmes. Dans mon comité d'orientation, j'ai 10 hommes, 1 femme. Où que j'aille à Angers, à Paris, en France ou à l'international, je suis toujours la seule femme : ce n'est pas possible que ça perdure pour les générations à venir. Si une jeune fille veut devenir ingénieur, il faut qu'elle puisse le faire. Or, rien n'a été mis en place. Le problème, c'est l'inégalité des chances. C'est ça, le combat à mener ! », bataille la directrice générale d'Angers French Tech.