Orange accélère dans le « cloud »

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La branche Entreprises de l'opérateur télécoms a réalisé 113 millions d'euros de chiffre d'affaires dans l'informatique dématérialisée à la demande en 2012. Elle vise les 500 millions dans deux ans.

Le « cloud computing », l'informatique dématérialisée et à la demande, tout le monde en parle, mais devient-il une réalité concrète ? « Le marché s'ouvre. Le « cloud » n'est plus un sujet théorique pour les directeurs informatiques et même pour les entreprises plus petites sans DSI [direction des systèmes d'information, NDLR] » assure Vivek Badrinath, le directeur exécutif des services de communication Entreprises d'Orange. Le patron d'Orange Business Services, qui est membre du comité exécutif de France Télécom, dresse un bilan positif de l'année 2012 : « nous avons réalisé 113 millions d'euros de chiffre d'affaires dans le cloud cette année. C'est peu, certes [la filiale a généré 7 milliards d'euros en 2012], mais nous sommes en progression de 33% et nous comptons maintenir une croissance supérieure à 30% cette année.» Il estime être en phase pour atteindre l'objectif ambitieux de 500 millions d'euros dans deux ans fixé dans le plan stratégique Conquêtes 2015 du PDG de France Télécom, Stéphane Richard.

Les grandes entreprises plus lentes à sauter le pas que les TPE
Selon le cabinet IDC, 60% des entreprises de plus de 1.000 salariés en France ont déployé ou sont en train de déployer un projet cloud en 2012. Cependant, « le temps d'adoption est plus lent chez les grandes entreprises qui ont un « existant » informatique important et beaucoup de choses installées, que chez les jeunes entreprises et celles de taille moyenne » relève le patron d'OBS. Dix-huit mois après le lancement de son offre « Le Cloud Pro », qui propose sélection des meilleurs applications et services dédiés aux professionnels et TPE, OBS compte déjà plus 60.000 clients.

La filiale d'Orange réalise 60% de son activité cloud dans le logiciel à la demande (Software as a service ou Saas, majoritairement dans les communications unifiées) et 40% dans les infrastructures (Iaas et PaaS, serveurs), où elle compte plus de 500 clients. « Par exemple, nous travaillons avec la MAE (la Mutuelle Assurance de l'Education), qui connaît un pic d'inscription monstrueux en septembre et a besoin d'une infrastructure très flexible en volume, sinon elle devrait acheter de nombreux serveurs qui ne lui serviraient pas le reste de l'année » explique Vivek Badrinath. L'opérateur espère se différencier des géants du cloud tels qu'Amazon Web Services avec son « coaching » en option, une cellule d'experts qui répond au téléphone en cas de problème.

France Télécom confie son propre projet de migration cloud à OBS
OBS commence aussi à lancer ses offres cloud à l'international, en ciblant d'abord les filiales lointaines de grands groupes français, car « les spécificités locales sont assez faibles et nous sommes l'un des 4 grands des réseaux à l'international, avec AT&T, Verizon et BT. Nous avons déjà gagné quelques affaires, comme l'entreprise pharmaceutique chinoise Tiens et la fédération de cricket d'Australie » rapporte le directeur d'OBS. Le groupe France Télécom lui-même va donner l'exemple : il va confier à OBS son propre projet de migration de son système informatique vers le cloud. « Nous sommes une des dix premières DSI d'Europe. En mutualisant les besoins cloud internes et externes, ce projet va nous aider à atteindre une taille critique sur le marché du cloud computing, à industrialiser notre approche, à optimiser nos coûts et à renforcer notre expérience client » considère Vivek Badrinath.

Le chiffre d'affaires réalisé en intra-groupe ne sera pas comptabilisé dans les 500 millions d'euros visés en 2015. OBS va commencer à commercialiser cette année des offres de stockage s'appuyant sur celles actuellement en bêta de Cloudwatt, le cloud souverain, le "nuage" destiné aux administrations et aux entreprises sensibles, dont Orange est actionnaire à 44,4% aux côtés de la CDC et de Thalès. « Nous vendons pour l'instant les offres en propre d'OBS mais Cloudwatt fait partie de l'histoire, de l'accélération des années à venir » précise le patron d'OBS. Ce sera à la fois un fournisseur d'infrastructures (un espace loué dans le data center d'Orange à Val de Reuil en Normandie) et un partenaire commercial.
 

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a écrit le 21/03/2013 à 13:03 :
Question : si les donnees sont stockees sur un cloud aux usa, elles appartiennent aux usa ? et ils en font ce quils veulent ? Qui peut repondre à cette question basique ?
Réponse de le 23/03/2013 à 23:03 :
Tout à fait, même si la filiale d'une entreprise américaine est française, avec le "patriot act", les données peuvent êtres lues aux USA (les entreprises ont l'obligation de laisser une porte pour les agences gouvernementales américaines).
a écrit le 21/03/2013 à 10:00 :
Le "cloud" c'est un minitel améliorer! non?
a écrit le 20/03/2013 à 18:40 :
Le « cloud computing »bref nuage gris pour les éditeurs de logiciels ... qui n'ont vu venir le coup... par manque de stratégie , tel une entreprise française qui n'a pas vu venir amazon !
Réponse de le 20/03/2013 à 22:05 :
Surtout qu'AWS, qu'on paye en quelques secondes, c'est du 'gras' pour Amazon, une manière extrêmement intelligente de rentabiliser leur propre infrastructure. En arrivant les premiers ils ont aussi imposés leurs technologies, leurs outils, etc. FT va ramer pour se faire une place la dedans, ils sont pris entre les boîtes plus réactives type OVH d'un coté et Amazon de l'autre.
Réponse de le 21/03/2013 à 10:19 :
Le cloud, en théorie, c'est génial, mais en pratique, tu n'es plus maître de tes données. Comme fb : quelqu'un a publié une photo de toi à poil au cours d'une soirée arrosée et t'a taggé en public? La photo ne t'appartient pas, donc elle restera dans les serveurs fb au risque de réapparaître à l'occasion quand ils font des évolutions.
Réponse de le 22/03/2013 à 14:20 :
Et c'est loin d'être le seul problème possible : la moindre interruption de réseau et vous n'avez plus ni données, ni logiciels (sans parler du piratage). Et il y a pire : prenez par exemple Google qui a décidé de supprimer des services il y a quelques jours tout seul de son coté. Imaginez ce qui se passera le jour où, alors que vous vous servez depuis 10 ans d'un logiciel du cloud, que toutes vos données sont dans un format propriétaire, et que l'éditeur décide du jour au lendemain de supprimer le logiciel en question ...

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