Lindsey Nefesh-Clarke, l’émancipation par le don

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(Crédits : DR)
Tête bien faite et volonté de fer, cette Anglaise basée à Paris utilise les dernières innovations pour donner des moyens, et du pouvoir, aux femmes à travers la planète.

« Je n'ai pas choisi, j'ai été choisie », assure Lindsey Nefesh-Clarke, avec la force qui la caractérise.

Par qui ? Par les filles et les femmes qu'elle a rencontrées, en Afrique et en Asie, et qui, malgré une situation désespérée, dans les bidonvilles ou les campagnes démunies, affichent une incoyable résilience.

La fondatrice et directrice générale de W4 (Women's World Wide Web), plate-forme de financement participatif des projets locaux oeuvrant à l'émancipation féminine dans le monde, a dû elle aussi s'accrocher, dans une famille anglaise difficile, à Manchester.

« Je me suis échappée par les études », dit-elle.

Elle apprend le français à Cambridge, en faisant de petits boulots pour survivre. Elle étudiera ensuite la micro-finance auprès de la Grameen Bank, au Bangladesh, puis fera un executive MBA à l'ESCP Europe. Son premier choc a lieu en Guinée équatoriale, où elle rédige un rapport sur la violation des droits humains pour Amnesty International, à la fin de ses études britanniques.

Ensuite, elle part à New York, travailler pour Human Rights Watch, puis en Côte d'Ivoire, pour l'Unicef. Nouvelle prise de conscience :

« J'ai vu le pouvoir de l'éducation - en particulier pour les filles », affirme-t-elle.

Elle revient en France où elle s'est installée pour travailler avec l'ONG Enfants d'Asie. S'il est déjà clair pour elle qu'elle se consacrera à l'empowerment des damnées de la terre, elle comprend, dans les pays émergents découvrant la technologie mobile, « qu'il existe aujourd'hui une occasion unique de changer les choses, en partant des initiatives locales et en innovant », assure-t-elle. La plate-forme W4 canalise l'argent récolté grâce au crowdfunding vers des initiatives comme l'achat de kits d'hygiène pour les parturientes, de moustiquaires, de manuels scolaires. Avec une traçabilité sans faille pour les « investisseurs sociaux » qui l'accompagnent.

Ses prochains projets ? Une plate-forme d'e-mentoring, grâce au soutien de la Fondation Raja, et un marché online, pour vendre des produits conçus par des créateurs et réalisés par des femmes, à travers le monde.

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Portraits :

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