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Semi-conducteurs: Intel va ouvrir une usine en Pologne, poussant encore sa stratégie de développement en Europe

latribune.fr

Publié le 16 juin 2023 à 13:36 - Mis à jour le 16 juin 2023 à 14:04

Intel veut 8 milliards d'euros de subventions pour batir une usine en europe

L'usine polonaise devrait permettre la création d'environ 2.000 postes directs ainsi que plusieurs milliers d'emplois indirects.

Ronen Zvulun

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Intel prévoit d’investir plus de 4 milliards de dollars afin d’installer une nouvelle usine en Pologne. Le site sera consacré à l’assemblage des semi-conducteurs et fait partie d’un plan d’investissement plus large du géant américain en Europe.

Intel poursuit ses annonces dans le cadre de sa stratégie européenne. Le géant américain des semi-conducteurs prévoit d'investir jusqu'à 4,6 milliards de dollars dans l'installation d'un nouveau site en Pologne. En mars 2022, il avait déjà présenté son plan d'investissement pour le continent avec un projet phare de construction d'une « méga-usine » en Allemagne, dans la région de Magdebourg pour 17 milliards d'euros. Un projet qui a pris du retard et pour lequel, selon certains médias allemands, le groupe pourrait obtenir une rallonge de subventions, passant de 6,8 à 9,9 milliards d'euros. Le patron d'Intel, Pat Gelsinger, et le chancelier Olaf Scholz doivent se rencontrer à ce sujet lundi à Berlin, a confirmé un porte-parole du gouvernement. Les travaux en Allemagne devraient débuter dès 2024, avec de premières productions qui pourront déployées sur le marché dès 2027.

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Concernant le site polonais, le projet devrait permettre la création d'environ 2.000 postes directs précise le groupe dans un communiqué, ainsi que plusieurs milliers d'emplois indirects. Et si le site allemand sera consacré à la production de puces, l'usine polonaise, qui sera située à Wroclaw au sud-ouest du pays, sera, elle, en charge de l'assemblage et des tests des semi-conducteurs.

La proximité géographique entre ces sites et projets de sites « permettra à la fois d'améliorer la résilience et l'efficacité en terme de coûts de la chaîne d'approvisionnement des semi-conducteurs en Europe », indique Intel qui anticipe de fortes demandes dans le secteur ces prochaines années.

Main-d'oeuvre polonaise très compétitive

Outre sa position géographique, la Pologne a aussi été choisie pour sa main-d'oeuvre « très compétitive », a précisé le pionnier américain des microprocesseurs. Le site de Wroclaw devrait être opérationnel pour 2027. Intel rappelle qu'il est déjà présent en Pologne depuis une trentaine d'année et possède un centre de recherche et développement (R&D) à Gdansk, son plus grand d'Europe avec un effectif de presque 4.000 personnes.

« Nous sommes ravis que le plus grand investissement venu de l'étranger de l'histoire de la Pologne soit dirigé par Intel, une légende de la Silicon Valley connue pour son innovation », s'est félicité de son côté le Premier ministre polonais.

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Doubler la part des puces produites en Europe

Cette annonce sonne comme une très bonne nouvelle pour l'Europe, qui tente ces derniers temps de rester dans la course et de réduire sa dépendance vis-à-vis de l'Asie. La production de semi-conducteurs est aujourd'hui au cœur des préoccupations, tant les puces sont importantes pour l'industrie du futur et essentielles aujourd'hui pour la fabrication des smartphones, des ordinateurs, des voitures, des avions... Surtout l'épisode post-covid avec la pénurie de semi-conducteurs, qui a ralenti la cadence de l'industrie automobile mondiale, a laissé des traces. Le Parlement européen et les États membres de l'UE ont d'ailleurs trouvé un accord mi-avril sur un plan (Chips Act) visant à développer cette industrie sur le vieux continent. Objectif affiché : atteindre 20% de la production mondiale de puces en 2030, soit deux fois plus qu'aujourd'hui.

Ce nouveau projet pourrait donc participer à la redynamisation de l'écosystème européen des semi-conducteurs. D'autant qu'Intel a de fortes ambitions.

En mars 2022, son PDG Pat Gelsinger avait déclaré vouloir « créer un écosystème de classe mondiale » et prévoir un investissement total en Europe qui pourrait atteindre les 80 milliards d'euros d'ici à dix ans. Tout cela afin de créer des puces de nouvelle génération. Une déclaration saluée à l'époque par la Commission européenne et le Français Thierry Breton qui souligne qu'il s'agissait de la première concrétisation du projet Chips Act.

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Dans cette optique de développement en Europe, Intel doit également investir près de 12 milliards d'euros dans l'agrandissement de son site de production de tranches de silicium (des disques très fins de matériau semiconducteur sur lesquels on grave les circuits intégrés et les puces) déjà basé en Irlande, ainsi que 4,5 milliards d'euros dans un autre site en Italie, destiné à une opération de packaging, en lien avec son partenaire le fondeur franco-italien STMicroelectronics.

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l'Américain Micron investit en Chine

Une autre annonce dans le secteur des semi-conducteurs fait du bruit. Celle du géant technologique américain Micron. Le groupe annonce un investissement en Chine de plus de 500 millions d'euros, malgré la rivalité Pékin-Washington dans ce secteur et les récents déboires du groupe dans le pays.

Micron a été visé en mars par une enquête des autorités chinoises pour des défaillances présumées de ses produits en matière de sécurité. A l'issue de ses investigations, Pékin a interdit le mois dernier aux entreprises chinoises de se fournir auprès du groupe pour leurs infrastructures sensibles. Malgré cette menace ouverte de Pékin, l'entreprise américaine a quand même décidé d'investir plus de 4,3 milliards de yuans (550 millions d'euros environ) sur son site de Xi'an, dans le nord du pays.  L'investissement permettra d'acquérir des équipements et d'y créer une nouvelle usine, a précisé le quatrième fabricant mondial de semi-conducteurs.

« Ce projet d'investissement souligne l'engagement sans faille de Micron envers nos activités en Chine et les membres de notre équipe chinoise », a déclaré son PDG Sanjay Mehrotra, cité dans le communiqué. Micron n'a pas révélé la valeur de l'accord, mais a déclaré qu'il offrirait des contrats à 1.200 employés de la filiale de Powertech à Xian.

(Avec l'AFP)

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