Inès Leonarduzzi, sur le front de la pollution numérique
Patrick Cappelli
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Inès Leonarduzzi, fondatrice de Digital For The Planet
DR
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À chaque envoi de mail, 20 g de CO2 sont générés. Une requête Google, ce sont 5 g de ce gaz à effet de serre relâchés dans l'atmosphère. Ces gestes banals, répétés des milliards de fois chaque seconde, constituent une bonne partie de la pollution numérique, avec le streaming audio et vidéo et le stockage dans le cloud. Bien qu'il soit invisible et paraisse immatériel, Internet fonctionne avec des infrastructures bien réelles, comme les data centers qui consomment énormément d'eau pour leur refroidissement. D'après l'Ademe (Agence de la transition énergétique), le numérique est responsable de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et la forte augmentation des usages laisse présager un doublement de cette empreinte carbone d'ici 2025. Les infrastructures réseau et les data centers sont responsables de 53 % de ces émissions qui ne font que croître en même temps que les échanges de données (+ 25 % par an).
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La crise sanitaire a fait exploser le recours au télétravail et le e-commerce, ce qui n'arrange pas les choses. Le collectif d'experts indépendants Green IT a édité en début d'année une étude baptisée « iNum » qui porte sur les impacts environnementaux du numérique en France. Les chiffres y sont éloquents. Chaque année, chacun d'entre nous utilise 3 100 kWh d'énergie primaire (disponible dans la nature avant toute transformation), 9 700 litres d'eau douce et génère 420 kg de gaz à effet de serre par son utilisation des outils digitaux. Ce qui, par jour, équivaut respectivement à un radiateur électrique de 1 000 watts allumé pendant 8 heures, 9 litres d'eau et 6 kilomètres parcourus en voiture. « Au rythme actuel, le numérique sera considéré comme une ressource critique non renouvelable d'ici une à deux générations » avertissent les experts de Green IT. Et même si cette pollution numérique reste faible, comparée à celle de secteurs comme le transport ou l'industrie, sa croissance exponentielle et son caractère invisible constituent un danger qui doit être pris au sérieux.
Patrick Cappelli